La négociation d’abord, le référendum ensuite, dit Frédéric Bastien

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« Depuis trop longtemps, nous avons adopté le logiciel diversitaire canadien ! »


Négociation constitutionnelle dans un premier mandat, suivie d’un référendum sur la souveraineté du Québec dans un second mandat : c’est la formule que propose Frédéric Bastien, candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ), pour reconquérir le pouvoir puis réaliser l’indépendance du Québec.


Devant une salle comble au Ninkasi Simple Malt, à Montréal dimanche après-midi, l’auteur et professeur d’histoire au cégep Dawson a officiellement lancé sa campagne pour succéder à Jean-François Lisée à la tête du PQ.


Avec comme thème de campagne « un nationalisme assumé », Frédéric Bastien a affirmé que le parti souverainiste doit cesser de se « culpabiliser face aux accusations d’intolérance qui viennent du Canada anglais ».


« Depuis trop longtemps, nous plions sous les campagnes de diffamation menées contre nous par les partisans du multiculturalisme canadien. Depuis trop longtemps, une partie des souverainistes a internalisé les accusations d’intolérance faites contre nous. Depuis trop longtemps, nous avons adopté le logiciel diversitaire canadien », a-t-il souligné.


Selon l’historien, le PQ a cédé au fil du temps à une stratégie de clientélisme qui doit cesser. « [Certains] disent qu’il faut gagner avec le vote des néo-Québécois, ils disent qu’on ne peut pas s’en passer. Pour moi, ce serait la forme ultime de clientélisme. […] Si nous faisions ça, ça serait pactiser avec le trudeauisme, ça serait vendre notre âme au multiculturalisme canadien », s’est-il exclamé.


Contrairement aux deux autres candidats déclarés dans la course à la chefferie du PQ — le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon —, Frédéric Bastien propose de ne pas tenir de référendum dès le retour au pouvoir du PQ.


« Si on promet un référendum au prochain mandat, on va manger une volée », a-t-il dit au Devoir. L’auteur de l’essai La bataille de Londres— sur les coulisses du rapatriement constitutionnel de 1982 —propose plutôt un plan qu’il qualifie de « réaliste et pragmatique ».


Ce plan est centré sur une négociation constitutionnelle « forcée » au cours d’un premier mandat. Selon le candidat, « il y a une règle [dans le Renvoi relatif à la sécession du Québec édicté par la Cour suprême en 1998] qui dit que, si une majorité à l’Assemblée nationale vote une motion demandant une modification de la Constitution, il doit y avoir une négociation obligatoire avec le fédéral et les autres provinces ».


Cette renégociation constitutionnelle servira, entre autres choses, à protéger la Loi sur la laïcité de l’État. Frédéric Bastien estime que c’est en se battant pour la laïcité et en contestant la Loi constitutionnelle de 1982 que « l’indépendance va redevenir pertinente et palpable » pour les Québécois, ce qui ouvrira la porte à la tenue d’un référendum dans un deuxième mandat.


Contestations


Frédéric Bastien a attiré les regards cet automne en portant plainte contre la juge en chef de la Cour d’appel du Québec, Nicole Duval Hesler. L’historien l’accusait d’avoir manqué à son devoir de réserve dans le dossier d’appel de la contestation de la loi 21.


La semaine dernière, Frédéric Bastien a porté plainte auprès du commissaire à l’éthique de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM). Celle-ci souhaitait bénéficier de fonds fédéraux pour contester la loi 21 devant les tribunaux. Or, un organisme scolaire doit obtenir l’assentiment du gouvernement québécois avant de recevoir des fonds du fédéral, avait-il fait valoir, ce qui avait poussé la CSEM à faire marche arrière.


On devrait savoir plus tard cette semaine si l’humoriste Guy Nantel se lancera dans la course à la chefferie du PQ. Quant à l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield, il a annoncé la semaine dernière qu’il renonçait à briguer la chefferie du PQ, se rangeant plutôt derrière Sylvain Gaudreault.