Sondage - Le conflit au Liban nuit à Stephen Harper au Québec

Par Joan Bryden

Géopolitique du Proche-Orient




La lune de miel de Stephen Harper avec le Québec serait-elle terminée?
Des sondages indiquent que les Québécois désapprouvent généralement l'appui sans équivoque exprimé par le premier ministre pour les opérations de bombardement israéliennes au Liban.
Mais il est plus difficile d'évaluer si les retombées du conflit au Moyen-Orient pourraient suffire à priver M. Harper de toute chance d'effectuer une percée électorale au Québec, percée sur laquelle les conservateurs comptent pour remporter une majorité aux prochaines élections.
«Les Québécois fédéralistes sont prêts à appuyer Harper (...) mais il doit faire attention», prévient le sénateur indépendant Jean-Claure Rivest, qui a déjà été un conseiller politique de l'ex-premier ministre québécois Robert Bourassa.
Bien que la position pro-Israël de M. Harper lui ait valu les acclamations d'une majorité de Canadiens ailleurs au pays, il s'agit d'une approche explosive au Québec, où l'opinion publique est plus pacifiste et davantage pro-arabe en ce qui a trait au conflit au Moyen-Orient en particulier.
Le fait que Montréal abrite une grande communauté libanaise, dont une famille entière décimée récemment par les bombes israéliennes au cours d'une visite au Liban, a encore accentué cette position québécoise.
Mohamed Boudjenane, qui dirige la Fédération canado-arabe, prédit que M. Harper «payera cher, surtout au Québec», son appui au droit d'Israël à se défendre contre les militants du Hezbollah basés au Liban.
Selon lui, les Canadiens arabes et musulmans reprochent au gouvernement canadien d'avoir abandonné l'approche traditionnellement «équilibrée» du Canada face à la situation au Moyen-Orient.
Mais Shimon Fogel, qui est à la tête du Comité Canada-Israël, doute que M. Harper perde beaucoup de votes arabes et musulmans, notamment parce que ces communautés n'ont jamais voté en masse pour les conservateurs. De plus, selon M. Fogel, M. Harper pourrait compenser d'éventuelles pertes en allant chercher beaucoup de nouveaux électeurs chez les Juifs canadiens, qui favorisaient traditionnellement les libéraux.
Outre les communautés culturelles et religieuses au Québec, dont les votes pourraient être influencés par la position de M. Harper dans la crise actuelle, M. Rivest croit que le premier ministre risque de perdre des appuis auprès des Québécois s'il est perçu comme trop soumis à la politique étrangère du président américain George W. Bush.
Mais il doute que la seule question du Liban détermine le sort des conservateurs au Québec. Le règlement ou non du déséquilibre fiscal influencera certainement de manière plus importante l'attitude que les Québécois adopteront vis-à-vis de M. Harper, estime-t-il. Il prédit que la façon dont les libéraux du Québec se relèveront pourrait aussi influer sur la viabilité à long terme du parti de M. Harper au Québec.
Le lobbyiste conservateur Tim Powers reconnaît également que d'autres facteurs que la crise libanaise, incluant la course au leadership du Parti libéral, auront plus d'impact sur les perspectives électorales de M. Harper au Québec.


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