Zampino voulait 100 000 $ en échange de contrats

L’ex-bras droit de Gérald Tremblay offrait à Roche la « certitude » d’obtenir des contrats

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N'en jetez plus, la cour est pleine !

Obtenir un contrat de la Ville de Montréal se payait chèrement à l’époque de Frank Zampino. Des documents judiciaires dévoilés jeudi indiquent que l’ancien bras droit de Gérald Tremblay a demandé 100 000 $ à la firme Roche en échange de la garantie qu’elle obtiendrait des contrats.

Ces documents obtenus par un consortium de médias ont permis à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’obtenir un mandat de perquisition pour fouiller le domicile de Marc-Yvan Côté en février 2014. Ils faisaient l’objet d’une ordonnance de non-publication qui a été partiellement levée jeudi. Rappelons que les informations utilisées par les policiers pour obtenir un mandat ne constituent pas des preuves.

« Discuter du financement »

Selon les documents, Marc-Yvan Côté et Gilles Cloutier — tous deux vice-présidents au développement des affaires chez Roche, et responsable des « orientations du financement des divers partis politiques » pour la firme — ont rencontré Frank Zampino alors qu’il était maire de l’arrondissement de Saint-Léonard, en 2001 (il deviendra par la suite président du comité exécutif). Le but de la rencontre était de « discuter du financement de la campagne électorale de Gérald Tremblay ».

« Lors de cette rencontre, Frank Zampino leur a demandé 100 000 $ en retour d’une certitude que la firme Roche serait parmi celles qui obtiendraient des contrats à la Ville de Montréal », indiquent les documents, qui s’appuient sur un témoignage de Gilles Cloutier livré en septembre 2011 à des enquêteurs du projet Joug. L’argent devait servir au financement d’Union Montréal.

Puisque le « montant de la contribution était important », Marc-Yvan Côté aurait « rapporté cette information [la demande] » à Mario W. Martel, alors président et chef de la direction de Roche. « Pour ce type de décision, elles étaient centralisées à la haute direction », précise-t-on.

« La décision finale fut de payer Frank Zampino par diverses tranches d’argent », affirment les documents. « Marc-Yvan Côté a remis à quelques reprises les enveloppes d’argent à Gilles Cloutier qui, lui, les remettait à un représentant de Frank Zampino. » Gilles Cloutier « faisait de la fausse facturation afin d’obtenir de l’argent comptant pour du financement. Il arrivait que Marc-Yvan Côté soit celui qui lui apporte l’enveloppe d’argent nécessaire à cette fin. »

Cette histoire de financement exigé en échange de contrats avait déjà été relatée par M. Cloutier lui-même lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, en avril 2013. Les faits étaient à quelques détails près les mêmes que ceux contenus dans les documents judiciaires. Ceux-ci démontrent que l’enquête criminelle n’est pas loin de la commission.

Lors de son propre témoignage devant la commission, le 11 juin dernier, Marc-Yvan Côté a pour sa part reconnu que Frank Zampino avait demandé 100 000 $. Mais il a soutenu que Roche n’avait pas donné suite à la demande.

Le « Bon Dieu »

Les documents montrent aussi que Marc-Yvan Côté était perçu comme un homme capable de faire débloquer des dossiers.

Gilles D’Amours, maire de Cacouna entre 1990 et 2006, a ainsi confié aux enquêteurs qu’il avait l’impression que Marc-Yvan Côté était « la grande porte » pour entrer au ministère des Affaires municipales.

Selon André Côté, ancien vice-président principal des infrastructures municipales chez Roche, « tout le monde voyait Marc-Yvan Côté comme étant le Bon Dieu ». Marc-Yvan Côté a reçu une prime d’engagement de 20 000 $ de Roche vers 2009, précise le document. Deux ans plus tôt, son salaire mensuel était de 11 000 $, et il avait une allocation de dépenses de 2000 $ par mois.


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