Viaducs et camions

Tribune libre


Concernant le viaduc de la Concorde à Laval, que j'ai traversé à maintes reprises, et autres du genre menacés de s'écrouler, je ferais quelques recherches du côté des camions et des camionneurs, de même que les lois concernant les poids tolérés.

Partout, ou presque, dans le monde, y compris aux États Unis, la charge maximale pour un camion et un autobus ne doit pas dépasser neuf (9) tonnes par essieu. Au Québec, cette charge peut atteindre vingt (20) tonnes par essieu et les autorités ferment les yeux lorsqu'elle est encore plus élevée. Même en Allemagne, premier pays au monde à construire des autoroutes (Autobahns), le poids des transporteurs lourds ne dépassait pas neuf tonnes par essieu pendant les années au cours desquelles j'y ai vécu et étudié.

Au Québec, les gros camions se promènent sur les routes et autoroutes avec un poids dépassant 100 tonnes, ce qui est inacceptable ailleurs. Bien entendu, le lobby des camionneurs a su influencer les gouvernements du Québec et probablement celui d'Ottawa, afin qu'une pratique aussi lucrative soit maintenue.

C'est à l'État de construire des routes, autoroutes et viaducs capables de supporter un tel traitement, faute de quoi il faut substantiellement réduire les charges permises.

Rares sont les viaducs qui ont été construits pour absorber des chocs répétés de camions pensant 100 tonnes. Il aurait fallu les construire comme des pistes d'aéroports qui peuvent encaisser le choc d'un avion pensant 300 tonnes, dont le poids se trouve augmenté par sa chute au moment de l'aterrissage.

De même pour les gros camions qui brassent le pavé des routes, des autoroutes et des ponts et finissent par les rendre inutilisables et dangereux.

Je ne suis pas porté à blâmer les ingénieurs ni les contracteurs pour ce désastre mais je suis porté à examiner le trafic qui emprunte ces viaducs et les lois qui les gouvernent.

Remarquez que les chemins de fer transportent des charges beaucoup plus lourdes mais leur construction a prévu de telles charges et les rails supportent des bogies de quatre et six roues. Les ponts sont construits en conséquence.

Il y a du travail à faire. Rien au monde n'aurait changé quoi que ce soit à cette situation. Dommage qu'il faut attendre qu'il y ait des victimes pour se décider.

René Marcel Sauvé, géographe
Montréal

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J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





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