Trop tôt pour penser à «Continuer autrement»
20 octobre 2010
Le défi du mouvement souverainiste est de changer de paradigme.
Oublier l'idée qu'il suffit de coaliser les forces pour faire le nombre et jouer notre va tout en espérant avoir rendez vous avec le Grand Soir; cela en ignorant totalement les forces qui s'y opposent. Cette majorité démocratiquement exprimée ne mène pas nécessairement au changement de statut. La seule chose qui y mène c'est un rapport de force favorable entre deux État au moment de passé à l'acte. La souveraineté se réalise de facto avant d'être formaliser de jure.
Il faut donc bâtir ce rapport de force entre l'État du Québec et l'État canadien (et au passage s'assurer du contrôle effectif de notre territoire pour la suite des choses; je peux démontrer que le processus de partition de notre territoire est déjà engagé au Nord, sans que personne ni prête attention).
Le Plan Marois qui écarte la fixation référendaire est le bon. Il prend la mesure du contexte et de la situation et ramène le projet dans le champs du réel: Il fait de l'État le déterminant de la politique. Enfin.
C'est en donnant de la consistance à l'État du Québec que l'on va bâtir le rapport de force favorable qui seul garantie le changement de statut. À cet égard il n'est pas statique comme on veut le prétendre.
Ce plan est pro-actif et offre les perspectives d'une deuxième Révolution tranquille. La première transformé la plus part les acteurs politiques de fédéralistes à souverainistes, qui a mené à la création d'un mouvement souverainiste de masse; a changé l'identité d'un peuple, de canadien français à québécois, en adéquation avec le territoire de l'État du Québec, au augmenter la potentialité de notre État, etc...
Bref l'État agit avec envergure, c'est pourquoi il est le déterminant de la politique..
Donc une deuxième Révolution tranquille est la seule voie réaliste qui nous mène à la rupture. Le reste c'est de la littérature platonicienne avec les contortions, les affects, la démoralisation qui vient avec .
Maintenant la question qui se pose ne porte pas sur la pertinence stratégique du Plan Marois. Le questionnement porte sur la direction politique du plan. Et là on a intérêt à être attentif pour comprendre la game.
Le choix stratégique de la gouvernance souverainiste étant arrêter (ce plan est loin d'être statique) ; tout ce jouera donc sur la démarche tactique: Une multitude de batailles devront êtres engagées avec le fédéral; il s'agira de bien les choisir pour " faire bouger les lignes" (Larose). Bref on braque le statu quo (le point faible des fédéralistes) et on enclenche la dynamique avec des gains réels qui ne dépendent que de NOUS (Madame sait ou, mais ne le dira pas avant le fait accompli)
La réussite du Plan Marois tient à la volonté,la détermination et l'intelligence de la direction politique (relationnel).
J'ai longtemps été profondément sceptique vis à vis Mme Marois, mais depuis qu'elle a imposé le salutaire changement de paradigme en écartant la fixation référendaire sans faire de vague dans le parti, je dois lui reconnaître une certaine maîtrise de la politique. Pour le moment elle mène le jeu avec assurance sans émotivité et cache bien ses cartes pour la suite des choses. Autant de signes qui me réconfortent.
Elle est dans le relationnel. Il serait temps d'abandonner le rationnel et la rejoindre du coté du relationnel
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JCPomerleau
P.s Le Plan Marois découle du Plan Larose, que j'ai commenté dans la page Opinion du Le Devoir en 2007 (une lecture géopolitique 101):
http://www.vigile.net/Pauline-l-important-c-est-Larose
