De moins en moins de Canadiens s'identifient à la classe moyenne

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La montée du populisme est reliée à l'effacement de la classe moyenne


Un nouveau sondage laisse croire que la bataille politique constante pour le soutien de la classe moyenne au Canada se déroule sur un territoire de moins en moins grand.


Un sondage Ekos-La Presse canadienne mené auprès de 4839 Canadiens indique que la proportion de personnes qui s'identifient à la classe ouvrière se situe à 37%, tandis que 43% des participants estiment faire partie de la classe moyenne.


Il s'agit du niveau le plus bas depuis 2002, a indiqué Ekos. Au début du siècle, environ 70% des Canadiens se définissaient sous les termes de la classe moyenne.


Durant la même période, la proportion de gens estimant faire partie de la classe ouvrière a presque doublé.



Ces identifications ne concernent pas seulement les finances personnelles, souligne le président d'Ekos, Frank Graves. Elles touchent aussi à la perception des gens quant à leur bien-être, leurs liens émotifs et leur sentiment général sur leur qualité de vie.


M. Graves soutient qu'il ne s'agit pas uniquement d'un débat économique.


«Si nous voyons vraiment des gens quitter la classe moyenne, alors nous aurons une société moins saine et moins heureuse à un certain moment dans l'avenir», estime-t-il.


Le sondage par téléphone a été mené entre le 15 septembre et le 1er octobre, et a une marge d'erreur de plus ou moins 1,4 point de pourcentage, 19 fois sur 20.


Montée du populisme


Les questions ont été posées dans le cadre des efforts de La Presse canadienne et d'Ekos pour évaluer si les éléments ayant mené au bouleversement du statu quo politique aux États-Unis et ailleurs ces dernières années sont présents au Canada.


Ce sondage laisse croire qu'ils sont bien présents.


«Ce n'est pas comme si les gens sortent de la classe moyenne et accèdent à la classe supérieure», dit M. Graves.


«Ils glissent vers l'arrière et je crois que les indices sont assez clairs que cela est probablement la principale source de la montée du populisme et de toutes les choses désagréables qui y sont reliées», soutient-il.


Ekos a questionné les Canadiens sur leurs perspectives financières à court et à moyen terme, et seulement une minorité de Canadiens s'attendent à une amélioration de la situation.


Lorsque 2396 participants au sondage ont été questionnés sur leur qualité de vie comparativement à celle des gens il y a 25 ans, 33% estimaient se trouver dans une meilleure situation, tandis que 34% avaient l'impression d'avoir une moins bonne qualité de vie.