Il faut abaisser les seuils d'immigration de 20 %, soutient François Legault

Le gouvernement libéral mettra autrement en péril la survie de la langue française, selon la CAQ

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«François Legault soupçonne Philippe Couillard de se dérober à sa responsabilité de préserver les valeurs communes québécoises en raison de son séjour en Arabie saoudite»

Le gouvernement libéral mettra en péril la survie de la langue française s’il ne resserre pas considérablement le nombre d’immigrants admis au Québec, avertit le chef caquiste François Legault.

« Au Québec, on ne fait pas beaucoup d’enfants et on a 50 000 nouveaux arrivants qui arrivent chaque année. 41 % [d’entre eux] ne parlent pas français. C’est mathématique. Faites une petite règle de trois. Sur 25 ans, vous allez voir, c’est inquiétant. C’est inquiétant d’abord pour Montréal, mais aussi éventuellement pour l’ensemble du Québec », a-t-il déclaré au terme du caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec, mardi, à Saint-Jérôme.

Face à ce « risque réel » d’écroulement du fait français, M. Legault exhorte le gouvernement libéral de réduire de 20 % le nombre de personnes admises au Québec — de 50 000 à 40 000 individus chaque année — tout en gardant intactes les sommes allouées aux mesures d’intégration des immigrants. Il s’agit d’une condition sine qua non pour assurer une « intégration réussie » des nouveaux arrivants à la société québécoise, qu’il décrit comme un « petit îlot de francophones dans une mer nord-américaine d’anglophones ».

Mieux intégrer

À ses yeux, un « moment de répit » s’avère nécessaire pour permettre au gouvernement du Québec d’« intégrer ceux qu’on n’a pas réussi à bien intégrer au cours des dernières années ». Ni plus ni moins 200 000 immigrants « ne parlent pas français » au Québec. Un « gros rattrapage » s’impose, selon le chef de la CAQ.

Près de 18 % des immigrants installés au Québec depuis cinq ans ou moins sont actuellement sans emploi, et ce, même si le taux de chômage n’excède pas 7 %, a-t-il souligné à gros traits en conférence de presse.

La responsabilité incombe au gouvernement libéral, selon François Legault. Il a accru de 25 % le nombre d’immigrants admis au Québec, mais a limité à 5 % la croissance des dépenses liées à l’intégration des immigrants de 2003 à 2014. « Philippe Couillard parle d’ouverture. L’ouverture, c’est de fournir aux nouveaux arrivants tous les outils et les moyens nécessaires pour réussir leur intégration », a affirmé M. Legault.

De son côté, la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, privilégie des seuils d’immigration de 51 000 en 2017 et 2018, puis de 52 500 en 2019. « La récente consultation publique sur la planification de notre immigration pour les trois prochaines années confirme que nous sommes sur la bonne voie […] Un large consensus s’est […] dégagé autour de notre orientation », a soutenu M. Weil dans une lettre ouverte transmise mardi.

Le gouvernement libéral avait précédemment en tête d’accorder un certificat de sélection du Québec à quelque 60 000 individus par année, soit 10 000 de plus par année. M. Legault plaidait alors pour le maintien de seuils d’immigration. Ni une ni deux, M. Couillard était tombé à bras raccourcis sur le chef du deuxième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, lui reprochant de « souffler sur les braises de l’intolérance ».

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