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Redevenir des Canadiens français ?

La redéfinition politique entraîne une redéfinition identitaire

Chronique vidéo d'Alexandre Cormier-Denis

Avec la déculottée électorale du Parti québécois s’amorce une longue recomposition politique du nationalisme québécois qui mène certains à vouloir sortir de l’identité québécoise construite depuis la Révolution tranquille pour redevenir Canadien français. Une courte analyse de cette proposition à partir de deux ouvrages qui font cette proposition.




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8 commentaires

  • Luc Archambault Répondre

    1 avril 2019

    L'ethnonyme « Canadien français » avec ou sans trait d'union n'est apparu dans les journaux de l'époque que pour traduire le Rapport Durham publié à Londres en février 1839 et qui inventait l'ethnonyme « French canadian » pour nommer les Bas-Canadien,nes d'origine neufrancienne ( Nouvelle-France ). Il serait totalement absurde de se réclamer du nom que nous a donné la fine fleur intellectuelle et politique de l'Empire le plus puissant de toute l'Histoire de l'Humanité pour nous faire disparaître de la surface de la Terre, sans Histoire et sans Culture que nous étions selon elle.



    Avant la Conquête nous étions Français, sujets régaliens de la Couronne française. Nous n'étions pas plus Canadien,nes que ne l'étaient les Neufrancien,nes d'Acadie, de Louisiane ou des Pays d'en haut ( Grands Lacs ). Nous étions des Français,es vivant en Nouvelle-France. À la Conquête, les ¾ des Neufrancien,nes que nous étions avait une mère ou une grand-mère née et éduquée en France, sachant parler, lire et écrire le français de la Cour de France.


    Nous étions partie intégrante du Peuple Souverain de France. Les Neufrancien,nes d'Acadie sont devenus un Peuple distinct de par l'abdication de facto du Roy de France qui a abdiqué de facto de son devoir premier de Souverain qui consiste à protéger ses vassaux et son Peuple contre l'envahisseur. Pareillement pour les Neufrancien,ne du reste de la Nouvelle-France les lendemains du 13 septembre 1759 dans Québec occupé sous loi martiale britannique.


    Nous sommes devenus un Peuple sans Souverain, Souverain donc, de par l'ignoble abdication de l'indigne lignée Souveraine des Capétiens, heureusement écourtée lors de la Révolution française, 15 ans avant l'Indépendance des États-Unis et 30 ans avant la Révolution française.


    Aujourd'hui, vivent en Amérique du Nord, ± 15M de personnes d'ascendance neufrancienne, parfaitement anglicisées, tels Madona, Justin Bieber, Angelina Jolie, Beyoncé, Lady Gaga et... Hillary Clinton. Nous serions aujourd'ui au Québec ± 22M de Québécois,es d'ascendance neufrancienne.


    Notre disparition ne s'est pas avérée. Nous sommes ± 7M au Qc et ± 8M en Amérique du Nord parlant toujours le français. Les Peuples Souverain d'Écosse et d'Irlande ne peuvent pas en dire autant, ils parlent l'anglais.


    Après la Conquête nos élites militaires, politiques, économiques, intellectuelles, entrepreneuriales ont quitté. Ne sont restés que le bas clergé, la petite noblesse et le bas peuple. Or, ce peuple privé d'élites conséquentes a su trouver comment résister à l'envahisseur, comment déjouer tout ce qu'il a pu inventer, machiner, pour nous faire disparaître. À partir de trois fois rien, chaque génération cédant à la suivante plus qu'elle n'avait reçu de la précédente, en moins de 200 ans ce Peuple soi-disant sans culture et sans Histoire a pu se reconstituer des élites propres capables à la faveur de la Révolution tranquille se réapproprier la moitié de son économie, de son État, non sans rattraper ses retards en éducation de sa population.


    C'est donc dire que ce Peuple Souverain a pu vaincre l'Empire le plus puissant de toute l'Histoire de l'Humanité. Sa fine fleur intellectuelle et politique autocrate a erré. Elle n'a pu nous faire disparaître.


    Nous disposons donc de tout ce qu'il faut pour renverser l'État de clair déni démocratique du Royaume de la Couronne canado-britannique qui s'impose u Québec de force et d'autorité impériale sans jamais avoir ni sollicité ni obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es. Une Couronne qui en est réduite à proférer des menaces de représailles commanditaires pour pouvoir espérer s'imposer encore par défaut, une Couronne aussi indigue qu'usurpatrice qui en est réduite à dépenser des énergies folles pour manipuler l'information, pour instiller et encourager la division sous tous prétextes les plus fallacieux les uns que les autres.


    Ne reste qu'à disposer d'élites citoyennes et politiques conséquentes qui se décident à rompre avec la gouvernance collabo-provincialiste qui a été rejetée par les Québécois,es lors des dernières élections à Québec en rejetant la gouvernance collabo-provincialiste du PQ/Lisée. Jamais les conditions n'ont été plus favorables à la formation d'une UNION de coalition démocrate sur un même Programme COMMUN d'État démocratique républicain capable d'élire une députation majoritaire s'étant engagée avant les prochaines élections à tenir à Québec, à former un gouvernement de libération démocratique nationale qui refuse de gouverner Le Peuple en vertu d'une Loi constituante canadian autocrate parfaitement illégitime qui n'est pas celle du Peuple.


    Un Plébiscite constituant révocatoire


    Un gouvernement de LIBÉRATION démocratique qui expédiera les affaires courantes non sans convoquer l'ANQ | Assemblée nationale du Québec pour qu'elle adopte 2 Actes constituants fondateurs devant prendre effet dès après la tenue d'un plébiscite ( référendum ayant force de loi ) à double proclamation constituante portant d'abord sur l'État concret actuel afin que Le Peuple se prononce sur lui pour la première fois de son Histoire, et ce, pour le Proclamer INVALIDE au Québec puisqu'il n'a pas obtenu pour ses Actes constituants le clair OUI du Peuple et pour, dans la foulée, Proclamer SEULE VALIDE au Québec la Constitution primordiale de la République démocratique du Peuple Souverain du Québec.


    Ce qui fait s'effondrer à la face du Monde libre la prétention démocratique de l'État illégitime autocratique de l'État du Royaume de la Couronne du Canada répudié par la députation unanime du Peuple Souverain du Québec réunie à  l'ANQ. Ce qui fonde un État démocratique républicain valide, la 1ière République du Québec.



  • Gilles Verrier Répondre

    12 mars 2019

    Merci pour cette réponse élaborée. Je ne reviendrai pas sur tous les points pour le moment. car il y en a beaucoup.


    Vous écrivez :



    «Renoncer totalement à la « québécitude » qui vous pose tant problème,c'est également renoncer au caractère national du Québec, base fondatrice de la légitimité du combat souverainiste. »



    Ainsi votre phrase attribuerait un «caractère national au Québec», ce qui en ferait la «base fondatrice de la légitimité du combat souverainiste.» C'est peut-être le point le plus important de votre message. Savoir, qu'est-ce qui fonde la légitimité de notre combat. Ma réponse permettra de dégager ce qui est selon moi la nature de l'état et de la nation dans le contexte qui est le nôtre.


    D'abord, il faut partir des faits et reconnaître que ce n'est pas le Québec, territoire administratif canadien, une province qui dispose des mêmes droits et qui a les mêmes obligations que les autres, ce n'est pas elle, la province, qui possède un caractère national qui serait le nôtre. Le conflit « existentiel » ne se situe pas «entre deux niveaux de gouvernements», « entre deux juridictions », même si c'est dans cette perspective, celle de notre inclusion implicite dans le deuxième Canada, qu'ont toujours été envisagés les rapports constitutionnels avec lui. Une approche d'ailleurs reconduite sans modification par le PQ souverainiste, validée par Claude Morin, comme vous savez, et qui a servi à embrouiller le vrai fond de l'affaire. Entendons-nous aussi sur le fait que la province de Québec a été crée par les Anglais. Ce sont eux qui ont défini ses institutions et qui les ont faites évoluer selon leur volonté, leurs contingences et leurs intérêts. La nation française d'Amérique n'a pas choisi le Québec et son régime politique, cela lui a été imposé. Certes, l'équivoque existe parce que, pour des raisons de majorité démographique évidentes, on a voulu s'identifier à une superstructure politique-étatique dans laquelle il y a toujours eu une présence importante de la nation réelle au sein de la législature. Mais c'était prendre le nombre pour le pouvoir. C'était sous-estimer le fait que le dispositif «démocratique» n'était pas le fait de notre nation, mais institué par la puissance étrangère pour assurer son hégémonie et sa pression assimilatrice. Le dispositif est verrouillé. Mais il y a eu quand même, et il y a toujours méprise. La suite renforce cette idée.


    L'histoire législative de la Province de Québec démontre en effet que la nation majoritaire a tenu son inclusion législative pour un fait de pouvoir. Or, si ce pouvoir peut créer et fusionner des municipalités, il ne peut pas changer l'existentiel, le rapport de force, le verdict de l'histoire. L'historien Maurice Séguin a consacré toute son œuvre à démontrer l'annexion. Le sociologue Balandier est arrivée à la même conclusion par d'autres voies, en mettant de l'avant le concept de minorité et de majorité sociologique. Mais, heureusement, cette simple vérité de notre condition est accessible à tout le monde. J'en ai souvent parlé moi-même comme du «droit de veto de la minorité sur la majorité». J'ai aussi maintes fois utilisé la formule de «l'État du Québec arbitre et garant des inégalités nationales». À cela,il faut concéder qu'il y eu quelques très rares exceptions, moments où l'État a agi pour l'intérêt de la nation dans un ordre autre que symbolique. C'est selon moi la Loi 101 qui a été le seul moment d'action substantiel de l'État du Québec en notre faveur. Le droit de veto de nos maîtres s'est quand même appliqué, mais après le fait, graduellement, et «notre» état s'est incliné.


    Le conflit national au Canada découle de l'absence de reconnaissance politique de la nation française d'Amérique, pour le dire dans vos termes. De l'absence d'institutions politiques propres. C'est là que se situe l'injustice. Il faut exposer clairement nos droits nationaux qui ont un fondement socio-historique. Il faut les exposer à la population, au régime canadien et dans le monde, dans une présentation qui brise le cadre restrictif du «common law», dont nos avons accepté trop facilement les limites. Pour poursuivre sur le sujet, vous pouvez consulter le lien suivant : 


    https://gilles-verrier.blogspot.com/2019/03/lexportation-du-systeme-juridique.html




  • Gilles Verrier Répondre

    10 mars 2019

    À l'auteur,


    Le débat sur la ré-affirmation de l'identité canadienne-française est très sérieux, il mérite qu'on n'en réduise pas le sens en prétendant tout de suite qu'il s'agit d'une retour au catholicisme d'antan ou au fédéralisme, même si certains peuvent l'entendre de cette façon, ce n'est pas là que réside son intérêt. 


    Le constitutionnaliste Henri Brun estime que, pour l'Assemblée nationale la nation québécoise se définit comme toutes les personnes qui résident au Québec et qui se considèrent telles. Pour Jean Charest



    « le terme Québécois renvoie à toute personne qui vit au Québec, y compris les aborigènes. »



    Pour Bernard Landry, le vocable québécois



    « englobe toutes les personnes de citoyenneté canadienne -- et j'espère bientôt québécoise -- qui habitent notre territoire. ».



    Landry et Charest étaient d'ailleurs unis dans le cadre du fameux vote unanime qui adoptait la Loi 99. Il vous suffirait de relire les considérants de la Loi 99 pour réaliser que la classe politique du Québec est unanime à définir la nation québécoise comme une nation formée de différents «groupes», en fait formée des Canadiens-Français (deux substantifs insécables) et des Canadiens-anglais du Québec, plus les Amérindiens. Nous sommes donc avec la québécitude dans un concept proche du post-nationalisme du Canada. On a fait disparaître les « Two nations at war in one state », pour reprendre les mots de Lord Durham. C'est dans ce contexte de la disparition de notre identité explicite, organisée par l'État du Québec, et, forcément, de la disparition de la lutte pour notre statut d'égalité nationale que la réaffirmation de l'identité canadienne-française redevient indispensable pour sortir notre nation de l'anti-chambre de la mort. Connaissant votre littératie, je trouve surprenant que vous arriviez à formuler des conclusions comme celle-ci :



    «Lorsque les gens parlent des « Québécois », ils ne parlent pas des Anglais de Westmount ou des Pakistanais de Parc Extension : ils parlent des « de souche ». C'est tellement une évidence, que c'est gênant d'avoir à le dire.».



    Or, ce n'est justement pas une évidence parce que le vocable Québécois est un tissus d'ambiguïté qui se plie à tous les intérêts nationaux et trompe l'opinion publique francophone. Même Stephen Harper a préféré Québécois dans la texte anglais dans le texte d'une loi plutôt que Quebeckers, c'est tout dire. Si votre combat est la défense de la « nation française d'Amérique », je vous invite à revoir certains a-priori et à vous prononcer en faveur d'une ré-écriture des considérants de la Loi 99.



    • Alexandre Cormier-Denis Répondre

      12 mars 2019

      Tout vocabulaire est inévitablement ambigu.


      Évidemment, le langage légal et juridique fait de tous les habitants du Québec des Québécois, même si nous savons tous que ce n'est pas le cas, comme nous le rappelait récemment Roméo Saganash.


      Sur le plan légal, les descendants d'Algériens de la quatrième génération nés en Seine-Saint-Denis qui font des attentats djihadistes sont aussi Français qu'Emmanuel Macron. Même chose pour les immigrés latinos de seconde génération qui revendiquent un statut spécial pour l'espagnol aux États-Unis ; ils sont techniquement aussi Américains que Donald Trump.


      Sont-ils culturellement français ou américains pour autant ? Bien sûr que non.


      En abolissant la loi sur le profilage ethnique des immigrés dans les années 1960, le Canada a laissé entrer des populations extra-européennes inassimilables. Voilà le nœud du problème.


      On pourra habiller le terme « Canadien français » du même revêtement que celui que recouvre actuellement « Québécois », cela ne changera rien à l'affaire : les politiques migratoires actuelles font en sorte que nous serons bientôt minoritaires au Québec. Il faudrait surtout commencer à militer pour l'arrêt du droit du sol et de la citoyenneté à rabais qu'accorde actuellement le gouvernement fédéral, permettant aux masses allogènes d'influencer notre avenir politique par une présence démographique de plus en plus importante.


      Nous pouvons quitter la définition civique de la nation, mais il faudra alors assumer pleinement le caractère ethnique de notre nationalisme. Pour l'instant, aucun parti politique n'a l'envergure pour proposer un tel changement de cap.


      De plus, je crois que vous sous-estimez la portée symbolique du fédéralisme implicite qu'impose le terme Canadien français. C'est inévitablement un retour au territoire canadien, puisqu'il fait du Québec un territoire parmi d'autres de notre espace national. Or, nous ne sommes chez nous ni à Hawksbury ni à Saint-Boniface. Renoncer totalement à la « québécitude » qui vous pose tant problème, c'est également renoncer au caractère national du Québec, base fondatrice de la légitimité du combat souverainiste.


      Encore une fois, je le répète, il est possible de redevenir Canadien français, mais il faut en assumer toutes les conséquences politiques : défense de l'ethnicité, retour à la foi catholique de nos ancêtres et assumer l'ambiguïté de notre appartenance territoriale.


      Par ailleurs, je ne comprends pas exactement quel reproche vous faites à cette fameuse Loi 99, qui me paraît personnellement beaucoup trop soucieuse des revendications minoritaires amérindiennes et anglaises. Elle s'inscrit dans une défense d'un Québec multinational que vous semblez défendre vu qu'elle reconnaît les « nations » (sic) amérindiennes et la « communauté d'expression anglaise » comme des parties séparées de la « majorité historique ».


      On pourrait justement reprocher à la Loi 99 d'être trop communautariste et de ne pas être assez républicaine, car en reconnaissant l'existence de différentes nations sur son territoire, elle fait du Québec un État explicitement multinational. Mais si cette critique est justifiée, il faudrait alors défendre un nationalisme totalement civique comme le sont les nationalismes républicains français et américains - ce qui nous éloignerait davantage du nationalisme ethnique que vous semblez défendre - et nous lancerait dans une guerre juridique avec les conseils de bandes amérindiens qui tiennent à leur reconnaissance nationale.


  • Éric F. Bouchard Répondre

    9 mars 2019

    « Français du Canada » ou « Canadiens » tout court, avant que le Conquérant ne s’identifie au Canada, puis « Canadiens-Français » après qu’il l’eût fait, ce ne sont que des variantes d’un même nom. Un nom ancestral qui renvoie, comme vous dites, à une même réalité nationale forgée par l’Histoire.


    En revanche, « Québécois » relève d’une idéologie d’après-guerre, d’un néonationalisme d’intellos et de littéraires, très proche de ce qui deviendra plus tard le multiculturalisme canadian, et qui devait nous libérer d’une soi-disant infériorité culturelle ou civilisationnelle.


    Devenir Québécois, c’était précisément tuer le Canadien-Français en nous, c’était s’identifier à un peuple joualisant ou franglisant, laïc mais ouvert à toutes les influences, défini par son État provincial et son américanité, à un peuple comprenant des francos, des anglos, des allos et des Premières Nations, s'identifier à un peuple nouveau qui, selon ces fameuses élites néonationalistes, méritait, lui, une pleine souveraineté pour s’épanouir.


    ACD, il n’y a qu’une seule rupture identitaire dans notre Histoire, et elle est au fondement du Québec diversitaire et bilingue qui est désormais notre réalité « nationale ». C’est donc de cela dont vous êtes fier?


    Être Canadien-Français ou ne pas l’être, telle fut la question pour chaque génération des nôtres depuis 1760. Et tel reste le choix national qu’il nous faudrait faire encore aujourd’hui pour éviter l’effacement qui nous guette.


    • Alexandre Cormier-Denis Répondre

      9 mars 2019

      Voilà exactement le problème : vous réfléchissez uniquement à partir de la Conquête, c'est-à-dire en conquis.


      Notre histoire nationale ne débute pas en 1763, à la suite du Traité de Paris, mais bien en 1534 avec la croix plantée par Jacques Cartier au nom du Christ et du Roi de France.


      Par ailleurs, personne ne parlait des « Canadiens français » en 1760. C'est un terme qui apparaît uniquement dans la première moitié du XIXe siècle. Et vous le savez très bien.


      Vous reconstruisez une histoire imaginaire pour la faire coller à votre obsession terminologique.


      Je vais me répéter : notre nom a changé, la réalité est restée la même. Nous défendons la nation française d'Amérique.


      Lorsque les gens parlent des « Québécois », ils ne parlent pas des Anglais de Westmount ou des Pakistanais de Parc Extension : ils parlent des « de souche ». C'est tellement une évidence, que c'est gênant d'avoir à le dire.


      Vous pouvez naïvement fétichiser le terme « Canadien-Français » (dont vous déformez la graphie, par ailleurs), cela ne change rien au problème de fond : notre marginalisation démographique par l'immigration massive voulue par les réseaux fédéralistes.


      L'objectif n'est pas de recevoir une carte d'Indien par le fédéral qui nous aurait reconnu comme un groupe ethnique parmi d'autres de la diversité canadienne d'un océan à l'autre. L'objectif des nationalistes « québécois » ou « canadiens-français » ( peu importe le terme choisi ) est de projeter notre volonté de puissance par la construction d'un État national souverain.


  • Gilles Verrier Répondre

    9 mars 2019

    Nous ne redevenons pas Canadiens-français, nous l'avons toujours été. C'est l'histoire qui le dit. 


    • Alexandre Cormier-Denis Répondre

      9 mars 2019

      Toujours ?


      Bien sûr que non.


      L'histoire nous indique surtout que nous avons été successivement Français, Canadiens, Canadiens français et finalement Québécois.


      Nous avons au moins changé de nom quatre fois en quatre siècles. Peut-être changerons-nous encore de nom demain. Notre réalité nationale, elle ne change pas : nous sommes la nation française d'Amérique.


      On peut habiller le terme Canadien français de toutes sortes de choses, comme le font très bien Alexandre Soublière et Daniel D. Jacques, sans jamais que cela ne débouche sur une définition consensuelle.


      Remarquons également que ces auteurs appellent dans le même souffle à renouer avec la dimension canadienne de notre identité et donc à faire concorder le pays réel et le pays imaginaire, soit le Canada. C'est un appel à redevenir fédéraliste, c'est à dire à croire encore que le Canada est notre « véritable » pays.


      Pour ma part, je crois que les termes « Québécois » et « Canadien français » renvoient, in fine, à la même réalité nationale. Au lieu de tomber dans des arguties qui peuvent sembler proches des tirades d'Elvis Gratton, les souverainistes devraient se concentrer sur la prise de contrôle de l'État par un gouvernement nationaliste qui bâtit l'État national et empêche notre submersion migratoire afin que nous demeurions majoritaires sur ce territoire qui est le foyer historique de notre enracinement sur le continent.


      Une reconnaissance ethnique par Ottawa ne ferait que nous folkloriser davantage. Or nous ne voulons pas être relayés au statut qu'ont les Amérindiens, mais bien exercer notre volonté de puissance par un État indépendant et souverain.