Un cafouillage inacceptable

Tribune libre



En partant pour le sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, M. Stephen Harper a commis une bourde inacceptable pour un Premier ministre du Canada. À l'heure où près de 50 000 citoyens québécois et canadiens sont menacés par les bombardements israëliens, M. Harper n'a eu aucune initiative, ni diplomatique, ni logistique, pour défendre des citoyens canadiens. Ces bombardements tuent des civils et détruisent toutes les infrastructures de communication, ce qui a pour effet de piéger des civils dans des zones du Liban méridional, civils qui n'ont rien à voir avec le Hezbollah, dont font partie des milliers de citoyens canadiens.
L'intérêt, pour les Israëliens, les Palestiniens et les Libanais, ne réside que dans la paix, et c'est aussi l'intérêt urgent de milliers de citoyens du Canada. Le premier devoir d'un Premier ministre du Canada est de garantir la sécurité de ces dizaines de milliers de ressortissants canadiens piégés dans cette attaque d'Israël qui vise plus large que les positions du Hezbollah.
Le devoir du Premier ministre du Canada est de presser pour un cessez-le-feu qui permette l'évacuation des civils et d'assurer par son gouvernement l'évacuation prompte et sécuritaire des citoyens du Canada en séjour au Liban. Au lieu de quoi, M. Harper s'est discrédité en encourageant Israël à déployer toujours plus de force de répression. Or la terreur ne s'exerce pas que d'un côté dans cette guerre et il importe de ne pas confondre le Hezbollah avec tout un pays, le Liban, membre de la Francophonie et dont une importante immigration enrichit et le Québec et le Canada.
Le Canada doit sans doute se joindre à ses alliés pour exercer une pression efficace sur la Syrie, mais le devoir plus urgent est humanitaire. Israël a le droit de se défendre, pas sans mesure sans doute, en revanche le gouvernement du Canada a le devoir de défendre ses citoyens. Pour le faire, il doit presser pour la modération et non pas jeter de l'huile sur le feu : au lieu de prendre parti, le gouvernement de M. Harper doit assurer une évacuation sans faille. Pour aller chercher les citoyens québécois et canadiens isolés dans des points où toutes les routes sont détruites, il doit exiger un cessez-le-feu au moins temporaire.

Charles Courtois, Montréal


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