Un Lord Durham fort malvenu

Rébellions 1837-2007





Le 5 novembre 2007 ? Ainsi la Commission de la capitale nationale rend hommage au perfide Lord Durham pour marquer les 150 ans de la capitale canadienne. C'est là un vilain accroc à l'histoire mais aussi et surtout un opprobre, une honte, une flétrissure, une infamie, une ignominie.
Lord Durham aura à peine connu l'existence du rude village de Bytown, en pleine effervescence après la construction du canal jusqu'au Saint-Laurent et en pleine exploitation de la forêt laurentienne au profit de l'Angleterre.
Arrivé à Québec le 27 mai 1838, le nouveau gouverneur général recevait un désaveu officiel de son ordonnance dès la fin de l'été. Il résigna ses fonctions sur le champ et s'embarqua pour Londres le 3 novembre, sans attendre son rappel. Le 28 juillet 1840, il était déjà mort.
Doué d'une intelligence supérieure, Lord Durham se distinguera surtout dans son tristement célèbre Rapport par des raffinements d'hypocrisie, en digne représentant de la perfide Albion. Raciste comme pas un, il prône l'assimilation des Canadiens français, peuple sans histoire, pour les tirer de leur état d'infériorité.
L'Acte d'Union que Durham proposait a été signé peu après sa mort. Il faudrait plutôt dire l'Acte d'injustice. Rappelons simplement que la minorité anglaise du Haut-Canada (future Ontario) faisait payer sa dette astronomique par la majorité silencieuse des Canadiens (français) du Bas-Canada. En outre, chacun des deux Canadas réunis élisait 50 députés. Résultat : le Haut-Canada élit 50 Anglais et le Bas-Canada, plus populeux, députe 45 Canadiens et 5 Anglais. Ainsi, la minorité contrôle la majorité.
Mais la preuve que Durham n'a rien à voir avec Ottawa, c'est que le parlement du gouvernement d'union sera établi pendant quelques années à Montréal. Toutefois, des Anglais jaloux et haineux y mirent le feu en 1849. Et c'est ainsi qu'en recherchant un terrain supposément plus neutre, Victoria choisit Bytown, nouvellement appelé Ottawa.
Décolle de là, John George Lampton, alias Durham, on t'a assez vu !
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Yves Saint-Denis, Hawkesbury


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