Fête du Canada : les Québécois ne sont pas Canadiens, et le Canada, pour eux, est un pays étranger

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Le tombeau canadien

Samedi, ce sera la fête du Canada. La fête de la confédération, comme on disait autrefois.  


Les Québécois en seront vaguement conscients, puisque le gouvernement fédéral utilisera comme d’habitude son arsenal de propagande pour le leur enfoncer dans la gorge.  


Ils resteront pourtant indifférents à cette fête, d’autant que le 1er juillet, pour la plupart d’entre eux, est d’abord la fête du déménagement. 


Histoire 


Mais surtout, ils y resteront indifférents, car le Canada, ne l’oublions jamais, est pour les Québécois un pays étranger. Et je dirais qu’il leur est plus étranger que jamais, tellement il s’est radicalement éloigné, depuis quarante ans, de la vision que les Québécois pouvaient en avoir.  


Le Canada a renié pratiquement le principe des deux langues officielles. Le Canada est aujourd’hui et pour de bon un pays bilingue de langue anglaise. Au mieux, il est indifférent à la langue française. Au pire, il y est carrément hostile.  


Au cours des dernières années, à de nombreuses reprises, dans ses nominations officielles, dans la composition de sa classe dirigeante, il nous a expliqué que le français était une langue optionnelle, qu’il fallait peut-être même sacrifier au nom de la diversité.  


C’est l’hypocrisie canadienne par excellence: au nom de la «décolonisation», on assure le triomphe de l’anglais, jugé plus inclusif, et on sacrifie le français, qu’on veut voir à la manière d’une langue de trop, vénérée par une tribu québécoise intolérante hostile à la diversité.  


C’est absolument idiot, je sais, mais c’est ainsi que le Canada évolue.  


Le Canada est aussi un pays qui a décidé de se reconstruire dans les paramètres de l’idéologie multiculturaliste. Et dans ces paramètres, il suffit que la nation québécoise rappelle son existence pour qu’on l’accuse de suprémacisme ethnique. D’ailleurs, le Canada a déclaré la guerre à notre laïcité, et fera tout pour la faire tomber.  


Le Canada fait aussi de l’immigration massive un dogme religieux, et a programmé des seuils si élevés que bien avant la fin du siècle, les Québécois y finiront noyés, définitivement condamnés au destin de minorité ethnique insignifiante qui n’aura plus en main le contrôle de son destin. Le Canada, si nous y restons, sera notre tombeau.   


J’y reviens: nous n’avons pas grand-chose à voir avec ce pays, ou du moins, avec ce qu’il est devenu. 


Indépendance 


Nous l’avons fondé, certes, et nous avons d’abord pris son nom: nous étions les Canadiens. Mais ce nom, on nous l’a volé, en plus de le vider de son sens.  


Et au fil des siècles, c’est au Québec que nous nous sommes déployés comme peuple.  


C’est le seul endroit où nous sommes vraiment chez nous, où nous avons un pouvoir sur nous-mêmes, où nous ne nous contentons pas de quêter des droits.  


La fête du Canada n’est pas notre fête. Un jour, on la remplacera par la fête de l’indépendance.