Sortir (ou presque) la religion des écoles

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Il faut refuser le cours de sexualité post-moderne pro-LGBT qui doit être implanté actuellement


Imposé par le gouvernement libéral de Jean Charest, le très controversé programme Éthique et culture religieuse (ECR) prend enfin le chemin de la déchiqueteuse. Bravo pour l’intention du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, d’y substituer une tout autre mouture dès 2022.


Sous le prétexte louable d’encourager chez les élèves une plus grande tolérance à la différence avec un D majuscule, le cours ECR souffre en fait de nombreux problèmes. Le plus grand est qu’il réduit toute la complexité du vivre ensemble à sa simple composante religieuse. Dans nos écoles pourtant déconfessionnalisées, au lieu de reléguer la religiosité à la sphère privée, il en fait un élément constitutif de la vie citoyenne. Il expose aussi les élèves à des dogmes religieux, dont plusieurs, toutes confessions confondues, sont grossièrement misogynes.


Se limiter à enseigner l’histoire des religions dans le cadre d’un cours d’histoire générale serait beaucoup plus sage. Cela dit, le projet du ministre Roberge souffre néanmoins d’un syndrome classique en politique — celui du « qui trop embrasse, mal étreint ».


Des citoyens parfaits ?


Pour ses consultations, le ministre propose en effet huit thématiques majeures que le nouveau cours pourrait regrouper à lui seul : participation citoyenne et démocratie, écocitoyenneté, développement de soi et relations interpersonnelles, éthique, culture des sociétés, citoyenneté numérique, éducation juridique, éducation à la sexualité. Ouf !


On plaint à l’avance les pauvres enseignants à qui l’on demanderait de maîtriser autant de matières différentes. C’est presque à se demander si la version finale du nouveau cours, si elle devait être aussi touffue, ne verserait pas dans la grande illusion de vouloir chercher à créer LA citoyenne et LE citoyen québécois parfait — l’homo quebecensis nec plus ultra.


Retenons par exemple l’éducation à la sexualité. Elle est abandonnée dans nos écoles depuis longtemps et nous en payons un prix élevé. Des études sérieuses confirment que les violences sexuelles de toutes sortes se répandent dans le réseau secondaire, public et privé. La combinaison toxique des médias sociaux et de l’hyper accessibilité au porno en sont les principaux outils de propagation.


Retard inquiétant


Or, depuis l’an dernier, les écoles doivent se contenter de « contenus » sur la sexualité qui, tout au long de l’année, sont saupoudrés ici et là, pour un maximum de 5 à 15 heures ! Heureusement que le ridicule ne tue pas. Bref, le Québec accuse un énorme retard.


Parce que ce retard à rattraper est réel, à l’heure du #moiaussi et d’une société se voulant plus égalitaire, noyer l’éducation à la sexualité dans la grande marmite d’un mégacours à la citoyenneté parfaite serait sûrement la dernière chose à faire.


Le contrepoids efficace à l’influence délétère du porno est pourtant connu. Qu’il y ait enfin de véritables cours obligatoires consacrés à la sexualité et aux rapports humains respectueux, donnés par des profs formés en conséquence. Ce qui, soit dit en passant, n’empêcherait aucunement le ministre de mener à bien le reste de la réforme nécessaire du cours ECR.