L'Iran a tenté d'intercepter un pétrolier britannique, affirme Londres

E338af33e49cf01b21fec9246bd36c77

Les Iraniens n'ont pas osé attaqué la British Navy


Trois navires de guerre iraniens ont tenté de bloquer mercredi le passage d'un pétrolier britannique par le détroit d'Ormuz, à l'entrée du golfe, mais ils se sont retirés à la suite d'avertissements lancés par un bâtiment de la Royal Navy présent dans le secteur, a déclaré jeudi matin le gouvernement britannique.




Londres a exhorté les autorités iraniennes à favoriser une décrue de la tension dans la région après ce nouvel incident, qui a visé le pétrolier British Heritage, affrété par BP et battant pavillon de l'île de Man.


Le HMS Montrose a été contraint de prendre position entre les navires iraniens et le British Heritage, et d'émettre des avertissements par radio aux navires iraniens, qui ont fait demi-tour, a dit le porte-parole du gouvernement à Londres.


Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad  Zarif, cité par l'agence de presse Fars, a jugé les informations britanniques sans valeur.



Quant au corps d'élite des Gardiens de la Révolution, il a démenti que des navires aient tenté de faire stopper ce pétrolier britannique.


La branche navale des Gardiens a indiqué dans un communiqué que ses patrouilleurs n'avaient rien signalé d'anormal.


Au cours des 24 dernières heures, il n'y a pas eu de rencontre avec des navires étrangers, britanniques ou autres, lit-on dans le communiqué.


Saisi d'un pétrolier iranien


L'incident intervient moins d'une semaine après que les Royal Marines britanniques ont saisi au large de Gibraltar un superpétrolier iranien qu'ils soupçonnaient de vouloir acheminer du pétrole en Syrie, en violation des sanctions imposées par l'Union européenne depuis le début du conflit syrien en 2011.


Téhéran demande depuis lors que le superpétrolier Grace 1 puisse repartir et a menacé à plusieurs reprises la Grande-Bretagne de représailles.


Le contre-amiral Ali Fadavi, l'un des commandants des Gardiens de la Révolution, a dit jeudi que le Royaume-Uni et les États-Unis regretteraient d'avoir saisi le Grace 1.


Le gouvernement américain, et aussi l'Angleterre n'auraient pas dû commettre cet acte-là, s'ils avaient réfléchi ne serait-ce qu'un instant, a-t-il déclaré, ajoutant : Nous avions affrété ce navire et nous transportions sa cargaison. Leur acte est vraiment stupide et il est certain qu'ils le regretteront. Nos mesures de réciprocité seront dévoilées.


Alourdissement des sanctions


Les tensions entre l'Iran d'un côté, et les États-Unis et leurs alliés de l'autre, se sont amplifiées depuis que l'administration américaine a accru les sanctions économiques visant l'Iran, notamment dans le but de réduire à néant les exportations iraniennes de pétrole.


Mais pour le général François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises, les tensions dans le Golfe ne peuvent, à ce stade, conduire à un dérapage non contrôlé.


Washington accuse l'Iran d'avoir orchestré des attaques contre des pétroliers dans le golfe d'Oman et le détroit d'Ormuz en mai et en juin. Téhéran rejette ces accusations.


Les États-Unis espèrent parvenir sous peu à mobiliser des alliés au sein d'une coalition militaire destinée à assurer la sécurité de navigation dans le golfe arabo-persique, a déclaré mardi un commandant de l'armée.


Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi qu'il comptait « considérablement » alourdir les sanctions à l'encontre de Téhéran, en l'accusant de poursuivre en secret et de longue date son programme d'enrichissement d'uranium.


Un an jour pour jour après le retrait des États-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, l'Iran a entamé le 8 mai dernier un processus de désengagement par étape, tous les 60 jours, afin de pousser les Européens à tenir leurs promesses de compensation des sanctions américaines.