Évolution de la situation linguistique au Québec

L'OQLF tarde à remettre son rapport quinquennal

La langue - un état des lieux

Québec -- C'est avec plusieurs mois de retard que l'Office québécois de la langue française (OQLF) rendra public son rapport quinquennal sur l'évolution de la situation linguistique au Québec.

En outre, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a entre les mains depuis la fin décembre l'étude du chercheur Marc Termote sur les perspectives démolinguistiques du Québec, une étude qui ne sera dévoilée qu'au moment de la publication du rapport quinquennal, à la fin mars. Cette étude devrait constater le déclin de la présence des francophones sur l'île de Montréal et leur mise en minorité à moyen terme.
En vertu de la Loi modifiant la Charte de langue française, sanctionnée en juin 2002 sous le gouvernement péquiste, l'OQLF avait l'obligation de fournir à la ministre un rapport sur la situation linguistique au Québec au moins tous les cinq ans. C'est avec presque un an de retard que l'OQLF s'exécutera à la fin de son année financière, soit le 31 mars.
Le porte-parole de l'OQLF, Gérald Paquette, a expliqué que, pour rédiger son rapport, l'organisme a dû attendre les résultats d'études commandées à plusieurs chercheurs, dont M. Termote. L'OQLF a commandé douze études sur la situation linguistique, dont la moitié n'ont pas encore été publiées. Elles le seront en même temps que le rapport, a précisé M. Paquette.
La plupart de ces études portent sur des sujets délicats politiquement. Ainsi, on attend toujours les études sur la langue et l'immigration, sur les attitudes et comportements linguistiques des communautés culturelles, sur la maîtrise et la qualité du français ainsi que sur la langue et les communications publiques.
Hier, le Mouvement Montréal français (MMF) a accusé la ministre St-Pierre de manquer de «transparence» pour n'avoir pas rendu publiques ces études. Le président du MMF, Mario Beaulieu, craint que la ministre ne tente d'édulcorer le prochain rapport de l'OQLF et l'accuse de vouloir enjoliver la situation linguistique à Montréal, comme elle l'a fait avec la pseudo-étude de l'OQLF dans les magasins montréalais.
À cet égard, Impératif français a exigé la démission de Christine St-Pierre, hier, en raison de cette étude qui n'a rien de «scientifique» ou de «sérieux». «Le déclin du français à Montréal et le non-respect des droits linguistiques fondamentaux sont des enjeux trop importants pour les laisser dans les mains de manipulateurs», estime le président de l'organisme, Jean-Paul Perreault.
En 1999, Marc Termote, un démographe de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS-Urbanisation), avait publié une première étude sur les perspectives démolinguistiques au Québec pour le compte du Conseil de la langue française. Dans le pire des scénarios qu'il évoquait alors, les francophones formeraient moins de la majorité de la population de l'île de Montréal autour de 2021. Rappelons que les données du dernier recensement montrent que moins de 54 % de la population de l'Île de Montréal parle le français à la maison.


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