Increvable RONA

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RONA : la version posthume de Daoust incrimine Couillard


Il n’y a pas que Vincent Marissal qui aimerait passer à autre chose, par les temps qui courent. Tous les membres du gouvernement aimeraient arrêter de voir le dossier RONA réapparaître périodiquement dans l’actualité.


Pour tout gouvernement, on s’entend, lorsqu’on doit gérer le message négatif entourant la perte d’un siège social québécois, on atteint un score de zéro sur l’échelle du plaisir. C’est encore pire quand on est partiellement responsable de la transaction, parce que le bras investisseur du gouvernement s’est départi de ses actions.


Voix d’outre-tombe


Cette fois-ci, c’est littéralement par une voix d’outre-tombe que ce dossier se fait entendre, par le truchement du testament politique du ministre Jacques Daoust, décédé l’été dernier. Dans ce document, rédigé à la troisième personne, le ministre déchu du Développement économique prétendait que la transaction s’était faite dans son dos et qu’on l’avait incité à mentir sur l’affaire.


Le gouvernement ne devait vraiment pas s’attendre à celle-là.


C’est un peu injuste pour les libéraux de devoir se défendre face aux critiques d’une personne qui n’est plus de ce monde pour pouvoir défendre sa version. Les ministres n’avaient pas tort de rappeler que les oppositions, qui défendaient la mémoire de Jacques Daoust cette semaine, n’avaient pas hésité à le traîner dans la boue lorsqu’il s’agissait de faire souffrir le gouvernement.


Affable et rieur


N’empêche que cette affaire continue de traîner les mêmes casseroles qui ont fait une crise politique d’une transaction d’entreprises privées librement consentie. À commencer par l’idée bouffonne de faire passer la vente de RONA pour une bonne nouvelle.


De même, on retrouve les traces du manque d’intelligence émotionnelle du premier ministre Philippe Couillard et de son ancien directeur de cabinet Jean-Louis Dufresne, qui ont manifestement laissé à lui-même l’homme sensible et blessé qu’était Jacques Daoust.


On se souvient de lui comme un homme affable et rieur qui s’était retrouvé dans une situation qui le dépassait. On a désormais l’impression qu’on a voulu lui faire jouer le mauvais rôle.


Cette histoire colle trop sur la personnalité des différents acteurs impliqués pour ne pas paraître crédible.


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Claude Villeneuve94 articles

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L’auteur est étudiant en droit à l’Université Laval. Il a été président du Comité national des jeunes du Parti Québécois de 2005 à 2006