Victoire du voile islamique

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L'instrumentalisation d'une jeune fille voilée par les libéraux indique leur niveau de panique électorale


Que cela se sache. Le premier ministre Philippe Couillard, sortant de sa froideur, vibre intensément devant la jeune musulmane, âgée de 17 ans, donc mineure, qui rêve d’être policière et voilée. Ou plus exactement voilée et policière.


Philippe Couillard la considère comme une « pionnière », « talentueuse », « très brave ». Un peu plus et il se mettrait à genoux devant elle (on est religieux, n’est-ce pas), précisant lors du débat houleux à l’Assemblée nationale que l’adolescente a pris elle-même l’initiative de modifier son hidjab, laissant paraître le lobe de ses oreilles, ce qui ne correspond pas à l’orthodoxie islamique.


Ma consœur Lise Ravary faisait remarquer hier l’incongruité de lier le désir d’une adolescente de porter le hidjab à la solution du débat sur le port des signes religieux par les représentants de l’État en autorité. Comme si Sondos Lamrhari, l’héroïne proclamée, était celle qui réglerait le problème par son accommodement raisonnable.


Vedettisation


Or qu’une adolescente musulmane mineure porte le voile, alors qu’apparemment sa mère s’en abstient, démontre que la jeune fille prend ses distances de l’autorité familiale. Mais qui sont ceux qui l’encouragent à le faire ? À qui profite la vedettisation de cette jeune fille, sinon aux imams qui incitent les filles à se radicaliser ?



À l’âge de Sondos Lamrhari, l’on est susceptible de changer d’idées, car l’adolescence est un passage cahoteux vers l’âge adulte. Du haut de son autorité, le premier ministre Couillard, lui, la conforte dans ses convictions. Car le rêve de la jeune fille est d’être voilée et policière. Que fera-t-elle de son rêve d’être policière si on lui refuse de porter le voile ?


Et quelles seront les conséquences dans sa vie actuelle de la démarche de Philippe Couillard, qui la cite en exemple aux autres musulmanes non voilées et l’instrumentalise de façon éhontée ? N’est-ce pas là un abus de pouvoir de la part du premier ministre ?


Stratégie électoraliste


Il apparaît clairement, comme j’écrivais hier dans ma chronique, que le premier ministre ne reculera devant aucune stratégie pour reprendre le pouvoir le 1er octobre prochain. Il joue le va-tout en constatant que son parti à ce jour a perdu l’appui des francophones avec 16 % de leurs voix. Il ne compte plus sans doute les faire revenir vers lui.


Il faut craindre tous les coups fourrés au cours de cette campagne qui s’amorce. Cette petite musulmane, heureuse d’être traitée en quelque sorte comme la Jeanne d’Arc du Québec de demain, se remettra éventuellement de ses émotions. Mais il n’est pas sûr que Philippe Couillard sera là pour la consoler, quelle que soit la suite des choses.


Enfin, les référendums passés ont déclenché des luttes fratricides, mais l’enjeu — l’éclatement du Canada — était de taille et bien réel. Les libéraux dirigés par Philippe Couillard sont à l’évidence habités par une combativité et un clientélisme d’une violence qui n’est justifiée que par la perte du pouvoir. Cela indique la panique qui s’empare d’eux. Qu’ils soient rassurés. Le Québec peut survivre au gouvernement Couillard.