Ce 26 Août 1977 adoption de la Charte de la Langue française

par l'Assemblée Nationale du Québec, appelée aussi loi 101

Chronique de Marie-Hélène Morot-Sir

Elle avait été proposée sous le gouvernement de René Levesque.
Elle fait du français la langue officielle du travail, de l’enseignement, du commerce et des affaires.
Préambule de la Charte de la langue Française :

“ La langue distincte d’un peuple majoritairement francophone, la langue française permet au peuple québécois d’exprimer son identité. L’Assemblée nationale reconnaît la volonté des Québécois d’assurer la qualité et le rayonnement de la langue française.”

Les Français arrivés de France pour bâtir la Nouvelle France au 17ème siècle, s’ils ont cette diversité linguistique qui est celle du Royaume de France de cette époque lointaine, vont très rapidement, et beaucoup plus rapidement que sur le sol de leur mère patrie, employer la langue française. Cette langue française était une des langues régionales de la France, c’était celle de la région de l’île de France.. elle deviendra la langue nationale par la suite, imposée par François 1er même si chacun continuait à parler sa propre langue régionale chez lui.. ce qui perdurera longtemps.. cf l’article de Vigile du 13 juillet dernier “ C’est une longue et belle Histoire celle de notre langue française”
Cette fusion linguistique a eu lieu facilement parce que près de 90 % des Français venaient de régions du Nord de la France ou du Nord Ouest c’est à dire qu’ils parlaient déjà des langues régionales de langue d’oïl qui se rapprochaient beaucoup du français d’Ile de France. mais surtout la langue française leur permettait à tous de se comprendre..
Il a été observé que plus de la moitié des Français avaient reçu une instruction puisqu’ils savaient signer les actes officiels, plus d’un tiers exerçait un métier impliquant une bonne connaissance du Français.
Les visiteurs venus au cours du régime Français, sont tous unanimes, ils ont tous écrit que les Français du Canada parlaient parfaitement le français.
Ainsi Charlevoix en 1720 au cours de son voyage officiel écrira :” Nulle part ailleurs on ne parle aussi purement notre langue, on ne remarque même ici aucun accent”
Montcalm lui-même en 1756 dans son journal “ les paysans parlent eux aussi très bien français “
Bougainville en 1757 “ les Canadiens parlent avec aisance , leur accent est aussi bon qu’à Paris ..
Ainsi nous pourrions en citer encore et encore..
C’est intéressant également d’observer pourquoi, si les Français au Canada parlaient exactement comme les Français de la région parisienne, on a pu constater par la suite des différences avec les Français de France, ce sont ces derniers qui ont légèrement divergé dans leur prononciation.. Cela s’est en effet passé juste après la révolution française .. mais c’est encore une autre intéressante histoire ..
Ce bel essor va connaître une rupture avec le traité de Paris de 1763, le français perdra son statut de langue royale même si par la suite l’Acte de Québec en 1774 va lui redonner un statut juridique.
Dès 1789 le rêve des Britanniques est d’angliciser au plus vite le bas Canada ainsi Hugh Finlay écrit “ que les maîtres d’école soient Anglais si nous voulons faire des Anglais de ces canadiens !”
En 1831 “ le Canadien” journal francophone lancé par Etienne Parent a pour devise “ Nos institutions, notre langue, nos lois !”
En 1839 Lord Durham et son impitoyable rapport, dans lequel au sujet de la langue il note :” la langue les lois et les caractères du continent Nord Américain sont en .. anglais ! toutes autres races que la race anglaise apparaît en état d’infériorité, il faut en faire des provinces anglaises ! “
Tous ces efforts resteront vains et cela jusqu’ici, devant la ténacité et le remarquable courage dont feront preuve les locuteurs français sur cette terre québécoise.
Au 19ème siècle tous seront surpris du mépris affiché par certains anglo saxons jugeant le français “ canadien french patois” en opposition au français de France en général, et de Paris en particulier . Pourtant cela n’a aucun sens de parler de “patois”, puisque les Français qui étaient venus au en Nouvelle France ne parlaient pas du tout patois, ainsi que nous l’avons vu !
Devraient-ils alors se moquer à leur tour des Anglais du Canada ou de ceux de ces nouveaux états-unis d’Amérique, en se demandant s’ils ont eux aussi, pour leur part, la prétention de parler l’anglais de Londres, ou des universités de Cambridge ou peut-être d’Oxford?.. Sans jamais oublier, que cette langue anglaise s’est construite au départ autour de 50% de mots issus du français ..
Ces jugements anglo saxons préétablis vont néanmoins servir à remettre véritablement en question, la langue française au Québec, à s’interroger sérieusement sur sa qualité , savoir si la langue ne s’est pas trop déstructurée, influencée par le bilinguisme ambiant, de pouvoir regarder aussi de plus près les tournures incorrectes, tout cela dans le but non seulement d’améliorer la langue, mais de freiner largement l’anglicisation pure et simple .
A partir de 1960 elle ne sera pas l’apanage des seuls Canadiens français mais de tous les Québécois .
Quant au joual employé pour démontrer la contestation de l’ordre établi, pour se démarquer du français de France, il est truffé d’anglicismes et de tournures incorrectes, ainsi que d’archaïsmes, c'est pourquoi pour un grand nombre de Québécois, ce joual est condamné à rester isolé, il ne peut en effet permettre de communiquer avec les autres francophones dans le monde. Jean-Paul Desbien dira du Joual “c’est aller vers l’impasse de l’expression “
Ainsi on se tournera davantage vers une meilleure façon de parler. S’il faut parler correctement le français, on admet alors que la langue française peut avoir des caractères propres au Québec, comme elle en a en Belgique, au Sénégal, aux Antilles Françaises ou .. en Provence !
En 1867 la langue française obtient pour la première fois un statut officiel, lors de l’établissement de la confédération, à égalité avec l'’anglais, même si pourtant ces deux langues ne disposent pas du même poids, on est bien loin de parler anglais et français d’un océan à l’autre ! Au Québec il est admis qu’on puisse parler le français, mais dans le Rest of canada seul l’anglais est de rigueur, à part quelques petites enclaves francophones en dehors du Québec..

Le Canada se veut un pays de langue anglaise.
De 1850 à 1960 la population québécoise va considérablement augmenter grâce à la revanche des berceaux, elle passera de 900.000 à plus de cinq millions, cela permettra d’ancrer, pour de bon, le français sur la terre québécoise.
Pierre E.Trudeau premier ministre fédéral impose le 7 septembre 1969 la loi sur les deux langues officielles pour tout le Canada mais en 1974 la réponse à Pierre E. Trudeau va se faire grâce au gouvernement de R. Bourassa qui adopte la loi 22 faisant ainsi du français la seule langue officielle du Québec.
Quant à la loi suivante, la loi 101 elle sera beaucoup plus ambitieuse que cette loi 22, non seulement elle va la renforcer mais elle accroît et renforce le statut de la langue française, elle contribuera en même temps à une refrancisation du Québec, étouffé par deux cents ans de colonialisme britannique..
Camille Laurin, ministre alors de la culture, pour mettre en œuvre cette Charte, va instituer non seulement l’Office de la langue française, mais aussi instaurer une commission de toponymie, ainsi qu’une commission de surveillance et d’enquêtes, avec un Conseil de la langue française. L’Office doit permettre de normaliser les termes et les expressions.
C’est ainsi qu’en avril 1977 l’Assemblée nationale du Québec prend acte du constat établi par le livre blanc sur la politique de la langue française que le ministre Camille Laurin rend alors public, fondé sur les commissions Parent, laurendeau-Dunton et Gendron, mais aussi sur l’Office de la langue française. La conclusion démontre que la situation de la langue est totalement inacceptable et sur plusieurs points..
- La nécessité de redresser la situation avec les autres langues parlées.
- l’évolution démographique laisse entrevoir une baisse des Québécois francophones ce qui s’observe depuis 1951 alors que dans le même temps une fort tendance d’arrivées d’immigrants, ces derniers non seulement s’intègrent davantage à la communauté anglophone mais leurs enfants fréquentent les écoles anglaises.
- Dans les entreprises le français se trouve cantonné dans les plus petits emplois et donc aux plus faibles revenus, alors que l’anglais est la langue des affaires.
- Un grand nombre de Québécois sont insatisfaits de la qualité de leur français.
- il est bien entendu largement reconnu qu’il est important d’apprendre d’autres langues, et de respecter les minorités et leurs cultures.

Au cours des années 90 le bilinguisme réapparaît au travail, ainsi que l’usage exclusif de l’anglais dans plusieurs nouveaux secteurs , des secteurs qui n’existaient pas auparavant, que ce soit dans l’industrie ou dans les hautes technologie.
Ainsi que l’a déjà écrit Simon Girard en 2007 :” Cette charte de la langue française est un bel arbre que nous avons planté mais qui depuis a été cisaillé de toutes parts [...] Pour assurer la pérennité du fait français dans ce coin d’Amérique du Nord, il faut rétablir la loi 101 dans toute son intégrité exactement comme elle l’était lors de son adoption ce 26 août 1977”

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Marie-Hélène Morot-Sir130 articles

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Auteur de livres historiques : 1608-2008 Quatre cents hivers, autant d’étés ; Le lys, la rose et la feuille d’érable ; Au cœur de la Nouvelle France - tome I - De Champlain à la grand paix de Montréal ; Au cœur de la Nouvelle France - tome II - Des bords du Saint Laurent au golfe du Mexique ; Au cœur de la Nouvelle France - tome III - Les Amérindiens, ce peuple libre autrefois, qu'est-il devenu? ; Le Canada de A à Z au temps de la Nouvelle France ; De lettres en lettres, année 1912 ; De lettres en lettres, année 1925 ; Un vent étranger souffla sur le Nistakinan août 2018.





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8 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    M. Claude Jean a raison d'identifier clairement le pénible cheminement de la loi 101 à l'intérieur même du Parti Québécois, dont l'article no 1 fut jadis de faire l'indépendance du Québec, seul moyen de préserver le français en Amérique. Il donne aussi justement le crédit au docteur psychiatre (c'a son importance au Québec) Camille Laurin qui réussit, par son opiniâtreté, a vaincre la farouche résistance de René Lévesque, né bilingue et américanophile avoué, qui craignait de froisser le Montreal West Island, bailleur de fonds reconnu de tous les gouvernements du Québec.
    Jean-Claude Picard, 2003, « Camille Laurin, l'homme debout »; Éditions Boréal, 568 p.
    Fait à signaler, c'est en marchant sur les traces du docteur Laurin* que M. Pierre Curzi en est venu à ce point de dissidence de sa cheffe, qui proposa, dans un autre moment de distraction, d'enseigner l'Histoire en anglais.(Don't be inquiets)
    *(quoique sans le débit oratoire soporifique de Laurin: durant son discours fleuve de proclamation de la Charte, Lévesque baillait et sortit fumer)

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    Date de diffusion : 26 août 1977
    Le 26 août 1977 est adoptée la Charte de la langue française, communément appelée « loi 101 ». Plus qu'une simple loi, elle apparaît comme un véritable projet de société, un acte d'affirmation linguistique et identitaire sans précédent dans l'histoire du Québec.
    Le journaliste Gabi Drouin rappelle les grandes étapes qui ont précédé son adoption depuis la publication, le 1er avril 1977, du livre blanc de Camille Laurin intitulé La politique québécoise de la langue française.
    Au lendemain de l'élection du Parti québécois, le 15 novembre 1976, René Lévesque confie à son ministre d'État au développement culturel, Camille Laurin, le mandat de revoir un héritage très controversé du gouvernement Bourassa, la Loi sur la langue officielle.
    Après réflexion, Camille Laurin conclut à l'impossibilité de la tâche, car il aurait fallu, selon ses termes, « remettre la loi sur les pieds alors qu'elle marchait sur la tête ». Il s'attelle donc à l'élaboration d'une nouvelle politique linguistique, davantage conforme aux aspirations de la majorité francophone.
    Fervent nationaliste, ardent défenseur de la langue française, fin observateur de la société québécoise, Camille Laurin accorde une grande importance à l'œuvre qu'il se prépare à accomplir. Il veut redonner la fierté d'une langue commune à tous les Québécois, prédominante dans toutes les sphères de la société, outil qui mènera vers l'acte ultime, l'indépendance du Québec.
    En février 1977, il soumet une première version de son livre blanc au cabinet des ministres. Le texte rallie la majorité d'entre eux, mais en inquiète d'autres, dont René Lévesque.
    René Lévesque ne réclamait que des modifications à la Loi sur la langue officielle. Le voilà devant une politique linguistique plus coercitive et radicale que jamais.
    Il retarde la publication du livre blanc, craignant que certaines dispositions, notamment sur le plan des droits des minorités, n'entraînent une fracture irréparable au sein de la société québécoise. Quelques amendements sont apportés, mais sur le fond, Camille Laurin reste imperturbable. À la fin de mars 1977, René Lévesque autorise finalement la publication du livre blanc.
    Pour en savoir plus consulter le lien suivant:
    http://archives.radio-canada.ca/c_est_arrive_le/08/26/
    Je me souviens!

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    L'Équipe du Trésor de la langue française au Québec a été constituée dans les années 1970 dans le but de créer une infrastructure scientifique pour la recherche sur l'histoire du français québécois et son usage actuel. Son travail s'inscrit dans une tradition d'étude où la langue est considérée comme un bien patrimonial. L'équipe a réuni un fonds documentaire très riche sur lequel s'appuie son Dictionnaire historique du français québécois et auquel elle donne accès sur son site Internet.
    Pour en savoir plus consulter le lien suivant:
    http://www.tlfq.ulaval.ca/
    Soyons fier de notre langue française. La langue de notre Nation française en Amérique!

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    •Jérôme Houard
    Il est communément établi que le français parlé en France métropolitaine et le français parlé au Québec ne sont pas les mêmes. Ce que l’on connaît moins, en revanche, ce sont les mécanismes qui ont amené les deux langues à se distinguer si franchement l’une de l’autre.
    Au Québec, certains voudraient croire que leur langue est celle que l’on parlait à la cour de Louis XIV; alors qu’en France, on trouve encore des gens persuadés que le français apporté en Nouvelle-France par les premiers colons était une langue académique, pour ainsi dire pure, que le temps et l’influence de l’envahisseur anglais auraient détériorée.
    Pour départager ces deux exagérations, nous avons appelé Claude Poirier, directeur du Trésor de la langue française au Québec (TLFQ).
    Parlant de la langue des premiers colons, M. Poirier commence par rappeler à quel point le français de l’époque était régionalisé. La seule langue alors qui transcendait les frontières régionales entre les patois et les dialectes locaux était le français parlé en Île-de-France. Dans sa variété populaire, il servait de langue passe-partout aux petits commerçants, artisans et ouvriers qui parcouraient l’hexagone pour échanger leurs produits. Or, les premiers colons de la Nouvelle-France ayant été recrutés dans ce milieu, c’est cette langue passe-partout qu’ils ont importée. D’ailleurs, les documents d’époque étudiés par l’équipe du TLFQ (inventaires de biens, correspondances, contrats…etc.) permettent à M. Poirier d’écrire qu’à la fin du 17ème et au début du 18ème siècle « la langue la plus usuelle en Nouvelle France était le français populaire de l’Île-de-France, fortement marqué, notamment dans son lexique et sa phonétique, par des usages dialectaux du Nord-Ouest, de l’Ouest, et du Centre de la France ». C’est-à-dire, les premiers foyers de migration.
    La langue des premiers colons n’était donc ni celle du Roi Soleil, ni celle de l’Académie française. Bien. Et après?
    Après, apparaissent en France les premiers grammairiens et leurs oukases. «Le français, écrit Claude Poirier, a été apporté dans le Nouveau Monde juste avant le grand ménage que l’élite parisienne a fait subir à la langue à partir de François de Malherbe et de la création de l’Académie française (1635). C’est la première cause des différences que l’on observe de nos jours entre le français de France et les français d’Amérique du Nord. Les mots jugés populaires ou régionaux ont été écartés sans ménagement à Paris au moment où l’on a défini le "bon usage" de la cour du roi.»
    Ainsi, un grand nombre de mots que l’on prend aujourd’hui pour des québécismes (pogner, graffigner, mouillasser, ou encore garrocher, pour ne citer que ceux-là) sont en réalité des termes importés de France juste avant leur bannissement progressif du vocabulaire hexagonal.
    Tandis qu’au Québec, explique Claude Poirier, la langue évolue peu et lorsqu’elle évolue, c’est à partir de ses tendances propres. Citant le linguiste québécois Adjutor Rivard (1868-1945), il écrit que «dès le 18e siècle, l’évolution [de la langue] était en grande partie accomplie», et que le parler québécois «avait déjà acquis son uniformité». Il ajoute que, lors de ses nombreux dépouillements, la plupart des «écarts» relevés entre le parler de Nouvelle-France et le français académique «continuent de vivre en québécois actuel».
    Autrement dit, les emprunts (majoritairement des américanismes et des anglicismes) n’ont pas suffi à modifier de manière significative la physionomie de la langue (au sujet des anglicismes, M. Poirier précise que ces derniers, bien que récurrents, sont en réalité assez peu nombreux dans la langue quotidienne). Pas plus que les néologismes ou les mots oubliés (pour la plupart disparus en même temps que la réalité qu’ils désignaient) n’ont notablement enrichi ou appauvri le lexique québécois.
    Mais alors? Est-ce à dire que le français québécois est plus proche du français du 17ème siècle que le français qu'on entend en France de nos jours? Le linguiste est tenté de répondre «oui». Avec toutes les précautions déjà évoquées, mais «oui» quand-même.
    Et pour preuve, il rapporte cette anecdote, survenue dans les années 80, alors qu’il assistait, en France, à une représentation du Dom Juan de Molière (1665) avec son fils. «Lorsqu’à l’ouverture du deuxième acte, les paysans Pierrot et Charlotte sont entrés en scène, l’un des camarades français de mon fils s’est exclamé "ils parlent comme des Québécois"», se souvient-il. Et c’est vrai qu’à relire le passage en question, on lui trouve comme un air de «déjà entendu».
    Il faut se réjouir; la langue fleurie des Rabelais, Montaigne, et autres Molière a encore des héritiers. Mais il faut voir la vérité en face: ils sont Québécois.
    P.S: Merci infiniment à Claude Poirier. Pour plus d'informations sur la question, voir cette page sur le site du TLFQ, qui rassemble quelques-unes de ses publications
    http://quebec.blogs.liberation.fr/montreal/2011/03/au-commencement-était-le-verbe.html
    Hommage à notre langue française!

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE
    Le 26 août 1977, à la suite d'une longue et laborieuse commission parlementaire, est sanctionnée la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de « loi 101 ». Première loi linguistique à caractère obligatoire, elle reprend plusieurs éléments de la « loi 22 », dont elle accroît la portée, et renforce de façon substantielle le statut de la langue française au Québec.
    Pour sa mise en œuvre, la Charte institue, outre l'Office de la langue française*, la Commission de toponymie**, la Commission de surveillance et des enquêtes et le Conseil de la langue française.
    La Charte confie à l'Office le soin de définir et de conduire la politique québécoise en matière de recherche linguistique et terminologique et de veiller à ce que le français devienne, le plus tôt possible, « la langue des communications, du travail, du commerce et des affaires dans l'Administration et dans les entreprises ». L'Office doit de plus normaliser les termes et expressions qu'il approuve.
    La Charte énonce solennellement les droits linguistiques fondamentaux. Elle fait du français la langue officielle de l'État québécois, de l'Assemblée nationale, des tribunaux et de l'Administration, et la langue exclusive dans la rédaction des lois du Québec, dans l'affichage public et dans la publicité commerciale. En matière de langue d'enseignement, obligation est faite aux immigrants de fréquenter l'école française.
    Les entreprises de 50 employés ou plus doivent adopter un programme de francisation avec la collaboration et sous le contrôle de l'Office, et un comité de francisation sera créé dans les entreprises de plus de 100 employés. Les conventions collectives, ainsi que les raisons sociales doivent être en langue française. Sauf exception, seules les personnes ayant de la langue officielle une connaissance appropriée à l'exercice de leur profession peuvent se voir délivrer un permis par un ordre professionnel.
    La contestation judiciaire marquera la vie de la Charte de la langue française. Au fil des ans, certaines dispositions seront invalidées, notamment l'unilinguisme français des lois et règlements ainsi que de l'affichage public et de la publicité commerciale. Des dispositions sur la langue d'enseignement seront également contestées.

    *Créé en 1961, l'Office avait été remplacé en 1974 par la Régie de la langue française.
    **La Commission de toponymie a pris le relais de la Commission de géographie, instituée en 1912.

    CORBEIL, Jean-Claude. L'embarras des langues – Origines, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec Amérique, 2007, 548 p.
    ROCHER, Guy. « Les dilemmes identitaires à l'origine de l'engendrement de la Charte de la langue française », Revue d'aménagement linguistique, Hors série, automne 2002, p. 17-25.
    http://www.oqlf.gouv.qc.ca/50ans/html/50_index.html

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    MONTRÉAL, le 13 juin 2011 /CNW Telbec/ - La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Mme Christine St-Pierre, et la présidente-directrice générale de l'Office québécois de la langue française et présidente de la Commission de toponymie, Mme Louise Marchand, ont procédé aujourd'hui à l'inauguration d'un buste en bronze de Camille Laurin, dans le parc adjacent à l'édifice qui porte son nom et qui abrite les bureaux de l'Office. Une centaine de personnes étaient réunies pour honorer de façon tangible la mémoire de celui que la population québécoise appelle « le père de la loi 101 ». La cérémonie s'est déroulée en présence de Mme Francine Castonguay, veuve de Camille Laurin, de son frère cadet, M. Pierre Laurin, ainsi que de plusieurs membres de la famille. Étaient aussi présents M. Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, des membres de l'Assemblée nationale, dont M. Maka Kotto, député de Bourget, qui représentait la chef de l'opposition officielle, ainsi que des membres de la Chambre des Communes, dont Mme Maria Mourani, députée d'Ahuntsic.
    Au cours de son allocution, la ministre a souligné l'importance de la Charte de la langue française, clef de voûte de l'œuvre de Camille Laurin. Ce dernier, a-t-elle affirmé, « a contribué à définir la langue française comme véritable fondement de la société québécoise. Il a fait adopter la Charte pour garantir la pérennité de notre langue, et ainsi de notre culture, dans un esprit de tolérance et d'ouverture aux autres. C'est dans cette perspective que le gouvernement du Québec entend poursuivre l'objectif de faire du français la langue de la cohésion sociale ».
    Pour sa part, Mme Louise Marchand a rappelé les liens historiques qui unissent les organismes qu'elle dirige et le grand artisan de la Charte de la langue française. « Les principes qui sous-tendent cette loi fondamentale ont donné une impulsion décisive aux grandes missions de l'Office et de la Commission », a indiqué la présidente-directrice générale, soulignant que l'Office québécois de la langue française célébrait cette année son cinquantième anniversaire.
    C'est dans la foulée du dixième anniversaire du décès de l'homme politique, souligné le 11 mars 2009, que le Fonds commémoratif Camille-Laurin, créé par Mme Castonguay, a mené une campagne afin de recueillir le financement nécessaire à la conception d'un buste commémoratif, dont la réalisation a été confiée à Léonard Simard, sculpteur de Roberval. Sur la plaque de bronze qui accompagne le monument est gravée l'une des citations les plus connues de l'homme d'État : « La langue est le fondement même d'un peuple, ce par quoi il se reconnaît et il est reconnu, qui s'enracine dans son être et lui permet d'exprimer son identité. » Le Fonds a offert le monument à l'État québécois afin qu'il soit érigé dans le parc adjacent à l'édifice Camille-Laurin.
    L'Office québécois de la langue française a pour mandat de veiller à ce que le français soit la langue normale et habituelle du travail, des communications, du commerce, des affaires et de l'Administration. Il enrichit la terminologie et offre des outils et des services linguistiques. L'Office assure le respect de la Charte de la langue française et surveille la situation linguistique du Québec.
    http://209.171.32.187/gouvqc/communiques/ME/Juin2011/13/c5298.html

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    26 août 1977]
    Le gouvernement du Parti québécois dirigé par René Lévesque fait adopter la Loi 101 par l'Assemblée nationale. Cette loi, aussi appelée Charte de la langue française, vise à assurer la primauté du français au Québec, à la fois dans l'affichage, l'enseignement et en milieu de travail.
    Lorsque le Parti québécois (PQ) arrive au pouvoir, en 1976, une de ses priorités est d'adopter une loi qui ira plus loin que celles de ses prédécesseurs dans la défense de la langue française. Par sa Loi 101, le PQ fait donc du français la langue officielle du système judiciaire. Cette loi exige également que l'affichage et les autres formes de publicités commerciales ne se fassent qu'en français. Dans le domaine de l'enseignement, tous les enfants doivent fréquenter les écoles primaires et secondaires françaises, sauf ceux dont au moins un des deux parents a fait ses études primaires et secondaires en anglais au Québec. Ceux-là peuvent fréquenter les écoles anglaises. Enfin, la Loi 101 affirme la primauté du français en milieu de travail. L'adoption de cette loi par l'Assemblée nationale, le 26 août 1977, 54 voix contre 32, met fin à un long débat. Ce moment est souligné par une ovation qui est dirigée particulièrement à l'endroit du ministre d'État au Développement culturel, et architecte de la loi, Camille Laurin. Laurin écrira quelques années plus tard : «Il ne faisait pas de doute pour moi que le Québec majoritairement français, ne pouvait avoir qu'une seule langue officielle, commune à tous ses habitants, langue de la communication et de la cohésion sociale, langue d'usage de l'administration et de toutes les institutions qui en dépendent, langue de la vie collective, milieu de vie où se meurent avec aisance et bien-être ceux qui l'utilisent pour atteindre à leur plein développement sur tous les plans.» Le patronat, ainsi qu'Alliance-Québec, un groupe de pression qui défend les intérêts des anglophones du Québec, contesteront certaines dispositions de la Loi 101 devant les tribunaux. Avec le temps, la Cour suprême du Canada entérinera le jugement de la Cour supérieure du Québec qui déclare invalide le chapitre de la Loi 101 proclamant le français «langue de la législation et de la justice». En 1984, la Cour suprême limitera la Loi 101 dans le domaine de l'enseignement puisqu'elle va à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés. Bref, la politique adoptée par le PQ en 1977 restera pendant longtemps l'objet de débats très passionnés.
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    En référence: La Presse, 27 août 1977, p.1 et A2. Conseil de la langue française, Le français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie, Québec, Publications du Québec et Fides, 2000, p.277-300. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.553-554.
    En complément: Vers une charte de la langue française au Québec : recueil de textes sur le Livre blanc et le projet de loi no 1 , Montréal, Le Devoir, 1977, 128 p. Pierre Godin, René Lévesque : (tome III) l'espoir et le chagrin, 1976-1980, Montréal, Boréal, 1996. Graham Fraser, Le Parti québécois, Montréal, Libre Expression, 1984, 432 pages.
    http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/2832.html

  • Archives de Vigile Répondre

    26 août 2011

    Le texte intégral de la Charte de la langue française est accessible sur le site Web des Publications du Québec. Ce document a valeur officielle.
    Pour le consulter, cliquez sur l'hyperlien ci-dessous :
    Charte de la langue française
    http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_11/C11.html