Première partie

Faut-il donner à la laïcité le bon dieu sans confession

Chronique de Gilles Verrier

INTRODUCTION
Je commence aujourd’hui une série d’articles qui prennent pour point de départ le texte de Louise Mailloux, Les trois grands fronts de résistance contre la Charte de la laïcité. Je commencerai par discuter des réserves qu’il faut faire sur la laïcité. Je passerai ensuite sur la menace de l’interreligiosité, identifiée comme la troisième tête d’une monstre à trois têtes, avec pour ambition d’ouvrir le débat sur des perspectives plus étendues. Je terminerai par discuter du remplacement du multiculturalisme par la culture et les valeurs québécoises en m’efforçant de définir les contours de l’identité québécoise au XXIè siècle.
SUR LE PROGRESSISME DE LA LAÏCITÉ
Contrairement à la croyance de certains milieux. la laïcité n’est pas à l’abri de tout soupçon. On pourra épiloguer longuement sur ses origines, pour ma part, allant à l’essentiel et l’on me pardonnera de ne pas faire toutes les nuances, je retiens l’impulsion qui fut donnée par la franc-maçonnerie au courant d’opinion laïc. Fondée en Angleterre par des protestants, restée proche du protestantisme par sa mentalité, vite implantée en France, la franc-maçonnerie, société semi-clandestine, a combattu l’Ancien régime et surtout le catholicisme. En comparaison, très peu de cette subversion est notée à l’encontre la royauté britannique et de l’Église protestante anglicane.
De nos jours encore, tandis que la présence de notre patrimoine catholique dans le paysage public est parfois sujette à caution, les symboles de la monarchie britannique jouissent d’une bien suspecte immunité. À tel point que de prêter serment à la chef de l’Église anglicane, un des derniers vestiges forts de l’Église dans l’État, semble passer comme du beurre dans la poêle chez les laïcistes
La laïcité de l’État, si elle n’est pas une vilenie n’est pas non plus l’incarnation du progrès. Précisons que je suis en faveur de la charte parce que je pense que l’État employeur et dispensateur de services ayant un caractère universel doit agir sous les apparences de la neutralité. Précisons aussi que je crois acceptable le compromis laïc proposé par la Charte, car il s’agit d’un compromis, et pour qu’il reste acceptable, la laïcité devra faire preuve de réserve, de neutralité et mettre de coté ses projets de reformater la société à son image.
C’est dans ces limites que l’intérêt de la charte apparaît et c’est aussi là qu’il s’arrête. Si je prends la peine d’écrire ce petit essai c’est pour expliquer pourquoi, selon moi, les ambitions laïcistes doivent en rester là.
La laïcité me gène effectivement dans les suites que pourraient connaître l’adoption de la Charte, l'école est ciblée, on dit que beaucoup de travail reste à faire dans ce «projet de société» et l'école devra, si je comprends bien, se faire le propagateur du culte de la laïcité républicaine.
L’État laïc ne peut se faire l’apôtre de la non-croyance. Car si pour beaucoup de laïcs (ou de franc-maçons pour le cas) l’existence de Dieu ou de la spiritualité sont synonymes d’un passé révolu ou de conceptions surannées, ils peuvent être portés à faire du zèle pour corriger les tares qu’ils voient chez leurs concitoyens. On pourrait appeler ça du prosélytisme. Mais les porteurs de la laïcité comme projet de société toujours inachevé, ceux à qui je m’adresse ici particulièrement, ont un problème. Leur problème est le même que celui des croyants, c’est qu’ils ne peuvent prouver le fondement de leur thèse hors de tout doute.
«Toute position intellectuellement articulée qui se prononce face à ce destin cosmique relève inévitablement de la métaphysique et, dans certains cas plus particuliers, de religion et de spiritualité. Dire que l’homme est appelé à régler les comportements de sa vie selon les préceptes d’une conscience inspirée par Dieu, ce que propose le christianisme ou l’islamisme, relève de la foi. Et dire que l’homme n’a à répondre à aucun Dieu, qu’il est illusoire de se soucier de conscience et d’un destin cosmique, que sa station dans la vie est uniquement réglée par la raison, ce que propose le laïcisme, cela relève aussi de la foi. Mais dans ce cas, il s’agit d’une non-foi, d’une a-métaphysique. Cela reste de l’ordre de la foi et de la métaphysique, mais sur un mode négatif
Nous sommes donc dans un match nul : croyance contre croyance.
Pour vendre son projet de société, la laïcité s’attribue avantageusement une supériorité morale, une vision du monde dépourvue d’embrouilles spirituelles, qui se résume à un progressisme auto proclamé, à la façon de Karl Marx avec sa fameuse phrase : «La religion est l’opium du peuple», ce qui ne peut être que du progressisme pur jus ! Quant à moi, ce n’est pas vraiment ce qu’il faut retenir de Karl Marx et je me permets de récuser tout de suite le caractère intrinsèquement progressiste de la laïcité et l’on verra pourquoi.
Voici le redressement de quelques faits. On voit reprendre souvent l’idée que les religions ont causé des millions de morts et par le fait de s’en débarrasser, le monde ne s’en porterait que mieux. Or, la vérité est tout à fait l’inverse. On a vu, réfléchissez deux minutes, que c’est dans les pays où les progrès de la laïcité ont été les plus spectaculaires que les guerres les plus meurtrières se sont produites, la guerre 14-18 et la guerre 39-45. Je pourrais continuer une liste passablement longue d’exemples mais les 40 millions de morts pour la première et les 60 millions de morts pour la seconde, au total 100 millions de morts suffiront pour l’instant à illustrer mon propos. Ces deux guerres laïques ne trouvent aucun équivalent dans la folie meurtrière, même en additionnant toutes les guerres de religion, qui bien souvent n’étaient pas des conflits purement religieux mais des conflits auxquels se superposaient d’autres motifs. Sans accuser directement la laïcité d’être à l’origine de la multiplication des guerres, sans voir une relation directe de cause à effet entre les pays qui entreprennent allègrement des guerres à l’étranger et les progrès de la laïcité chez eux, on pourra au moins s’entendre pour dire a minima que les progrès de la laïcité n’ont pas été porteurs de paix.

L’auteur déjà cité plus haut tranche avec une opinion qui va au-delà de ma pensée :
«L’athéisme pseudo-rationnel qui a animé les grandes idéologies populistes du XXe siècle s’est avéré immensément plus meurtrier que n’importe quelle religion.»

GROS MALAISE ENVERS L'ÉGLISE
Par conséquent, la laïcité doit apprendre elle aussi à se faire humble. Elle n’est pas l’incarnation du progrès, elle n’est qu’une vérité humaine, une foi, une grille pour reprendre l’idée chère à Henri Laborit.
Je m’étonne toujours du nombre impressionnant de Québécois qui, 58 ans après l’année charnière au cours de laquelle la fréquentation encore massive de la messe dominicale chuta de 50%, nous parlent encore de la religion catholique sur le ton des écorchés vifs. L’hostilité envers l’église qui aurait dû connaître depuis ce temps un certain apaisement apparaît toujours chez eux comme un traumatisme du premier jour.
Je constate aussi avec étonnement que la morgue et l’hostilité envers le catholicisme n’a pas dérougi chez plusieurs Québécois «libérés» des années soixante et suivantes. Ils reprennent le même discours d’il y a quarante ans, comme si depuis ce temps la position de l’Église catholique dans la société ne s’était pas totalement inversée pour devenir une force diminuée, ne détenant plus guère le pouvoir qu’elle détenait jadis dans le monde séculier. Les ordres religieux ont fondé et géré les hôpitaux, écoles, collèges classiques, camps de vacances, résidences pour vieillards, orphelinats et, effectivement, le haut clergé dans ce cas avait pris pied au sein de l’État. Mais y avait-il d’autres forces dans la société québécoise pour remplacer l’église dans ce rôle salvateur avant la fin des années 1950 ? Il y en avait, certes, mais elles étaient anglophones.
Plusieurs l’ont déjà souligné, et pour moi c’est absolument clair, que n’eut été l’arrivée massive de populations musulmanes et la recrudescence de l’islamisme, les rapports entre l’Église et l’État étaient à toutes fins utiles stabilisés, voire pacifiés à la satisfaction générale. Ceci, considérant que l’objectif initial de la laïcité était exclusivement la séparation de l’Église et de l’État, cet objectif était largement accompli. Le seul vestige encore patent est le serment des élus à la chef de l’Église anglicane dont j’ai parlé plus haut. Mais la laïcité n’en est pas satisfaite... dans sa composante laïciste elle semble vouloir faire reculer sans cesse la présence religieuse au point de la sortir de l’identité nationale. C’est ce que je mettrai en évidence plus loin.
ASSUMER NOTRE EXISTENCE NATIONALE AVEC TOUTES SES VICISSITUDES
Je me souviens qu’à l’âge de 16 ans, alors que la plupart de mes copains de classe étaient encore à leurs devoirs religieux, j’avais avec une petite troupe décroché les crucifix qui trônaient dans toutes les classes de l’école pour les remplacer, pour le cas de ma classe, par une série de posters révolutionnaires, comme Che Guevara, encore vivant à l’époque, ou Stokeley Carmichael, oublié depuis. Le même geste aujourd’hui n’aurait aucun sens. Il faut être de son temps. Je réalise aujourd’hui, me comparant avec bien de mes contemporains, que ma révolte a peut-être eu l’effet d’une catharsis précoce qui me fit comprendre la vulnérabilité et l’humanité de l’Église. Alors que d’autres semblent traîner encore, peut-être ceux qui furent trop soumis à cet ordre, une perpétuelle révolte qui ne trouve jamais d’apaisement. J’en suis venu à penser que l’hostilité envers l’église catholique dans le Québec d’aujourd’hui est au mieux un anachronisme encore trop souvent l'allure d'une petite fixette. Pour ceux-là, en retard d’une ou deux générations dans leur humeur, il serait peut-être temps de décolérer.
Si je dis tout cela, c'est parce je pense que les Québécois, soixante ans après la Révolution tranquille, ont encore selon moi un grand besoin de se réconcilier intimement avec leur passé et avec leur histoire, de considérer l’ensemble de leur évolution, qui est une véritable épopée, avec fierté et sous un angle plus serein et mieux assumé. Il faut passer à la maturité nationale et assumer ce que toutes les nations accomplies assument.
LA MENACE EXAGÉRÉE DU CATHOLICISME TRADITIONNEL
Il est clair, comme le rappelle Marius Morin, que la séparation de l’Église et de l’État ne pose aucun problème pour l’immense majorité des catholiques. Vouloir amalgamer les catholiques à la mouvance islamique à travers le concept un peu étriqué d’interreligiosité ne tient tout simplement pas debout. Ceci dit, je ne doute pas que les exemples que donne Louise Mailloux au sujet de certains réseaux catholiques universitaires ou sympathiques à Québec solidaire existent et s’agitent, mais ces réseaux ne représentent pas la masse des catholiques et celle encore plus grande des «post-catholiques» que je définis comme les catholiques non pratiquants mais attachés profondément à ses valeurs et à ses pratiques ponctuelles pour marquer le temps, soit la majorité des Québécois d’aujourd’hui.
J’estime que les ambitions de ces réseaux, dont l’influence est limitée, ne constituent pas une menace de retour à la période antérieure à la révolution tranquille. D’abord parce qu’ils nous sont familiers, bien de chez-nous et que la population a déjà tranchée clairement contre tout retour du religieux catholique dans la sphère étatique. Ils peuvent bien prendre position contre la Charte, mais ils ne constituent pas une force déterminante dans les choix qui se feront. En ce qui concerne le catholicisme de petites minorités, l’image du monstre à trois têtes en exagère l’importance et nous enligne dans un faux problème, un faux débat. La présence des survivances un peu folkloriques mais familières dans notre quotidien catholique de jadis ne posait pas de problèmes sérieux avant que surgisse la question de l’islamisme. Je concède néanmoins que l’existence de cette minorité a pour «fait [de] contribuer à soutenir les revendications des minorités religieuses» comme le dit correctement Louise Mailloux.», mais de là à en faire une menace équivalente à l’islamisme, par inter religiosité, il y a un gros pas à franchir. Il faut mettre un peu d'ordre dans les «fronts de résistance» à la chartre, j’espère qu’on en conviendra. Car en matière d’extrémisme politico-religieux, il y a du risible et il y du dangereux, et j’aimerais bien que l’on finisse par faire ces distinctions.
Fin de la première partie

Featured 11c309e183a1007b8a20bca425a04fae

Gilles Verrier136 articles

  • 214 260

Entrepreneur à la retraite, intellectuel à force de curiosité et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. Partenaire de Vigile avec Bernard Frappier pour initier à contre-courant la relance d'un souverainisme ambitieux, peu après le référendum de 1995. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





Laissez un commentaire



16 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    2 mars 2014

    L’Esprit Christique en chaque Être est Unitaire, il a fusionné les deux hémisphères du cerveau, c’est la fusion de l’Esprit et de la matière. La raison ne peut se placer au-dessus du religieux, comme le religieux ne peut se placer au-dessus de la raison. Un n’est pas mieux que l’autre, ce n’est pas en changeant les meubles de place dans notre cerveau qu’on aura un Esprit Neuf : régénéré.
    L’adversaire de la raison, c’est en quelque sorte, l’Esprit Christique en chaque homme, et peu importe la forme que nous utilisons pour en parler. Le Christ en l’Homme et la Liberté ne font qu’Un.
    Même si les religions ont constitué dans l’histoire de l’humanité une façon sophistiquée d’enligner les peuples vers plus de spiritualité, plus de dieux, plus de dogmes, plus de croyances, celles qu’ils concevaient spirituellement, arbitrairement, dans des temps et des espaces différents, devoir vendre aux peuples, et qui servaient, avant tout, il ne faut pas se le cacher, que les intérêts de leur propres échiquier d’asservissement des esprits, la religion du laïcisme, car s’en est une, n’est qu’une autre forme de domination des esprits, sans plus. Il n’y a rien d’édifiant là-dedans. Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes!
    Loin d’être une avancée, le laïcisme d’état, n’est pas mieux que la spiritualité d’hier, toujours imposée par une autorité extérieure, autre que l’Autorité de l’Homme Lui-Même devrait avoir pour Lui-même, sans intermédiaire, la seule qui devrait être acceptable, au contraire, la laïcisation des esprits par la raison, comme seule moyen de discernement capable de dicter à ses ouailles, ce qui est bien et ce qui est mal, est un net recul. L’Homme n’a pas besoin de la raison de l’État pour faire ses choix en matière d’Esprit. Parce qu’il n’y a pas d’Esprit dans l’État. Il n’y a que de la raison.
    Nous sommes, en fait, une société qui touche le fond du baril. C’est la décadence absolue! Une inversion de la réalité! Il ne s’agit pas de creuser toujours plus profondément le trou où nous y déposerons notre mortalité, il s’agit de sortir du trou et d’accéder à notre immortalité. Et ce que nous sommes tous de toute éternité se fout bien des dictats de la raison en matière d’Esprit, des exhortations serviles et futiles de toute autorité extérieure, comme il se fout de la laïcité, comme il se fout de toutes les formes de spiritualité, parce que l’Homme dans sa propre Autorité Est Libre. C’est fini le temps où l’État pouvait dicter à l’Homme ce qu’il devait penser, ce qu’il devait croire, et comment il devait se comporter.
    On avance facilement que l’institution fédérale monarchique n’a pas à s’émincer dans les compétences provinciales, il en va de même pour l’État du Québec en matière d’Esprit, ce n’est pas de sa compétence, ce n’est pas sa fonction, ce n’est pas de ses affaires, cela concerne l’Homme, seul avec Lui-même, uniquement.

  • Archives de Vigile Répondre

    2 mars 2014

    « Le Laïcisme de la Raison, est la version déchristianisée. »
    Il est beaucoup plus facile d’assoir le pouvoir des mondialistes au sein d’une société fragmentée spirituellement qui s’inspire du laïcisme. En ce sens, la laïcisation des esprits est avant tout stratégique et est la plus belle porte d’entrée vers le NOM.
    La laïcisation n’est qu’une étape préliminaire.
    Laver le cerveau de tous reliquats religieux, quel que soit la source, est l’étape suivante pour les adorateurs de la raison.
    La raison est en quelque sorte en guerre contre toutes les formes de spiritualité, dont la première concernée qui est d’essence Christique, c’est en quelque sorte la guerre de l’hémisphère gauche du cerveau plus rationnel, contre l’hémisphère droit plus intuitif, plus spirituel, que les mondialistes veulent exacerber. La raison veut s’autoproclamer dieu sur ce monde au sommet de la hiérarchie, en divisant tout ce qu’elle touche. C’est le let motif du « Diviser pour mieux régner. »
    La raison appartient à ce corps, et sa fonction est de s’occuper de la survie de ce corps, ce qu’elle fait très bien, par contre, elle est totalement impuissante en d’autres matières plus subtiles, celles d’approcher ce qui Est d’Essence Intemporelle, cet Inconnu, ce qui Est l’Esprit Universel, ce qui Est l’Homme Véritable, libéré de la dualité et de son ignorance millénaire.
    La raison veut se faire roi et dicter à l’Esprit, ce qui est un contre-sens. Notre société fonctionne diamétralement en opposition draconienne avec celle d’une société qui fonctionnerait en résonnance avec l’Esprit, d’Essence Christique. C’est un coup d’état d’un autre ordre à lequel nous assistons!
    C’est la Matière en guerre contre l’Esprit. C’est le rejet de l’Esprit, et la préséance de la raison sur l’Esprit. La raison c’est l’intellect, l’Esprit c’est l’Intelligence. Il est beaucoup plus facile pour les soi-disantes autorités temporelles qui dirigent le monde de le faire lorsque les peuples s’entredéchirent entre eux, noyés dans des conceptions arbitraires du bien et du mal, d’une dualité orchestrée artificiellement, que s’ils étaient unifiés au sein d’un Esprit Universel.
    Or le Christ c’est l’Universel dans l’Homme, dans tous les hommes, dans tous les peuples. Le Christ fonctionne au-delà de la raison, au-delà de toutes les spiritualités. Il n’est pas concerné par la dualité de ce monde.

  • Archives de Vigile Répondre

    24 février 2014

    @ M Cloutier,
    Si je fais mention des valeurs évangéliques, c'est parce que je constate la marge incroyable entre ces valeurs et celles qui dominent notre société présentement, soit celles du Système.
    Les valeurs du Système ne sont pas des valeurs humanistes, vous en conviendrez. C'est le chacun pour soi, le "au plus fort la poche", c'est la "fin justifie les moyens", bref, c'est la loi de la jungle.
    N'est-ce pas celles-là les valeurs modernes de notre société guidée par le Système?
    Vous, monsieur Cloutier, pouvez bien être un humaniste, et je n'en doute pas, sauf que la plupart des gens n'ont pas votre capacité de réflexion et s'adapteront aux valeurs du chacun pour soi et du "au plus fort la poche" sans y voir d'inconvénient et sans réfléchir davantage.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 février 2014

    Message à Michel Bélisle
    Lâchez-moi la grappe avec les valeurs "évangéliques". Pas besoin de croire en Dieu pour respecter l'être humain et les valeurs humanistes de compassion, de solidarité, d'égalité, de liberté et de fraternité.
    Les croyants n'ont pas le monopole de la vertu et de l'éthique.
    Au contraire, on peut être intolérant au nom de Dieu. On l'a vu, on le voit, on le verra.
    Pierre Cloutier

  • Archives de Vigile Répondre

    23 février 2014

    @ M. Cloutier,
    L'Église catholique comme institution et n'importe quelle autre religion en tant qu'institution n'ont pas à contrôler la vie citoyenne, je vous l'accorde. Pas plus d'ailleurs que les élites-Système devraient le faire avec tout leur appareil de surveillance comme il semble que ce soit présentement le cas.
    D'un autre côté, (c'est mon point de vue personnel), je crois qu'il faut que les valeurs évangéliques guident tout de même la société. Je ne connais pas d'autres valeurs qui puissent favoriser une société juste autant que celles-là.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 février 2014

    Pour sortir le Québec avec ses 30000 avortements annuellement de la crise, il faut une culture de la vie.
    Il faut aider les femmes enceintes en détresse car elles subissent des pressions énormes pour se faire avorter. Ça veut dire 15000 filles avortées par année. Au secours les féministes.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 février 2014

    J'abonde dans le même sens que M. Pierre Cloutier. Tout ce qui s'énonce clairement... etc.
    Depuis le temps qu'on en discute de laìcité(Bouchard/Taylor) il était temps qu'on aboutisse à quelque chose de clair. On a pas donné le bon dieu sans confession, on a précisé les choses pour un mieux vivre ensemble, voilà une conclusion raisonnable, et je crois qu'on devra aller encore un peu plus loin pour bloquer l'arrivée en force des extrémistes religieux, dans le sens du projet de loi de Mme Fatima Houda-Pépin.

  • Archives de Vigile Répondre

    23 février 2014

    Excellent texte, m. Verrier.
    Mais je dois vous corriger à propos de la Franc-maçonnerie.
    Elle n'est pas fondé en Angleterre. C'est plutôt le regroupement de plusieurs loges pour former un lobby puissant, la Grande Loge Unie d'Angleterre, fondé en 1717. L'intérêt de ce lobby était de regrouper les franc-maçons de différentes déclinaisons protestantes pour prévenir un retour des guerres civiles entre Protestants. L'État anglais obligeait ses fonctionnaires d'être Anglicans. Par contre, l'Écosse, réunie à l'Angleterre depuis 1707, était partagé entre le Calvinisme et le Catholicisme Romain. Or, la grande peur du retour au jacobinisme et à un Catholicisme Romain qui mettrait fin au réformisme religieux via des dragonnades et à l'interdiction des hérésies religieuses tel que vues en France de 1686, fut l'amorce d'une politique de Tolérance anglaise, précurseur du siècle des Lumières.
    Le père de la Laïcité anglaise fut John Locke (1632-1704) et sa Lettre sur la tolérance de 1689.
    À l'inverse de Hobbes qui considérait qu'avoir une unique religion était une condition nécessaire pour une société efficace, Locke considère que la multiplicité des religions est un moyen de prévenir les troubles dans la société. Il considère ainsi que les troubles dans la société naissent de la volonté étatique d'empêcher l'exercice de différentes religions, là où il serait préférable de les tolérer. Par là, Locke entend distinguer « ce qui regarde le gouvernement civil, de ce qui appartient à la religion, et de marquer les justes bornes qui séparent les droits de l'un et ceux de l'autre ». Il considère que le gouvernement et l'Église remplissent des fonctions différentes et ne doivent donc pas être mélangés.
    Pour Locke, le seul moyen pour une église de convertir des fidèles est par la conversion sincère et non par la force. Le gouvernement ne doit pas se mêler du salut des âmes. Pour appuyer sa thèse, Locke avance trois arguments :
    *les individus ne peuvent pas déléguer à l'État le soin de s'occuper de leur âme
    *l'exercice de la force ne peut pas contraindre les âmes, juste amener à l'obéissance
    *même si la coercition pouvait persuader quelqu'un de quelque chose, Dieu ne force pas les individus contre leur volonté
    La tolérance de Locke rencontre deux limites : les athées car les engagements qui sont la base de toute société n'ont aucun effet sur un athée selon lui. Il écrit ainsi : « ceux qui nient l'existence d'un Dieu, ne doivent pas être tolérés, parce que les promesses, les contrats, les serments et la bonne foi, qui sont les principaux liens de la société civile, ne sauraient engager un athée à tenir sa parole », ce qui revient à dire que les athées n'ont aucun support pour tirer une quelconque morale. Il en exclut également les catholiques qui, obéissant au pape, se mettent selon lui sous les ordres d'un autre prince.

    Bref, les athées seraient rangés avec les Catholiques Romains et les Musulmans au ban de cette société utopique qui conserve son fondement chrétien.
    (à suivre)

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    (suite)
    L'idéal anglais est théiste. C'est le cas de la franc-maçonnerie régulière qui suit les balises d'Anderson.
    Sa marque en éducation s'est fait avec l'embrigadement des jeunes dans le scoutisme : la Promesse du Scout exige la croyance en Dieu. Le lobby de la franc-maçonnerie poursuivait l'utopie de Locke en favorisant la promotion de ses membres dans le gouvernement, l'Armée et les grandes corporations.
    Le "Péril Catholique" ressemblait alors à ce qu'est le "Péril Musulman" d'aujourd'hui. Les Irlandais furent touchés par les Lois Pénales jusqu'en 1778. L'Acte de Québec a aidé les Irlandais pour l'amorce d'une émancipation. Les Protestants d'Irlande fonde en réaction l'Ordre d'Orange.
    L'Ordre d'Orange n'est pas de la franc-maçonnerie même s'il emprunte sa structure de loges et une hiérarchie de grades. Il relève surtout du Calvinisme, promeut l'ascendance protestante (suprémacisme WASP) et l'Anglo-Israélisme qui fait la fondation du KKK et du Christian Identity en Amérique. On voit l'apogée dans l'ère Victorienne au Canada contre les Métis, dans le Règlement 17 et le Canada First Policy. Ils plongent l'Irlande dans une crise qui pousse les Catholiques dans la Fraternité Répulicaine Irlandaise (Fenian) et qui aboutira à l'indépendance en 1921.
    Notre propre réaction à l'Orangisme dans la foulée du combat contre le Règlement 17 est la fondation de l'OJC utilisant les mêmes méthodes d'entrisme pour dénoyauter les appareils d'état des Orangistes.
    Le Laïcisme de la Raison, est la version déchristianisée. Imposé en France dans une orgie de sang par les Hébertistes, remis à jour par Jules Ferry, et radicalisé contre les églises par Émile Combes, c'est l'utopie du Grand Orient de France qui a basculé dans l’anti-catholicisme et permettant l'athéisme. Ce faisant, le GOdF n'est pas une obédience régulière de la Franc-Maçonnerie puisqu'elle déroge aux balises d'Anderson et devient la matrice politique de la République.

  • Danièle Fortin Répondre

    22 février 2014

    « De nos jours encore, tandis que la présence de notre patrimoine catholique dans le paysage public est parfois sujette à caution, les symboles de la monarchie britannique jouissent d’une bien suspecte immunité. À tel point que de prêter serment à la chef de l’Église anglicane, un des derniers vestiges forts de l’Église dans l’État, semble passer comme du beurre dans la poêle chez les laïcistes. »
    -Gilles Verrier
    Il faudrait franchement se questionner sur le silence assourdissant qui plane au salon rouge au sujet de la légitimité de l'autorité suprême de la Gouverneur d'une Église étrangère alors que sont présentés des dizaines de mémoires, souvent par des sommités du milieu académique, sur le projet de Charte sur la laïcité.
    Même un référendum sur la souveraineté ou l'indépendance du Québec ne garantit en RIEN l'abolition de cette autorité coloniale ! C'est tout dire.
    -

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    Message à Michel Belisle
    Le pouvoir temporel dictatorial a toujours fait alliance avec le pouvoir religieux pour maintenir le peuple dans l'ignorance et la peur.
    Heureusement, après les Lumières, le pouvoir catholique a été obligé de laisser un peu de lest. Hélas, nous voilà pris aujourd'hui avec la montée de l'islam, avec son avant-garde politique, pour occuper l'espace libre occupé auparavant par les curés.
    Et voila que des idiots utiles essaient de nous faire culpabiliser en nous expliquant qu'il faut prendre ces gens-là avec des pincettes et ne pas trop les brusquer, car la laïcité stricte serait une nouvelle forme de "religion" dont il faut se méfier.
    Je ne partage pas cette thèse. Il ne faut pas céder un seul pouce de terrain. Pas un seul pouce. La loi no 60 est un minimum. Il va falloir aller plus loin que cela :
    1 - Interdire le visage découvert dans l'espace public. Cela va faire de nous prendre pour des caves.
    2 - Interdire le port de signes religieux ostentatoires dans le domaine de l'éducation pour tous les bénéficiaires de services.
    3 - Interdire le financement des écoles privées religieuses.
    Croyez en ce que vous voulez, mais foutez nous la paix dans l'espace civique et dans l'espace public, excepté dans les endroits de culte.
    Pas besoin d'une thèse de doctorat pour comprendre cela. C'est terminé le temps où on se faisait endormir par de belles paroles.
    Pierre Cloutier

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    Excellent texte, m. Verrier.
    Mais je dois vous corriger à propos de la Franc-maçonnerie.
    Elle n'est pas fondé en Angleterre. C'est plutôt le regroupement de plusieurs loges pour former un lobby puissant, la Grande Loge Unie d'Angleterre, fondé en 1717. L'intérêt de ce lobby était de regrouper les franc-maçons de différentes déclinaisons protestantes pour prévenir un retour des guerres civiles entre Protestants. L'État anglais obligeait ses fonctionnaires d'être Anglicans. Par contre, l'Écosse, réunie à l'Angleterre depuis 1707, était partagé entre le Calvinisme et le Catholicisme Romain. Or, la grande peur du retour au jacobinisme et à un Catholicisme Romain qui mettrait fin au réformisme religieux via des dragonnades et à l'interdiction des hérésies religieuses tel que vues en France de 1686, fut l'amorce d'une politique de Tolérance anglaise, précurseur du siècle des Lumières.
    Le père de la Laïcité anglaise fut John Locke (1632-1704) et sa Lettre sur la tolérance de 1689.
    À l'inverse de Hobbes qui considérait qu'avoir une unique religion était une condition nécessaire pour une société efficace, Locke considère que la multiplicité des religions est un moyen de prévenir les troubles dans la société. Il considère ainsi que les troubles dans la société naissent de la volonté étatique d'empêcher l'exercice de différentes religions, là où il serait préférable de les tolérer. Par là, Locke entend distinguer « ce qui regarde le gouvernement civil, de ce qui appartient à la religion, et de marquer les justes bornes qui séparent les droits de l'un et ceux de l'autre ». Il considère que le gouvernement et l'Église remplissent des fonctions différentes et ne doivent donc pas être mélangés.
    Pour Locke, le seul moyen pour une église de convertir des fidèles est par la conversion sincère et non par la force. Le gouvernement ne doit pas se mêler du salut des âmes. Pour appuyer sa thèse, Locke avance trois arguments :
    *les individus ne peuvent pas déléguer à l'État le soin de s'occuper de leur âme
    *l'exercice de la force ne peut pas contraindre les âmes, juste amener à l'obéissance
    *même si la coercition pouvait persuader quelqu'un de quelque chose, Dieu ne force pas les individus contre leur volonté
    La tolérance de Locke rencontre deux limites : les athées car les engagements qui sont la base de toute société n'ont aucun effet sur un athée selon lui. Il écrit ainsi : « ceux qui nient l'existence d'un Dieu, ne doivent pas être tolérés, parce que les promesses, les contrats, les serments et la bonne foi, qui sont les principaux liens de la société civile, ne sauraient engager un athée à tenir sa parole », ce qui revient à dire que les athées n'ont aucun support pour tirer une quelconque morale. Il en exclut également les catholiques qui, obéissant au pape, se mettent selon lui sous les ordres d'un autre prince.

    Bref, Pierre Cloutier serait rangé avec les Catholiques Romains et les Musulmans au ban de cette société utopique qui conserve son fondement chrétien.
    (à suivre)

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    Les médias et le MLQ ont érigé un laïcisme comme religion nationale. On va promouvoir des théologien comme Hans Küng. Il suffit d'écouter Alain Crevier de l'émission second regard. On a décoré un avorteur de l'ordre du Canada. C'est complètement tartuffien. Il y a GESCA, qui avec son agenda propre, fait danser tout le monde...
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcisme

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    "Je constate aussi avec étonnement que la morgue et l’hostilité envers le catholicisme n’a pas dérougi chez plusieurs Québécois « libérés » des années soixante et suivantes. Ils reprennent le même discours d’il y a quarante ans, comme si depuis ce temps la position de l’Église catholique dans la société ne s’était pas totalement inversée pour devenir une force diminuée, ne détenant plus guère le pouvoir qu’elle détenait jadis dans le monde séculier."
    Ce que me dit cette attitude, c'est que la véritable cible de cette rage des Québécois n'est pas la religion catholique comme telle mais plutôt le Système, qui lui est plus puissant que jamais dans notre société du 21e siècle.
    Étant donné que par le passé, l'Église a eu le réflexe maladroit de se coller sans broncher au pouvoir politique et économique, c'est à dire, à quelque part, sur les riches, on lui en fait encore le reproche, même si comme vous le dites, l'Église catholique est une force diminuée.
    Et le fait qu'elle est une force diminuée la rend justement plus susceptible de critiques, surtout que le pouvoir politique et surtout économique des riches, tant qu'à lui, est toujours intact, sinon plus grand qu'il était avant la révolution tranquille.
    Et vous le savez bien, qui ose critiquer les puissants? Alors ces attaques contre l'Église catholique ressemblent à une critique déguisée des puissants, ceux qu'on n'ose pas critiquer de front.

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    C'est un peu laborieux et tortueux votre affaire. Où voulez-vous en venir exactement? Pouvez-vous nous résumer cela en quelques paragraphes pour qu'on y voit un peu plus clair?
    Pierre Cloutier

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2014

    Ne croyez-vous pas, monsieur Verrier, que la première distinction à établir, ici et maintenant, en tenant compte de notre histoire nationale, serait celle de la différence entre anticléricalisme et rejet de la foi catholique?
    C'est contre la domination abusive dans tous les aspects de la vie privée et collective des Québécois que ceux-ci se sont insurgés à partir du milieu des années 1950, et non contre la religion.
    Bien sûr, maintenant, avec les réponses scientifiques aux très nombreuses questions fondamentales que se posent les humains, la religion, après la mythologie, devient un système d'explication inadéquat à la réalité et oblige à poser autrement la problématique.
    Car, même si la question du "sens de la vie" demeure au coeur de la plus importante interrogation humaine, la pensée, aujourd'hui, ne peut se soumettre aux dictats des édits religieux.
    Qu'elle soit bien ou mal menée, ici comme ailleurs, la lutte pour l'établissement d'une "gouvernance" politique et morale, entièrement laïc est nécessaire. Et comme l'a démontré Spinoza, il y a déjà près de trois siècles, "Nécessité fait loi".
    Plus moderne que ses amis et ennemis veulent bien le reconnaître, le Québec actuel, avec le projet de Loi 60, dans sa volonté d'éradiquer le port de tout signe religieux ostentatoire, est à l'avant-garde du nécessaire établissement des us et coutumes qui régiront les rapports sociaux de demain, partout dans le monde.
    Bref, je vous renvoie à votre exigence légitime de bien établir les distinctions entre les concepts qui traduisent la réalité.
    Avec l'expression de mon estime,
    Andrée Ferretti.