… Et vos fleurs de lis, sont-elles obèses ?

Tribune libre - 2007

Ce message fait suite au texte intitulé ["Votre fleurdelisé est-il
difforme?"->7486]
Non seulement fabrique-t-on des fleurdelisés dont les proportions ne
respectent pas la norme légale (« La largeur et la longueur du drapeau sont
de proportion de deux sur trois »), mais on trouve aussi sur le marché des
drapeaux du Québec dont les fleurs de lis sont surdimensionnées. C’est ce
que m’a fait remarquer un internaute à la suite de ma note précédente («
Votre fleurdelisé est-il difforme ? »).
Cette « mutation génétique » serait survenue à la suite de l’adoption du
Programme d’identification visuelle du gouvernement du Québec en 2001. La
signature gouvernementale établie à cette occasion se compose du mot «
Québec » suivi d’un drapeau dont les fleurs de lis ont été agrandies.
Justifiable dans ce contexte, peut-être, cette manipulation graphique
n'avait que pour objectif d'améliorer la « lisibilité » du fleurdelisé
mais elle a manifestement amené les manufacturiers à fabriquer des drapeaux
selon ce modèle qui est aussi reproduit à plusieurs endroits, dans les
médias et sur Internet, notamment sur le site de Patrimoine Canada.

Comment expliquer cette prolifération de fleurdelisés contrefaits
(proportions inexactes, fleurs de lis surdimensionnées ou les deux) alors
qu’il existe [une loi et une réglementation claires ainsi qu’une norme
technique précise (7192-175/2004) du Bureau de normalisation du Québec->http://www.drapeau.gouv.qc.ca/drapeau/specifications/specifications.html]
?

Ce n’est pas toujours de l’ignorance. L’entreprise où j’ai acheté mon
drapeau hors normes était représentée au sein du comité formé par le BNQ
pour établir… la norme. C’est donc qu’il y a des clients. Mais pourquoi
veut-on avoir un drapeau du Québec qui n’est pas le vrai drapeau ?
Paradoxalement, c’est dans les cérémonies protocolaires que l’intégrité du
fleurdelisé serait le plus en danger. Strictement interprétées, les règles
de pavoisement voudraient que tous les drapeaux « nationaux » déployés lors
d’un événement soient de même grandeur (format et proportions).
Le protocole québécois est souple. Il n’est pas « convenable, lit-on sur
le site du MRI, de dénaturer un drapeau en changeant sa proportion, de
façon par exemple à ce que les dimensions de tous les drapeaux qui font
partie d'un pavoisement soient identiques ; ainsi, il est acceptable de
placer côte à côte des drapeaux de 90 X 180 cm et de 120 X 180 cm ».
Autrement dit, un « 3X6 » canadien devrait pouvoir s’accommoder d’un « 4X6
» québécois. Mais on penserait différemment du côté fédéral. La légende
veut que le drapeau du Québec ait déjà été coupé sur place, au « bon »
format. Depuis, les services protocolaires s’assureraient d’avoir des
fleurdelisés « appropriés » Et il faut bien les acheter quelque part.
Les lois québécoises ne s’appliquent pas toujours à Ottawa, on l'a vu, et
le ministre responsable de la Loi sur le drapeau du Québec a de toute
manière beaucoup de travail à faire dans son jardin où les fleurs de lis
poussent « tout croche ».
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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