Indépendance: ceux qui tiennent bon

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Les souverainistes sont-ils condamnés à seulement garder le fort en attendant de jours meilleurs ?


Je l’ai écrit sur ce blogue, je ne suis pas de ceux qui accusent de trahison les souverainistes qui désespèrent de l’indépendance. Ceux qui ont souhaité l’indépendance mais en viennent à croire qu’elle ne se fera pas et qui veulent néanmoins continuer à se battre pour le peuple québécois sont en droit, naturellement, de chercher à sauver les meubles. Ils seront probablement de plus en plus nombreux, dans les temps à venir, à suivre un tel chemin. L’indépendantisme n’a plus le monopole du nationalisme. On ne peut plus confondre le combat souverainiste avec le nationalisme québécois, au sens large. Le deuxième dépasse largement le premier qui piétine.


Mais je ne voudrais pas que l’on comprenne de cela que les nationalistes qui délaissent l’indépendance ont le monopole du réalisme. Ceux qui en ce moment, ne renoncent pas à porter le projet souverainiste ne sont pas que des doux rêveurs ou de furieux dogmatiques. Si on ne trouvait en politique que des militants qui se laissent porter par l’esprit de l’époque et les vents de l’histoire, la démocratie n’aurait aucun sens. J’ajoute qu’il y a même une vertu indéniable à tenir bon dans la tempête et à ne pas céder à l’illusion de la fatalité historique. Il arrive qu’une idée politique marginale soit propulsée au cœur de l’histoire de manière absolument inattendue.


Il n’est pas irréaliste, en ce moment, de combattre pour la souveraineté. Cela consiste d’abord à garder vivante au cœur de la vie publique l’idée d’indépendance pour éviter qu’elle ne disparaisse complètement du radar. Cela consiste à garder vivante aussi la question du régime canadien au moment où on assiste à une normalisation sans précédent de la situation du Québec dans la fédération. Les souverainistes demeurent dans le paysage. S’ils ne travaillent pas trop mal, ils peuvent convaincre une partie de la population. Ils forment même une relève capable de prendre le relais. Ils peuvent faire entendre l'appel de la patrie à de jeunes Québécois qui s'engageront ensuite dans le combat national. Et si les circonstances historiques redeviennent favorables, ils peuvent les saisir. En attendant, ils peuvent travailler à les faire advenir.


Rien de tout cela ne relève de l’utopie. Rien de tout cela n’est inutile. Cela consiste à faire vivre un courant politique qui est branché sur une des aspirations historiques les plus profondes du peuple québécois. Celui qui s’y consacre ne perd pas son temps et ne s’égare pas. Évidemment, celui qui est condamné, pour un temps, à mener un combat minoritaire doit éviter les comportements sectaires. Il doit éviter de s’enfermer dans un monde parallèle, étranger à celui du commun des mortels. Il doit éviter de se perdre dans des querelles que seul un petit milieu très particulier peut comprendre. Les souverainistes n’évitent pas toujours ces esquifs. Ils auraient avantage à se reconnecter aux fondements du nationalisme québécois.