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Nouvel Ordre mondial

On sait aujourd'hui que la guerre en Irak a été justifiée sous un faux prétexte. À savoir que Saddam Hussein disposait d'un arsenal d'armes de destruction massive et qu'il était copain-copain avec les dirigeants d'al-Qaïda. À l'époque de cette mascarade, montée de toute pièce par l'exécutif américain, celui-ci avait poussé l'audace, si on peut parler ainsi, jusqu'à postuler que les liens établis entre Saddam Hussein et Oussama ben Laden pourraient déboucher sur un transfert d'engins meurtriers du premier vers le second.

Cela étant rappelé, on ne savait pas que Bush, Cheney, Rice, Colin Powell et Paul Wolfowitz avaient menti aussi délibérément et aussi fréquemment que l'indique une étude menée par le Center for Public Integrity (CPI). Selon les calculs réalisés par les chercheurs de cette ONG, ces hauts responsables ont trompé le public près de mille fois. L'énormité inhérente à ce chiffre confirme que la campagne conçue pour convaincre les Américains et leurs alliés a été orchestrée à l'aune de l'abattage.
Selon les auteurs, l'important pour Bush et consorts était de galvaniser l'opinion publique. Comment? En mentant souvent, on avait la quasi-certitude de transformer les médias en une véritable chambre d'amplification. En effet, des centaines et des centaines d'articles et de topos télé ont fait écho à cette falsification.
Bien évidemment, le calendrier composé pour diffuser les bluffs de Bush tenait compte de l'ordre du jour politique. Par exemple, d'après le CPI, au cours des jours qui avaient tout juste précédé un vote du Congrès pour autoriser l'usage de la force contre Saddam Hussein, en septembre 2002, Bush s'est fendu d'un discours dans lequel il a affirmé que le dictateur irakien cherchait à posséder une bombe nucléaire en plus d'avoir des armes biologiques et chimiques. Ces allégations, le président des États-Unis les appuyait sur des informations émanant des services secrets... britanniques!
De cette histoire, on ne soulignera jamais assez combien les manipulations signées Rumsfeld, Wolfowitz et Gordon Libby, avec la protection de Cheney, ont été aussi dévastatrices que révélatrices de leur perversité politique. En effet, tout au long de cette opération, faut-il le rappeler, ils ont détourné des renseignements colligés par la CIA. Ils les ont déformés dans un sens qu'on devine. Bref, ils ont confectionné des légendes.
Le pire, c'est que ces messieurs s'en sont fort bien sortis. Du moins jusqu'à présent. Car si les membres du Congrès ont débattu jusqu'à plus soif des carences de la CIA, pondu des rapports et rédigé bien des textes, ils n'ont toujours pas interrogé les auteurs des mensonges. Pourtant, c'est un secret de Polichinelle qu'ils ont délibérément fait fi de renseignements qui provenaient des maîtres espions.
On se consolera en soulignant qu'aux États-Unis, le travail de la CIA et des autres agences a fait l'objet de rapports, de critiques publiques et de réformes. En Grande-Bretagne toutefois, la règle du «motus et bouche cousue» à propos des errements des services de renseignement a été scrupuleusement respectée. Pourtant, Dieu sait combien ils se sont fourvoyés eux aussi.
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