Confrontations (2/3)

Le chaos de l’extrême centre

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Tribune libre


L’ennemi avance. Ses confrontations multiplient les attaques contre le droit de parole de la minorité québécoise, tout en servant des conglomérats économiques mondiaux qui opèrent un démantèlement de l’État et nous coupent des repaires idéologiques, culturels et sociaux du passé, au nom d’une économie de marché honorée par des extrémistes qui ne sont ni à gauche, ni à droite. Des médiocrates dont la plus grande crainte qu’ils puissent avoir est le réveil du peuple. Pour conséquence, personne ne va chuchoter quelques mots qui pourraient lier les événements de Québec et le Sommet de Montebello du 20 et 21 août 2007. Silence!!! Philippe Couillard l’a dit. Il faut s’abstenir de faire des amalgames. 


Lors du Sommet de Montebello, nous retrouvions trois individus masqués qui ont été apostrophés par des manifestants alors qu’ils s’appétaient à lancer des cailloux à des policiers. Il s’agissait de trois agents à l’emploi de la Sûreté du Québec (SQ), la police provinciale. Une intervention de la SQ qui fut avouée le 24 août suivant. Je ne tente pas ici de vous dire que les antifas sont des copains de la SQ. C’est seulement pour exposer l’exemple de confrontation politique qui suit.


Une enquête publique sur la présence de ces agents provocateurs fut demandée. Les ministres de la Sécurité publique québécois et canadiens de l’époque, Jacques Dupuis et Stockweel Day, n’ont pas obtempéré à la demande. Francis Dupuis-Déri, un enseignant en science politique, a mis la main sur des documents internes de la SQ pour tenter d’expliquer cette ingérence. Est-ce que le pédagogue fut trop téméraire? En mai 2012, le gouvernement de Jean Charest s’est attaqué à Dupuis-Déri en l’associant au mentor de Force étudiante critique, un mouvement radical lié à la CLASSE, et l’a accusé d’être le quasi-responsable de la grève étudiante. Des accusations qui pouvaient nuire à sa carrière, au point que Dupuis-Déri dû se défendre dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir du 12 mai 2012 (3).


YouTube et l’extrême centre


Pourrons-nous un jour découvrir la vérité par le soutien d’une vidéo YouTube? Près de 20,000 personnes ont regardé La vérité sur les Antifas, Jaggi Singh et la Corruption de l’Université Concordia de DMS et le 23 septembre dernier, prés de 5000 vidéophiles avaient vu Le roi des pissous. La même journée, YouTube a censuré la vidéo de Goy George, sous prétexte d’un «contenu haineux» à la suite de plaintes de la communauté antifas selon ses propos tenus dans La Charte des Québécois – partie 1, sa dernière vidéo (4). Cette décision arbitraire m’a amené à pondre la vidéo Censure, antifas et totalitarisme afin de questionner le comportement de YouTube. Quelques heures après l’avoir téléchargé sur le serveur de l’entreprise le 29 septembre, son contenu fut classé «inapproprié ou choquant pour un certain public».


Est-ce que YouTube participe au bal masqué de la confrontation politique en supprimant des œuvres visuelles? Dans le texte YouTube censure-t-elle une internaute française? (5) publié dans le Journal de Montréal du 19 septembre 2016, nous apprenons que l’internaute française Laetitia Nadji «s'est plainte d'avoir reçu des pressions de YouTube pour poser des questions «plus complaisantes» [...] au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker», dans le cadre d’un entretient avec ce dernier organisé par YouTube.


Juncker fut le Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013 et président de l'Eurogroupe de 2005 à 2013. Il fut aussi lié à un scandale économique dévoilé par le Luxembourg Leaks. Un dossier que Laetitia Nadji désirait aborder avec le président de l’Europe. Pour YouTube, Nadji devait éviter de traiter la question des abris fiscaux du Luxembourg pour rendre l’entretien plus respectueux. Respectueux de quoi? De la vérité et de l’information ou de manoeuvres financières amorales qui se multiplient sous les régimes politiques?


Dans le livre Politique de l’extrême centre (2016), le sociologue Alain Deneault associe les politiciens contemporains tels Jean-Claude Juncker à des extrémistes de centre. Des élus qui se fondent dans les assises scabreuses qui multiplient les confrontations contre le peuple, en faisant foisonner les contradictions, les mensonges, les bévues et les lois oppressives. Il ajoute que «l’extrême droite survient comme une prothèse de l’esprit auprès des électeurs las de ces intrications». L’auteur n’excuse pas les extrémistes de droite. Il ne fait que rappeler que la politique de l’extrême centre pousse les gens qui ont des valeurs morales à se radicaliser.


C’est ainsi qu’on en arrive immanquablement à se choquer en observant des gens se faire violenter par des attardés masqués. À questionner les valeurs de l’État, lorsqu’on constate que des personnes racistes, violentes et misogynes peuvent être soutenues par des cotisations d’étudiants. À gémir quand nous voyons la ministre des Relations internationales et de la Francophonie Christine St-Pierre remettre en question la victoire du oui à 90 % du référendum catalan du premier octobre 2017, alors que le PLQ forme un gouvernement majoritaire depuis le 7 avril 2014, sans l’appui de près de 75 % des la population ayant droit de vote. C’est ainsi que le PLQ peut parler de santé et d’environnement, alors que son laxisme a fait grimper le pourcentage des contaminations par néonicotinoïdes à un niveau inégalé en Amérique. Un problème plus que sérieux décrié par la députée française Delphine Bartho qui nous enfonce dans la sixième extinction. C’est ainsi que la politique d’extrême centre permet à un gouvernement actionnaire de faire l’apologie de la transparence et d’interdire aux journalistes d’assister à une assemblée d’actionnaires de Pétrolia qui se donne sous une présence policière rarement vue. C’est ainsi que le premier ministre Philippe Couillard peut condamner les amalgames en même temps qu’instrumentaliser ce qui lui tombe sous la main: le terrorisme, l’islamophobie, les extrémistes de droite, les xénophobes, les racistes, les souverainistes, les péquistes, les adéquistes, etc. 


Cet extrême centre s’invente aussi des concepts douteux, dont celui de l’ordre gouvernemental qui est menacé par le chaos de la peuplade. Bien que cette comparaison fut exploitée par Jean Charest en 2012, pour s’attaquer aux étudiants grévistes, à Pauline Marois et au Parti québécois, elle n’en demeure pas moins une inversion de la réalité. Sous le régime du PLQ, tous les ministères sont devenus chaotiques, du Transport, à l’Éducation en passant par la Santé, la Culture, l’Environnement, la Justice et la Francophonie. Et si le nombre de droitistes est en croissance, c’est en réaction à un besoin pressant d’ordre qui ne peut être pris à la légère. Dans le cas de la manifestation du 20 août, la confrontation politique de l’extrême centre a presque abouti à des homicides perpétrés par des antifas.


Quels antifas? Nous ne sommes plus au Sommet de Montebello de 2007. Dans mon cas, lorsque j’ai regardé Le roi des pissous je n’ai pu éviter de comparer les antifas qui courraient dans les rues de Québec aux terroristes islamistes gambadant dans Paris lors des attentats du 7 janvier 2015 visant l’équipe du  magazine Charlie Hebdo. La propagande nous pousse aussi de plus en plus à relativiser le sort des victimes. C’est ainsi qu’en janvier 2015, nous retrouvions à Paris des personnes qui excusaient le massacre en disant que les victimes l’avaient bien mérité. Au Québec, le traitement médiatique et politique de l’intervention armé du 29 janvier 2017 au Centre culturel islamique de Québec par Alexandre Bissonnette (et un complice?) profite à la même réaction. Éviter de trop mettre l’emphase sur les victimes du 20 août. Se dire qu’elles l’ont bien méritées dans l’espoir que le racisme systémique du Dr Jekyll puisse se transformer en terrorisme de Mr Hyde au nom de la loi de talion.


Rien de surprenant, puisque l’extrême centre aime marchander l’humain. Cela lui donne le droit de décider de la valeur de groupes par rapport à d’autres. Qui va à l’abattoir et qui reste dans l’enclos? Au Canada, on s’est gavé de Canadiens français. Au Québec, le PLQ offre du Québécois aux amateurs de viande fraîche. Par contre, nous sommes moins enclins à accepter l’idée que cela se fasse en fonction de la religion. C’est pourtant le cas. La Constitution de 1982 oblige les accommodements religieux et un point tel que les confrontations obligent de profondes transformations religieuses qui font ressembler les disciples de l’extrême centre à des membres d’une secte universaliste qui contemplent des trous pour les remplir de vide.     


(3) http://www.ledevoir.com/societe/education/350142/l-autonomie-de-force-etudiante-critique


(4) https://www.youtube.com/watch?v=_TNg85kWi6E


(5) http://www.tvanouvelles.ca/2016/09/19/YouTube-censure-t-elle-une-internaute-francaise


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