Cannabis: Hydropothecary, producteur privilégié de la SAQ pour cinq ans

A6c540419ede5eae06c17bcc2c3123e3

Le cartel libéral de la marijuana financé par l'État du Québec


Hydropothecary, le plus important producteur de cannabis au Québec, aura un statut de producteur privilégié de la SAQ pour les cinq prochaines années et lui fournira environ 200 000 kg de pot.


Le producteur a révélé mercredi matin les détails de son contrat avec la SAQ afin d’approvisionner la future Société québécoise de cannabis (SQDC). Une lettre d’intention avait déjà été signée et annoncée en février.


«Le contrat précise que nous sommes le producteur préféré de la SAQ, a expliqué au Journal Sébastien St-Louis, PDG d'Hydropothecary. Et nous sommes les seuls à avoir une entente de cinq ans.» Une option de prolongation pour la sixième année est par ailleurs inscrite au contrat.


Hydropothecary estime la valeur de ce contrat à 1 milliard de dollars.


Le producteur fournira 20 000 kg de cannabis la première année, puis 35 000 kg la suivante et 45 000 kg la troisième année. Pour les quatrième et cinquième années, des quantités de 49 000 kg et 54 000 kg sont prévues, mais les volumes seront déterminés en fonction des ventes des années précédentes.


La SAQ peut rompre l’entente dans certaines circonstances.


Cinq autres entreprises ont signé des ententes avec la société d’État pour les trois prochaines années. Deux d’entre elles ont des installations au Québec, mais seule Hydropothecary, à Gatineau, a son siège social dans la province.


Les entreprises ontariennes Aphria et Canopy Growth fourniront 12 000 kg chacune par année, et Medreleaf fournira quant à elle 8000 kg. Aurora, de l’Alberta, et Tilray, de la Colombie-Britannique, fourniront chacune 5000 kg.


Canopy Growth et Aurora possèdent des sites de production au Québec. La société d’État pourra donc compter sur une réserve de 62 000 kg la première année, 72 000 kg la deuxième et 82 000 kg l’année suivante.


Le président de Canopy Growth, Mark Zekulin, a qualifié la journée d'«historique» pour l’industrie.


D’autres ententes à venir


En février, deux producteurs québécois qui possèdent leur permis de production mais attendent toujours leur licence de vente s’étaient dits déçus d’avoir été exclus de cette première série d’ententes.


«Pour les prochaines ententes, la SQDC continuera d’étudier la provenance de ses approvisionnements afin qu’ils puissent être effectués prioritairement auprès de producteurs situés sur le territoire du Québec», a fait savoir la SAQ par communiqué.


Des appels d'offres seront faits au cours de la prochaine phase d’expansion des succursales de la SQDC.


Pour la première année suivant la légalisation du cannabis, la filiale de la SAQ comptera 20 succursales au Québec, dont cinq à Montréal. D’ici trois ans, il pourrait y avoir jusqu’à 150 emplacements.


Financement sous la loupe


Le gouvernement a fait savoir en mars que les producteurs de pot qui souhaitaient obtenir des contrats avec le gouvernement devraient faire l’objet d’une vérification de l’Autorité des marchés financiers d’ici à ce que l’Autorité des marchés publics (AMP) prenne le relais.


Cet amendement au projet de loi 157 sur le pot a été proposé dans la foulée des révélations faites par le Bureau d’enquête, en janvier, concernant du financement en provenance des paradis fiscaux dans l’industrie du cannabis.


Selon nos informations, Hydropothecary a notamment reçu environ 15 millions de dollars des îles Caïmans, 700 000 $ des Émirats arabes unis et 751 500 $ des Bahamas.


Sébastien St-Louis a assuré au Journal, mardi, qu'il s'était depuis soumis aux vérifications de l’AMF. «On leur a prouvé que tout notre financement était légal et qu’il n’y avait aucun problème», a dit le PDG.