L'ouest canadien impose sa loi chez le NPD

Mulcair trop mou à leurs yeux

Tribune libre

Que faut-il penser du résultat du vote de non confiance envers Thomas Mulcair? Pourrait-on y voir une forme de « Québec bashing » de la part des membres néo-démocrates de l’ouest?

Durant le congrès deux discours diamétralement opposés ont fait la manchette sur l’enjeu de l’exploitation du pétrole par la mise en place d’un oléoduc permettant à l’Alberta d’augmenter sa production de pétrole des sables bitumineux. Alors qu’une bonne proportion des délégués particulièrement en provenance du Québec préconise l’inverse soit un virage à une économie verte sans condition. C’était d’ailleurs la position du vice-président des jeunes démocrates du Canada et délégué québécois au congrès. La majorité de l’aile jeunesse optait pour ce virage.

Les esprits se sont échauffés si bien que l’ouest a mis tout son poids pour faire valoir qu’un Thomas Mulcair ne pourrait convaincre son électorat québécois de laisser passer un oléoduc sur son territoire dans les conditions qu’on connait. Si vous ajoutez à cela qu’une partie des délégués en provenance du Québec probablement les plus fédéralistes et pour qui le passage d’un oléoduc au Québec ne causait pas problème ont voté aussi dans le sens des délégués de l’ouest, on se retrouve dans la situation qu’un grand nombre de députés néo-démocrates québécois ayant appuyés Thomas Mulcair, seront confrontés à un méchant dilemme si le prochain chef provient de cette aile radicale en faveur de l’exploitation des sables bitumineux par un oléoduc.

Dans son discours après le résultat, monsieur Mulcair spécifiait avec raison que le prochain chef devra faire l’unité à 100% laissant sous-entendre que cela est impossible dans le Canada que nous connaissons. Ce qui m’amène à me demander si des députés néo-démocrates québécois ayant eu par le passé un fond de nationalisme pourrait faire volte face en rejoignant le Bloc Québécois et ainsi véritablement défendre les intérêts des québécois. La situation actuelle nous démontre hors de tout doute que le Canada anglais n’a aucune accointance avec les francophones du Québec.

Il est bien difficile de réconcilier les deux solitudes n’est-ce-pas?

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Roger Kemp110 articles

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Pamphlétaire actif à Trois-Rivières Membre actif à la SSJB de la Mauricie





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5 commentaires

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    12 avril 2016

    Ce qui risque de faire éclater le NPD : Énergie Est.
    On se souviens que Mulcair était pour (Win win). Et Trudeau nous promettait de respecter l'acceptabilité sociale. Et bien s'était de la boulle chitte :
    Trudeau convinced that pipeline strategy must be top priority
    Justin Trudeau has told his senior lieutenants to draw up plans to make the Energy East pipeline and the Trans Mountain expansion in British Columbia a reality.
    (...)
    http://news.nationalpost.com/full-comment/john-ivison-trudeau-convinced-that-pipeline-strategy-must-be-top-priority
    ....
    (Pourquoi ce n'est pas une surprise pour Vigile) :
    Quand Trudeau se couche devant une menace séparatiste... de l’Ouest !
    http://vigile.quebec/Quand-Trudeau-se-couche-devant-une
    JCPomerleau

  • Archives de Vigile Répondre

    11 avril 2016

    Il y a plusieurs thèses possibles quant à la non-confiance des délégués NPD envers leur chef et cela me laisse de glace.
    Par contre, dans l'intérêt supérieur de la cause indépendantiste, il faudra se garder des attaques personnelles contre les députés québécois du NPD et examiner leur passé ainsi que leurs déclarations afin d'identifier les plus "natinalistes" d'entre eux et tenter de les convaincre de joindre le Bloc Québécois. Ce sera un processus long qui culminera lorsque le successeur de Thomas Mulcair aura été choisi.

  • Serge Jean Répondre

    11 avril 2016

    Solitude, quelle solitude? La solitude des parasites incapables de survivre par eux-mêmes, sans s'accrocher aux autres nations pour les soumettre.
    Quoi l'anglais? T'es pas capables de marcher tout seul ?
    M'ennuie pas d' toé, moé!

  • Henri Marineau Répondre

    11 avril 2016

    En toute honnêteté, on se doit de reconnaître à Thomas Mulcair ses qualités indéniables de parlementaire tenace et efficace. Toutefois, c’est sur le terrain que Tom a perdu la bataille, continuellement tiraillé entre l’arbre et l’écorce au sujet du port du niqab mais surtout dans l’épineux dossier des énergies fossiles de l’Alberta et des énergies propres du reste du pays.
    Une quadrature du cercle qui a signé la descente aux enfers de Thomas Mulcair qui n’a jamais su se sortir de cette impasse. À tel point que, jusqu’à la dernière minute, Mulcair s’est contenté, dans son allocution au congrès, de ménager la chèvre et le chou en éludant l'un des grands enjeux du congrès, à savoir le manifeste « Un bond vers l'avant », qui prône un délaissement des énergies fossiles.
    En termes clairs, pour 52 % des délégués, le chef du NPD n’a pas su livrer la marchandise lors du dernier scrutin fédéral qui a vu la représentation néodémocrate fondre de 102 députés en 2011 à 44 en 2015. Il n’en fallait pas davantage pour que le traditionnel « vent de changement » n’envahisse les corridors et se transpose dans le résultat catastrophique auquel a dû se plier avec amertume Thomas Mulcair. Une sortie crève-cœur qui démontre qu’en politique, l’image et la crédibilité du chef demeurent une priorité. De favori qu’il était en début de campagne en 2015, Mulcair est devenu aujourd’hui un « looser » …et ça, c’est impardonnable en politique !

  • Archives de Vigile Répondre

    11 avril 2016

    Je doute que ce soit sur cette question que le vote anti-Mulcair se soit exprimé.
    Mulcair a fait prendre un virage à droite au NPD, en leur promettant le paradis du pouvoir. Il n'a simplement pas livré la marchandise, et la base du parti a décidé d'en reprendre le contrôle.