Folie meurtrière en Terre sainte

Géopolitique du Proche-Orient


Il y a quelque chose de répugnant dans les nouvelles que je regarde tous les soirs à la télévision. Entre deux reportages sur nos fêtes et des publicités sur les émissions de l'été, chaque soir il faut supporter l'horreur de l'épreuve de force à laquelle se livrent le gouvernement d'Israël et l'administration de la Palestine.

Combat inégal entre une armée bien équipée et des résistants traqués dans leurs caches. Quand des pilotes effectuent des passes à la vitesse du son pour effrayer des enfants et briser les vitres des maisons, il y a là une bêtise qui dépasse l'intelligence de l'Homme.

Certes, tout a commencé avec une attaque surprise des combattants du Hamas qui ont tué deux soldats israéliens et enlevé un autre, le jeune caporal Gilad Shalit. À partir de là, l'armée israélienne se crut tout permis. Elle eut même le culot de baptiser l'opération : «Pluie d'été »...

L'installation de 5000 soldats aux frontières de Gaza - si on peut parler de «frontière» ! - est exagérée pour dire le moins. Les bombardements, y compris celui des bureaux du premier ministre palestinien, dans sa «capitale» de Ramallah, sont condamnables.

On n'a pas entendu beaucoup de protestations sur cet acte qu'il faudrait qualifier de «terrorisme d'État». Israël a peut-être le droit de ne pas considérer le Hamas comme une organisation politique légitime. L'État hébreu peut même contester la légitimité d'Ismaïl Aniyeh. Mais le bureau du premier ministre, le siège du gouvernement - avec ses archives et ses équipements - est une institution légitime qui appartient à tout le peuple palestinien et devrait jouir de la protection internationale.

«Nous demandons à la communauté internationale et à la Ligue arabe de prendre leurs responsabilités envers notre peuple et d'intervenir pour stopper cette agression», dit le premier ministre palestinien. « Nous avons frappé le Hamas et nous continuerons à frapper toutes les institutions liées au Hamas», réplique son homologue Ehoud Olmert. Nous voilà bien avancés...

Où cette folie meurtrière mènera-t-elle ?

Je sens trop d'indifférence de la part du gouvernement canadien.

Je m'inquiète du langage utilisé par nos médias, Radio-Canada en particulier, qui parle de «soldats» israéliens et de «militants» palestiniens et illustre ses reportages d'une carte inacceptable en droit international.

Je m'étonne du silence de B'naï Brith, pourtant voué à la défense des droits de la personne : ceux des Palestiniens, femmes et enfants d'abord et même militants du Hamas, sont quotidiennement bafoués.

La Terre sainte est-elle donc tant maudite?


***


Une correspondante m'a envoyé un courrier personnel pour préciser deux points dignes d'attention. [Le nom de ma correspondante ne peut pas être publié...]

«Ce n'est pas vrai que tout a commencé avec l'attaque surprise des Palestiniens. Si l'on prend uniquement les chiffres du mois qui précède le rapt, Israël a liquidé une soixantaine de palestiniens dont une bonne moitié de civils. Dire que tout a débuté avec l'attaque est une insulte pour la famille de Houda Ghalia. Vous savez, c'est la petite fille qui criait sur la plage de Khan Younès, suite à l'assassinat de ses parents et de ses trois frères et soeurs...»

Vous avez raison. Mais il faut aussi admettre que l'histoire de ce conflit est une suite de provocations et de mensonges. Vous êtes tout à fait justifiée de rappeler le massacre de civils sur la plage de Khan Younès. D'autant plus que le gouvernement israélien a refusé d'admettre qu'il s'agissait, au minimum, d'une regrettable bavure.

«Peut-être aurait-il fallu mentionner que l'attaque du Hamas était légitime. Elle a visé des soldats de l'armée d'occupation. Shalit n'était quand même pas un enfant israélien perdu sur la frontière israélo-gazaouite!»

Là-dessus, j'ai du mal à vous suivre. Les attaques sur les civils sont le fait des deux camps. Quant au «soldat» fait prisonnier, il a des droits, en vertu de la Convention de Genève, qui ne semblent pas respectés.

Quoiqu'il en soit, cette situation est déplorable. Et je suis révolté que la communauté internationale, les Nations Unies et mon gouvernement en particulier, semblent incapables de ramener le bon sens dans cette région si chère à toute l'Humanité.


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