Claude Garcia riposte à la lettre de Lucien Gendron

Gouvernement mondial



[Selon M. Lucien Gendron,->18203] du Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA), il est malavisé de s'interroger sur la performance financière d'Hydro-Québec et de la mettre en concurrence avec d'autres entreprises pour aménager des centrales hydroélectriques.
Ma proposition a comme objectif de réduire rapidement les coûts. Hydro-Québec dépasse de 26% ses budgets pour l'aménagement de barrages. Le coût par mégawatt dépasse parfois le double du coût de centrales construites par le secteur privé. Québec a procédé par appel de propositions pour la construction des éoliennes. Pourquoi ne pas en faire autant pour les centrales?
Hypothèse
M. Gendron laisse également entendre que ma proposition ne tient pas compte de l'existence de toutes les entreprises qui oeuvrent à la transformation de l'aluminium. Il oublie une étude réalisée pour le compte de l'industrie canadienne de l'aluminium qui conclut que la grappe de l'aluminium, au Québec, représente une valeur ajoutée de près de 2 G$ par année, qui comprennent donc les retombées de toute l'industrie de l'aluminium, incluant les 600 M$ mentionnés par M. Gendron.

Par ailleurs, mon étude démontre que la production québécoise d'aluminium a fait perdre 2,6 G$ de revenus à Hydro-Québec, en 2005. Cette estimation repose sur l'hypothèse que l'électricité requise pour produire cet aluminium aurait été vendue aux États-Unis et dans les provinces voisines au prix moyen de 9,6¢ obtenu en 2005 par Hydro-Québec pour ses exportations. On sait que 95% de cette production a été exportée; près de 60% de ces exportations est constitué de métal peu ou pas transformé. L'industrie de l'aluminium a donc exporté plus de 95% des 39 TWh d'électricité utilisés en 2005 sous forme de lingots d'aluminium ou d'aluminium transformé. Hydro-Québec a obtenu seulement 3¢ le kWh pour toute cette électricité. Donc, ce qui coûte 2,6 G$ aux Québécois génère 2 G$. Faites la soustraction: le résultat n'est pas un profit, mais une perte.
Diminution
Qui bénéficie de ces subventions à l'exportation? Ce sont les États-Unis qui ont acheté, en 2005, environ 90% des exportations canadiennes d'aluminium. La capacité de production québécoise d'aluminium a plus que doublé, de 1990 à 2005. L'industrie canadienne de l'aluminium affirmait, en 2005, que sa production a diminué de près de 30% aux États-Unis au cours des dix dernières années. On voit que les Américains ont remplacé leur production d'aluminium par des importations du même métal en provenance du Québec. Cela s'est produit depuis la déréglementation des prix du marché de l'électricité aux États-Unis. Les Américains ont compris qu'il est plus rentable, pour eux, d'utiliser leur électricité à d'autres fins que de produire de l'aluminium. Pourquoi le Québec ne pourrait-il pas en faire autant?
M. Gendron conteste mon affirmation, à savoir que la présence des alumineries dans certaines régions du Québec a un effet pervers sur leur développement économique. Comment expliquer, alors, que le Saguenay-Lac-Saint-Jean ait eu un taux de chômage de 9,1% en 2007 malgré la présence de quatre alumineries, tandis que ce taux était de 8,9% au Bas-Saint-Laurent, une région qui ne compte aucune aluminerie?
Subventions
Les alumineries offrent des salaires qui excèdent de plus de 45% le salaire manufacturier moyen au Québec. Elles représentent un concurrent redoutable pour tout entrepreneur qui souhaite établir son entreprise dans le voisinage d'une aluminerie. S'il ne paie pas les mêmes salaires, il s'expose à perdre de temps à autre de bons employés qu'il aura formés. S'il accepte de payer des salaires qui se rapprochent de ceux de l'aluminerie, son entreprise ne sera probablement pas rentable; contrairement à l'industrie de l'aluminium, il ne bénéficie pas de subventions sur le coût de son intrant le plus important. Il serait plus rentable pour le Québec de consacrer une partie de la valeur de ces subventions à la formation et à la mobilité de la main-d'oeuvre des régions concernées
Le Québec a une situation géographique enviable pour exporter son électricité, qui a pris beaucoup de valeur depuis la libéralisation du marché nord-américain il y a une quinzaine d'années. Le tarif résidentiel moyen, qui est de 6,7¢ pour les clients d'Hydro-Québec, est déjà de 11,4¢ à Toronto tandis qu'il est de 22¢ et 23¢ à Boston et à New York, respectivement. Pourquoi continuer à vendre notre électricité à 3¢ le kWh aux alumineries quand on peut facilement obtenir trois fois plus en l'exportant?
Claude Garcia
administrateur de sociétés
Montréal

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Claude Garcia, président de la Commission politique de l'Action démocratique du Québec

Administrateur de sociétés

Au cours de sa carrière, M. Garcia a présidé les activités canadiennes de la société d'assurance Standard Life entre 1993 et 2004. Pendant son mandat, il s'est fait remarquer pour une déclaration publique controversée durant la campagne du référendum de 1995. Devant des partisans fédéralistes, le 24 septembre 1995, M. Garcia déclare de ses adversaires souverainistes : « il ne faut pas gagner, le 30 octobre, il faut les écraser ». Les propos de M. Garcia suscitent une vive polémique dans la classe politique et une manifestation à l'Université du Québec à Montréal, où il siège au conseil d'administration[1].

Il a ensuite occupé un poste de membre du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec entre 2004 et 2009. Il était le président du comité de vérification de la caisse, en 2008, alors que l'organisme responsable de la gestion des fonds de retraite publics québécois a enregistré la plus importante perte financière de son histoire. Il a démissionné de son poste en mars 2009 après avoir été informé que son mandat ne serait pas renouvelé par la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget[2].

Privatisation d'Hydro-Québec

M. Garcia est, avec l'économiste Marcel Boyer, l'un des principaux promoteurs de l'idée de privatiser la société d'État d'Hydro-Québec. Il a rédigé plusieurs articles et rapports prônant les mérites de cette idée dans les journaux. En 2007 et 2009 il a rédigé deux rapports, publiés par l'Institut économique de Montréal, un think tank néo-libéral, où il dénonce le manque de rigueur de gestion de l'entreprise publique et l'attrait que représente la privatisation, faisant valoir que la vente de capital-action dans l'entreprise permettrait au gouvernement du Québec de payer une partie de sa dette[3],[4].

[http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Garcia->http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Garcia]
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