Environnement: PSPP critique le PQ et promet une offensive

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Pendant qu'Ottawa veut invalider la loi 21, PSPP joue au progressiste écolo...

Le Parti québécois (PQ) est «presque invisible» sur le front environnemental et il doit reprendre l'initiative, sous la forme d'une «offensive» contre le gouvernement fédéral.



C'est ce que propose de faire Paul St-Pierre Plamondon, s'il est élu chef du PQ le 19 juin, en appelant à un changement de garde et d'approche.


Dans sa toute dernière proposition obtenue par La Presse canadienne, M. St-Pierre Plamondon veut démontrer que l'indépendance est indispensable pour protéger l'environnement et la santé des Québécois.


«On ne veut pas laisser l'impression aux gens que la question environnementale au Québec va s'améliorer dans l'ordre constitutionnel canadien, a-t-il déclaré dans une entrevue téléphonique. On ne contrôle pas nos cours d'eau, ni les chemins de fer, ni les projets interprovinciaux comme les pipelines, ni les subventions aux pétrolières, ni les pesticides et tout ce que Santé Canada permet qui n'a pas de bon sens.»


Le message et le messager



Il se montre en outre critique du PQ. Il est convaincu que le parti a la meilleure plateforme, la plus sérieuse en environnement, ce que des experts avaient reconnu en 2018, a-t-il rappelé. Mais il estime que le parti n'a pas réussi à passer son message et a laissé le champ libre à Québec solidaire (QS).


«Le Parti québécois a-t-il réussi à occuper espace médiatique? a-t-il soulevé dans une entrevue téléphonique. Depuis 2018, a-t-on réussi à faire parler du parti comme la meilleure option en environnement? Ce n'est pas le cas.»


Incidemment, le discours environnemental du PQ depuis 2014 a été en très majeure partie porté par le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui est un rival de M. St-Pierre Plamondon dans la course à la direction.



«Moi, je ne peux que faire des bilans, je ne veux pas entrer dans une analyse des personnes», a-t-il répondu.


«Nouveau cycle»


L'aspirant à la chefferie est conscient que le PQ s'est fait notamment reprocher, quand il était au pouvoir de 2012 à 2014, d'avoir autorisé la construction d'une cimenterie polluante en Gaspésie et l'exploration pétrolière en vue d'une exploitation sur l'île d'Anticosti. C'est l'heure de la relève, selon lui.


«Le Parti québécois est mûr pour un nouveau cycle, une nouvelle génération d'environnementalistes qui en parlent avec assez de conviction, d'intelligence, d'inspiration, pour qu'il redevienne un joueur essentiel dans le débat sur l'environnement.»


Un gouvernement du Parti québécois sous la direction de M. St-Pierre Plamondon s'engagerait dans une «lutte de tous les instants» contre l'«État pétrolier» canadien, peut-on lire, pour bloquer entre autres tout projet de pipeline sur le territoire. Il promet toutefois une démarche «pragmatique», qui ne sera pas dans «les grands idéaux» ou dans la «culpabilisation» de la population.


Il veut notamment adopter une loi sur la compétence exclusive du Québec en matière environnementale et mettre sur pied une commission d'enquête sur l'état du transport ferroviaire au Québec.


«On va étendre le plus loin possible notre capacité législative, l'action des municipalités. [1/8]...[3/8] Un chef d'État doit appeler les citoyens à l'engagement, utiliser tous les moyens à sa disposition pour défendre la santé et la sécurité de ses citoyens.»


S'il est élu chef, il entend aussi démontrer l'avantage économique de la transition énergétique, par exemple, les économies que feraient les Québécois s'ils roulaient à l'électricité et les revenus supplémentaires qui iraient à Hydro-Québec.


Selon lui, il faut dépasser la question «pour ou contre Greta Thunberg» pour dépolariser l'enjeu. Il sera possible, à ses yeux, de faire adhérer les jeunes aux positions du PQ et en faire «le joueur numéro un en environnement».


«L'indépendantiste va s'intéresser à l'environnement, et l'environnementaliste va s'intéresser davantage à l'indépendance», a-t-il conclu.


Outre M. St-Pierre Plamondon et M. Gaudreault, l'historien Frédéric Bastien a aussi annoncé sa candidature dans cette course à la direction. L'avocat Stéphane Handfield devrait annoncer vendredi qu'il ne se présentera pas, selon ce qu'a rapporté Le Devoir. L'humoriste Guy Nantel a fait savoir qu'il est intéressé, mais n'a pas encore confirmé qu'il se lancera.