Confrontations (3/3)

L’invasion des orifices

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Chronique de Marc Huber

Les confrontations idéologiques et politiques s’imbriquent dans une confrontation identitaire. Pour effets, le Québec est confronté au déclin de la culture et de la langue française, à une dépossession de ses ressources, la disparition de ses icônes de l’entreprenariat, la division de sa population et une tendance à s’éclipser du paysage public, pour ne nommer que ces exemples. Des contrecoups tout autant important de ces confrontations s’observent par nos orifices. Rigolez. Détendez-vous. Nous allons débuter par une petite excursion du haut de notre corps.


Nos yeux! Avec la censure, ils ne peuvent plus voir les images qui montrent la réalité. Un peu plus bas, il y a nos oreilles. Des sons, des voix, des chansons et des mots contraignants sont aussi la cible de la censure. Quatre orifices qui sont envahis à mesure que les confrontations s’étendent. Pour prix, ce qui nous est retiré est remplacé par un nouvel ordre qui repose sur la totalité: une union de toutes les races, cultures et religions dans un tout répondant à des ambitions et à une langue communes.


Cette totalité a un son. Depuis quelques années, il s’exprime par la montée du timbre de la voix des vedettes de la Pop radiophonique et des politiciens. Mais encore, ce timbre s’accompagne d’une tendance à ne rien revendiquer. Des chansons désengagées, souvent axées sur le moi et l’autre qui nous ressemblent, pendant qu’on multiplie les discours politiques composés de phrases creuses axées sur les besoins de la chorale de l’extrême centre. Un timbre vocal qui décide des normes et qui véhicule aussi un sentiment de sécurité chez plus du tiers de la population, en étant coupé de toutes formes de revendications pouvant entamer des chicanes. C’est presque devenu un outil de conditionnement psychique qui permet d’attaquer et de censurer des personnes à la voix plus grave que la moyenne, tel Bernard Gauthier, en prétextant des histoires, pour cet exemple, de «linge» et de femmes».


D’autres rêvent d’un timbre plus autoritaire, hors du créneau chaotique de l’extrême centre. Malheureusement, ces derniers devront apprendre à être moins exigeants. Une étude scientifique publiée le 6 septembre 2017 dans The Guardian dévoile des chiffres inquiétants sur la présence de résidus de plastiques dans l’eau du robinet, dont la tête de file est l’Amérique du Nord. Les plastiques, comme les pesticides, dégagent des perturbateurs endocriniens dans l’environnement qui provoquent une montée du timbre de la voix, en provoquant une perte de testostérone et une augmentation des oestrogènes, en plus d’une puberté précoce chez les filles et une féminisation des garçons.


Tout comme le cannabis, les perturbateurs endocriniens modifient aussi notre gestion de la peur. Se donner un pays demande du courage, autant plus depuis l’isolation de la Catalogne à la suite de son référendum. Le même courage est exigé pour défendre une femme des agressions d’antifas. Mais encore, que penser lorsque l’antifa misogyne présenté dans Censure, antifas et totalitarisme parle avec une voix grave? Nous pourrions croire qu’il a évolué dans un milieu moins contaminé par les perturbateurs endocriniens que le nôtre. Mais encore, nous pourrions ajouter que sa culture serait moins respectueuse des femmes. Que penser cette fois de cette violence gratuite d’antifas devant les caméras de journalistes et de contre-manifestants? Cette conduite démontre que les sujets sont privés de toutes formes d’inhibition et qu’ils se laissent emporter par un sentiment de toute-puissance. L’alcool? La consommation de psycho-stimulant induit ce comportement. Plus précisément le fénéthylline qu’on associe au Captagon du DAECH.


J’ai fait les mêmes remarques dans Censure, antifas et totalitarisme, sans pour autant savoir si la décision de YouTube de limiter l’accès à ma vidéo serait liée à mon analyse. Peu importe, cela ne fait que rehausser l’importance de cette question: est-il possible que Montréal soit le siège de cellules terroristes? Goy George répond dans Le roi des pissous. Le 20 août 2017, Québec a été victime de terroristes. Mais encore, le politicien de l’extrême centre qui peut le mieux confirmer ces propos se nomme Philippe Couillard. Il est un des rares médecins, avec Arthur Porter, à avoir siégé dès le 24 juin 2010 au sein du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) qui veille sur les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Ceux dont la présence au sein du CSARS fut contestée par «Michel Juneau-Katsuya, ex-agent et cadre au SCRS» qui a dénoncé «la dérive du CSARS, qui serait devenu au fil du temps [...] un lieu de «patronage»» (6).


Toujours plus bas


Nous pouvons maintenant descendre vers notre bouche. Je me suis porté à la défense de la vidéo Le roi des pissous car Goy George est pour moi une des rares personnifications québécoises de Socrate (-469--399), le philosophe de cet orifice qui se retrouve sous nos narines. Celui qui croyait que la bouche devait traduire la pensée et les concepts philosophiques et insistait sur le discours dans la foule. Cet art oratoire qui manque sérieusement au Québec.


Socrate fut jugé pour corruption de la jeunesse et choisit pour peine l’empoisonnement à la ciguë. Aujourd’hui, le poison s’étend partout, par la politique de l’extrême centre. Les prêtres de la totalité nous disent que le consensus social impose une restriction de toutes formes de communications qui incitent à la haine, au racisme et à la violence. Ils le font en fermant la bouche. Un refus de discuter et de débattre pour que nous puissions ignorer si la remise en question du droit de parole servirait à faire taire ceux qui nous informent de la vérité.


Vous êtes surpris? Notre histoire enseigne que plusieurs personnes qui ont ouvert leurs bouches pour confronter les bêtises des élites ont été soit tuées, torturées, emprisonnées ou censurées. La même histoire enseigne que ceux qui se taisent deviennent souvent la cible d’un endoctrinement sectaire. Ainsi, lorsque nous croyons  que le chaos du PLQ serait la voie vers la lumière, son chef un «sauveur», nous supportons une société enracinée dans la pensée sectaire de l’extrême centre. Un petit Québec ressemblant à une grosse secte où nous retrouvons le PLQ qui instrumentalise des drames pour nous  rassembler dans la totalité, avec pour disciples des gens qui obéissent aveuglément à des gourous, s’ils sont présentés par un politicien adulé de l’extrême centre. C’est ainsi qu’en mars 2010, près de 200 personnes, dont une vingtaine de journalistes, ont tenté «d'expliquer à des extra-terrestres c'est quoi Québec», elles se sont couchées sur «un tapis pour faire le vide» et «chercher le cerveau reptilien» (paléocortex) (7). Elles l’ont fait en répondant gentiment à la voix basse de Clotaire Rapaille, cet expert en marketing mandaté par le maire de Québec Regis Labeaume, pour trouver l’image de marque de Québec.  


Sept ans plus tard, la Capitale est associée à un nid de racistes par Jaggi Singh. J’adore ce type. Il représente pour moi un exemple fascinant de cette occidentalisation des religions qui apporte un réconfort aux disciples de l’extrême centre.  Ainsi, des hindous croient qu’ils peuvent atteindre l’illumination en faisant monter vers le cerveau une énergie subtile reposant dans le bas de notre corps. Elle se nomme serpent kundalini et une des pratiques pour la faire monter est la sodomie.


Je n’aime pas frayer avec la vulgarité. Mais en même temps, l’histoire démontre que lorsque nous fermons notre bouche, nous finissons immanquablement par ouvrir les deux autres orifices que se retrouvent plus bas. C’est alors que nous devenons des pissous qui arrosent leur dessous à la moindre peur. Des disciples de la totalité s’offrant aux séances de sodomies de l’extrême centre.  Mais encore, nous le faisons en prétextant diverses raisons que nous acquérons par notre vue et notre ouïe. Atteindre l’illumination pour les uns ou placer les bases d’un esprit nouveau qui doit émerger de profondes transformations culturelles, nationales, idéologiques et géopolitiques. Une ambition qui peut se comparer à une croyance religieuse dont le principal dogme est de croire que la totalité ouvrirait les portes d’un monde meilleur.


En optant pour l’abolition des frontières, le QPRIG, les antifas et les contre-manifestants de Québec travaillent à l’éclosion de cette totalité. La Meute, le Storm Alliance et ceux qui critiquent les écarts de conduite de la secte s’y opposent. Et après? Dans L’idéologie du New Age (1996), le philosophe Michel Lacroix écrit que la totalité pave la voie d’un totalitarisme. En politique, c’est le moment où un état sectaire cible des individus indésirables qui empêchent la communauté d’évoluer dans la sphère ultime. Cet indésirable est les mêmes pour le PLQ que pour le QPIRG et les antifas. Il n’est pas exclusivement Goy George ou les autres victimes de la censure, mais toutes les Québécoises et les Québécois qui ont construit leur espace de vie à la sueur de leur front. Ces personnes qui se sont donné cœur et âme pour construire un pays et qui, faute d’écouter les battements de leur coeur à la radio et se voir à la télévision, ont décidé d’utiliser YouTube pour s’exprimer, parfois avec un talent renversant à faire rougir l’élite politique et médiatique.


Je crois que nous devrions tous profiter de cette petite révolution philosophique pour reconnaître une fois pour toutes que nous nous épuisions à nous défendre contre des agressions, alors que la victoire est pour ceux qui se battent. De là, nous pouvons voir que la baisse des intentions de vote de la souveraineté ne peut que cohabiter avec une société qui laisse des imbéciles frapper une dame et battre un patriote. Une société qui préfère se donner bonne conscience au nom d’une totalité qui se transforme en totalitarisme, pour éviter de se retrouver devant sa lâcheté, ses perturbateurs endocriniens et ses voix qu’elle craint comme la peste, quand elle n’a pas celle du gourou. Toujours plus haut, pour descendre toujours plus bas. L’art de passer du lavage de cerveau au lessivage de ses sous-vêtements.


Ouvrez votre bouche pour faire entendre la voix de la radicalisation. Parlez à votre député et à des ministres, écrivez, chantez, plaignez-vous aux médias de la pauvreté du contenu culturel francophone et du manque de rigueur… Si vous avez besoin d’aide, regardez Le roi des pissous (8). La vidéo est maintenant hébergée par Vimeo


(6) http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201303/15/01-4631215-philippe-couillard-au-csars-il-ny-a-absolument-aucun-hasard.php


(7) http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/466472/rapaille-journalistes


(8) https://vimeo.com/235192539


 



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