De passage en Cisjordanie

Bush enjoint à Israël de mettre fin à l'occupation

Le président américain donne corps à un accord pour la création d'un État palestinien

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Le cercle vicieux : colonisation, résistance, répression

Vingt-quatre heures après avoir garanti à Israël sa sécurité «en tant qu'État juif», George W. Bush lui a enjoint hier de mettre fin à 40 ans d'«occupation» et a réaffirmé son engagement ferme envers un État palestinien viable.
Israël doit mettre fin à l'occupation des territoires commencée en 1967, «l'accord doit établir la Palestine comme la patrie du peuple palestinien, tout comme Israël est la patrie du peuple juif», Israël doit avoir des frontières sûres et reconnues et la Palestine doit être viable et souveraine et son territoire «continu», a dit M. Bush.
Le président américain a en fait tracé hier à Jérusalem les grandes lignes d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens pour tenir la promesse d'un État palestinien, réaffirmée lors d'une visite historique.
L'objectif est de parvenir à ce que deux États démocratiques, Israël et la Palestine, coexistent en paix et que non seulement la sécurité de l'État israélien mais aussi la viabilité de l'État palestinien soient assurées, a dit M. Bush dans une déclaration dense faite au cours de la première visite de sa présidence.
Ces propos ont été tenus après deux jours d'entretiens séparés avec le premier ministre israélien Éhoud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
M. Bush a aussi donné chair à ce que devrait être un accord, et ce, pour la première fois depuis que MM. Abbas et Olmert se sont entendus, à Annapolis en novembre, pour trouver un tel accord avant fin 2008, soit avant la fin de sa présidence.
Le président américain a reconnu qu'un tel accord réclamerait des «concessions politiques douloureuses» de part et d'autre.
Toutefois, plus tôt dans la journée, lors d'une visite en Cisjordanie occupée, il a promis un tel accord et la création à terme d'un État palestinien. «Je crois que cela va arriver et qu'un traité de paix sera signé avant que je ne quitte mon poste», en janvier 2009, a dit M. Bush à Ramallah, littéralement sous couvre-feu de crainte d'un incident. À cette occasion, il a fugitivement touché du doigt les pénibles réalités palestiniennes en passant par les barrages et le long de la barrière de sécurité israélienne.
La création d'un État palestinien «n'a que trop tardé», a-t-il ensuite dit à Jérusalem.
Pour faciliter un règlement et résoudre une des questions les plus épineuses des discussions, M. Bush a proposé pour la première fois un mécanisme international d'indemnisation pour les réfugiés palestiniens. Israël refuse le retour sur son territoire des réfugiés et de leur descendants, soit plus de quatre millions de personnes.
Pour l'administration américaine, le démantèlement des colonies et l'arrêt des attaques contre Israël doivent être menés en parallèle à la négociation d'un accord de paix qui offrirait à M. Bush, volontiers accusé de s'être détourné du conflit israélo-palestinien pendant sept ans, un succès diplomatique notable au cours de ses derniers mois à la Maison-Blanche. La réalisation de ces exigences peut même attendre au-delà de 2008, estime l'administration.
Mais les colonies et les violences pèsent lourdement sur les négociations. M. Olmert a dit mercredi qu'un accord serait très difficile sans un arrêt des tirs de roquettes sur Israël à partir de la bande de Gaza, territoire aux mains des islamistes du Hamas depuis juin.
M. Bush n'a pas dit concrètement hier comment il voyait M. Abbas mettre fin à ces tirs de roquettes provenant de Gaza, qui échappe au contrôle de l'Autorité palestinienne.
Les experts soulignent que MM. Abbas et Olmert sont des dirigeants affaiblis qui auront du mal à gagner leurs opinions à leur plan. Mais «le moment est venu des choix difficiles», a dit M. Bush.
Le président américain, qui quittera Israël aujourd'hui pour le Golfe, compte continuer à s'investir personnellement. Son conseiller Stephen Hadley a indiqué que M. Bush devrait revenir au moins une fois dans la région avant de quitter la Maison-Blanche.
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