Démographie: le Québec poursuit son déclin

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Sous couvert de s'inquiéter du pouvoir québécois dans la fédération, La Presse nous sort sa propagande immigrationniste


Les Québécois sont-ils condamnés à l’insignifiance dans la fédération canadienne ? Des prévisions dévoilées hier indiquent que le poids démographique du Québec au pays va continuer de baisser dans les prochaines années.

 


Les Québécois représentaient 28,8 % de la population canadienne en 1961, mais seulement 22,6 % l’année dernière. Selon les Projections démographiques 2018-2068 de Statistique Canada, les Québécois ne compteront plus que pour 20 % de la population au pays en 2043 (entre 20,1 % et 20,6 %, selon les différents scénarios).




 



« Le taux de croissance démographique du Québec demeurerait inférieur à celui du Canada selon la plupart des scénarios », note Statistique Canada dans ses projections.


La plus forte croissance démographique est prévue en Alberta, qui pourrait surpasser la Colombie-Britannique. L’Ontario doit aussi connaître une croissance plus importante que celle du Québec, pour atteindre 17,9 millions d’habitants en 2043.


 

La Belle Province, elle, resterait bonne deuxième, avec 9,5 millions d’habitants, mais un poids démographique amoindri parmi les 46,5 millions de Canadiens.


Ces chiffres ne sont pas surprenants, mais sont néanmoins inquiétants, estime l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, qui connaît bien les dynamiques à l’œuvre à Ottawa pour y avoir longtemps siégé.




 



« Vous regardez le taux d’assimilation des francophones hors Québec, et vous regardez le Québec qui ne cesse de perdre du terrain en termes de population, et c’est une situation très délicate pour le français au pays », dit-il au bout du fil.


L’immigration en cause


La piètre croissance démographique du Québec s’explique notamment par le fait que d’autres provinces acceptent plus d’immigrants, toutes proportions gardées. Rappelons que le gouvernement de François Legault veut ramener le seuil de 50 000 à 40 000 immigrants par année, du moins de façon provisoire.


Le gouvernement fédéral, quant à lui, s’est donné pour objectif d’accueillir 330 000 immigrants en 2019 et 340 000 en 2020.


Or, puisque le Québec compte actuellement 22 % de la population canadienne, il lui faudrait admettre 73 000 des 330 000 immigrants au pays pour refléter cette proportion.




 



Même s’il estime que ce repli démographique « peut être inquiétant », le premier ministre du Québec a défendu hier sa politique en matière d’immigration.




L’immigration, oui, peut être une des solutions à ce choc démographique, mais faut-il encore bien intégrer les nouveaux arrivants. C’est là-dessus qu’on veut travailler. Et la baisse du nombre d’immigrants, on l’a toujours dit, c’est temporaire.



François Legault



Les naissances ne pourront pas combler ce déficit. Depuis le sommet récent connu en 2012, le nombre de bébés nés au Québec n’a cessé de diminuer.


— Avec Tommy Chouinard, La Presse