Votre bataille est ma bataille

Tribune libre

Depuis la conclusion de la bataille électorale de avril 2014, les partisans du drapeau vert d’argent ont appelé à la capitulation du drapeau bleu du Québec. En avril, j'ai commencé à penser à moi-même: Il est maintenant le temps de répondre à cet appel. Et parce que j'ai été éduqué à New York, pas à Londres ou dans le Montréal anglophone, mes pensées sont allés vers les mots de John Paul Jones, le père de la marine américain. Oui, j’ai entendu les mots prononcée par John Paul Jones en 1779, quand les Britanniques lui ont demandé de capituler pendant une bataille navale. Comme l’histoire est racontée, Jones a déclaré à la manière britannique: « Je n’ai pas encore commencé à me battre ». Parce que je suis un anglophone, je me suis souvenu de cette phrase telle qu'elle est exprimée en anglais. Et je me suis rappelé que c’était un peu de temps après que ces paroles eurent été prononcées par Jones que la bataille a tourné.

Il me semble que c'est une leçon d'histoire qui n'est pas familière aux anglophones du Québec et du Canada. Ou peut-être veulent-ils oublier cette leçon douloureuse ? En tout cas, pour ceux d'entre nous qui croyons que le Québec va devenir le nouveau pays dont le monde maintenant a besoin, le temps est venu de déclarer : « We have not yet begun to fight ». S'il ya une chose qu'un francophone au Québec a besoin d'apprendre afin de se créer une vie meilleure, c'est bien cette phrase de sept mots.

Je suis un Amériquébécois qui se répète les mots de John Paul Jones souvent, en anglais et en français, dans les mots que je parle et les mots que j’écrire. Et à tout le monde qui veut voir le Québec devenir un pays independante, un pays de son peuple, et le nouveau pays que le monde a besoin, je dis, en francais : « Votre bataille est ma bataille ».

Pour ceux qui croient que le gouvernement devrait représenter ceux qui sont gouvernés, pas ceux qui souhaitent être gouverneurs de personnes; pour ceux qui croient que les gens du Québec peuvent créer une forme de gouvernement qui est fondamentalement mieux que les formes de gouvernement qui existent actuellement au Québec au Canada, ou en Amérique du Nord, ou n'importe où ailleurs dans le monde; pour ceux qui croient que les peuple du Québec peuvent créer un pays qui est du peuple, par le peuple, pour le peuple, je dis : « Votre bataille est ma bataille ».

Pour ceux qui veulent voir un nouveau pays créé qui est basé sur des valeurs plus associées aux femmes qu'aux hommes; pour ceux qui croient que tous les êtres humains appartiennent à la même famille; pour ceux qui veulent voir un nouveau pays créé basé sur les valeurs humaines, pas sur les valeurs de l'entreprise ou sur les valeurs militaires, je dis : «Votre bataille est ma bataille».

Pour ceux qui veulent voir l'humanité prospérer sur cette planète au-delà de leurs propres durées de vie; pour ceux qui veulent faire la paix, pas la guerre; pour ceux qui veulent voir la Terre Mère traitée comme l'organisme vivant qu'il est, je dis : «Votre bataille est ma bataille».

Je crois que les gens devraient être libres de disposer de leurs propres croyances religieuses, mais aucun individu et aucun gouvernement n'a le droit d'imposer ses croyances religieuses aux autres. Je crois que les gens du Québec peuvent créer un pays qui sépare la religion, du gouvernement et de l'argent comme ils ne l'ont jamais été auparavant, et ils le devraient.

Je crois que les gens de Québec peuvent créer un pays et une société qui ne sont pas motivés par des craintes, mais plutôt par des aspirations. Laissez les autres craindre les aspirations du Québec, laissez les autres craindre le changement pendant que le Québec devient le pays du 21e siècle.

Je crois que le drapeau bleu du Québec volera le plus haut sur son territoire si le peuple du Québec utilise un langage commun, la langue française, et parle d'une seule voix pour ses propres valeurs. Si vous pensez comme moi à cet égard, nous partageons la même bataille. Ne craignez pas, ne doutez pas, cette bataille est la nôtre. C'est à nous de la gagner.

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John-Jean Ofrias9 articles

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John-Jean Ofrias (alias John-Jean) écrit pour des publications françaises et anglaises des deux côtés de la frontière canado-américaine. Ses articles ont paru dans d'éminentes et diverses publications, telles que New York Newsday, The Montreal Gazette, Vigile.Québec, La Voix de l’Est, Indépendantes.Québec, Journal Le Tour et The Sherbrooke Record. Le 23 juin 2014, The Montreal Gazette a publié un éditorial très controversé par John-Jean intitulé : « Parlez français, ou résignez-vous à devenir américain ». Dans cet éditorial, il a exhorté les anglophones du Québec à parler français (« Parlez bleu a-t-il dit ! ») et soutenir le mouvement indépendantiste du Québec. John-Jean est un citoyen des États-Unis mais il s'identifie avec enthousiasme comme « Amériquébécois » et il n'y a pas d'autre américain qui est plus impliqué dans le mouvement indépendantiste du Québec. Il est un défenseur franc du mouvement des femmes et il était le seul homme à parler à la célébration 2016 de la Journée internationale des femmes à Montréal, parrainée par Oui-Québec. John-Jean est l'auteur de Synchronicity Bleue, un roman au sujet d'une petite ville cachée au Québec qui va déterminer le destin de l'humanité. Il est le premier roman de John-Jean et peut-être le premier roman écrit en même temps pour les lecteurs de langue anglaise et les lecteurs de langue française. Le roman est surtout anglais au début et surtout français à la fin (la transition fait partie de l'histoire). Il habite dans les univers parallèles des Cantons de l'Est du Québec et l'East End of Long Island, New York, où il est professeur de sciences sociales de l'Université d'État de New York à Suffolk County Community College. Il est actuellement en train de faire une tournée de conférences des deux côtés de la frontière Canado-USA.





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5 commentaires

  • Mario Boulet Répondre

    22 septembre 2014

    Monsieur Ofrias,
    Je vous ai lu. Ça m'a plu. Si vous possédez la nationalité canadienne, il serait magnifique que vous vous présentiez aux prochaines élections générales québécoises pour tenter de faire comprendre aux immigrés la beauté de la nation québécoise, pour que nous puissions marcher d'un même pas vers le pays du Québec.
    Oui! Moi aussi, je clame haut et fort qu'il faut définir une nation où la place de la femme est la même que celle des hommes. Que les êtres humains font tous parties d'une seule et même famille. Il est important que le Québec garde son identité actuelle pour la faire migrer vers quelque chose d'encore plus appropriée. Tout est perfectible. Chaque être humain vaut UN. Plusieurs comme vous ont choisi de venir y vivre des mois, des années ou toute leur vie pour pouvoir s'intégrer davantage à notre patrimoine. Ouvrons la porte à tous ceux qui veulent vivre comme les gens d'ici et non en voulant imposer les doctrines d'un pays qu'ils quittent parce qu'ils ne sont plus capable d'y vivre.
    Tendons-nous la main pour pouvoir vaincre l'ennemi anglophile qui ne veut que l'asservissement du peuple qu'il soit anglais, irlandais, québécois, écossais, haïtiens, espagnols, etc.
    Merci pour vos mots!

  • Archives de Vigile Répondre

    21 septembre 2014

    Merci, monsieur Ofrias, pour ce très beau texte qui nous incite à continuer la bataille pour nous donner un pays qui nous ressemble.
    Puissions-nous avoir notre John Paul Jones, capable de rassurer les pusillanimes et de convaincre tous les Québécois, de souche ou non, qu'il fera très bon vivre au pays du Québec tel que vous le décrivez.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 septembre 2014

    L'Écosse a dit non au référendum
    Écosse : les électeurs ont été « escroqués » par Londres, dit Alex Salmond
    Référendum de 1980
    Trudeau conclut en annonçant qu’au lendemain de la victoire du Non, il s’engagerait à renouveler la constitution, à faire de réels changements.
    « Ici, je m'adresse solennellement à tous les Canadiens des autres provinces. Nous mettons nos sièges en jeu, nous, députés du Québec, parce que nous disons aux Québécois de voter NON. Et nous vous disons à vous des autres provinces que nous n'accepterons pas ensuite que ce NON soit interprété par vous comme une indication que tout va bien puis que tout peut rester comme c'était auparavant. Nous voulons du changement, nous mettons nos sièges en jeu pour avoir du changement10! »
    Le Québec n'a toujours pas adhérer à la nouvelle constitution rapatriée par Chrétien et Philippe Couillard bat en retraite et renonce à ses ambitions de signer la constitution canadienne dans un avenir rapproché.
    Les ti-counes québécois, veulent une équipe de hockey, pas un pays. Sam Hamad.
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2014/09/21/004-ecosse-alex-salmond-electeurs-escroques-referendum-non.shtml

  • Yvon Lagacé Répondre

    21 septembre 2014

    M. Ofrias, merci de partager avec Nous votre amour du Québec, votre amour de notre langue, d'être avec et parmi Nous pour cette bataille.
    Je souhaiterais vivement que votre conviction soit partager par plus de vos compatriotes anglophones, qu'ils puissent comprendre enfin qu'un Québec indépendant et plus riche est autant dans leurs intérêts que dans le nôtre.
    Je suis très heureux de vous compter parmi Nous.
    "We have not yet begun to fight"

  • Pierre Durand Répondre

    21 septembre 2014

    Merci Monsieur OFRIAS pour ces mots. "Est Québécois qui veut l'être" comme disait René Lévesque.
    Nous devons recommencer à nous battre avec un projet rassembleur comme celui que vous présentez.
    La défaite a été lourde à porter. Elle est maintenant derrière nous. Nous avons besoin d'un chef charismatique comme l'était René Lévesque pour redonner l''espoir et inspirer confiance. Je crois comme beaucoup de monde que cette personne nous l'avons trouvé. J'ai hâte que le Parti Québécois retrouve ses lettres de noblesse.