Questions à Alain Gravel

Sur la lâcheté d'une dénonciation anonyme

Tribune libre

Monsieur Gravel, vous êtes un journaliste aguerri et respecté. Vous savez donc que venant de vous, le reportage alléguant que le mari de Pauline Marois aurait sollicité pour sa femme des dons de financement à des dirigeants de firme d’ingénieurs ayant eu recours à des prête-nom ne peut qu’être dévastateur.

On peut supposer que pour rendre publique une nouvelle ayant un impact électoral aussi négatif et aussi synchronisé dans cette fin de campagne, vous devez être absolument certain de la crédibilité de vos sources. Or, si vous en êtes sûr, pourquoi Radio-Canada titre-t-elle, au conditionnel, que Claude Blanchet « aurait » posé de tels gestes? Est-ce parce que persiste un doute? Et si tel est le cas, pourquoi en entrevue avec Pauline Marois le 1er avril, votre estimée collègue Céline Galipeau a-t-elle parlé des « révélations d’Alain Gravel »?

Par ailleurs, l’une de vos deux sources dit avoir récolté 25 000$ en 2007 en échange d’un accès privilégié à Pauline Marois. Mais à cette époque, le PQ venait de récolter son plus faible vote populaire depuis 1976, étant alors réduit au statut de deuxième opposition à l’Assemblée nationale. Les perspectives d’avenir pour ce parti alors fortement endetté et démobilisé étaient des plus sombres. L’accès à une femme aspirant à devenir la chef d’un parti dont la réélection apparaissait si lointaine était-il à ce point monnayable?

Et si ces deux dirigeants de firme d’ingénieurs sont dignes de foi et tiennent tant à dénoncer ce qu’ils appellent « l’hypocrisie des partis politiques », pourquoi fallait-il absolument qu’ils fassent leur sortie quelques jours avant le vote plutôt que quelques jours après, là où il se doit, soit à la commission Charbonneau? Et s’ils sont sûrs d’eux, pourquoi tiennent-ils tant à la confidentialité, laissant Claude Blanchet sans défense devant des accusateurs dont il ne connait même pas l’identité? Bref, monsieur Gravel, les adversaires du PQ ayant montré jusqu’où ils pouvaient aller, avec le coup de la Brink’s autrefois et, plus récemment, avec le scandale d’Option Canada et celui des commandites, se pourrait-il que vous soyez victime d’une manipulation?

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Christian Gagnon138 articles

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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10 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    2 mai 2014

    Je suis certaine que M.Gravel n'en a plus pour bien des années au service de radio-canada puisqu'il coupe beaucoup dans le personnel et un jour ce sera son tour mais là ou je suis certaine c'est que un jour ou une nuit il se réveillera en regrettant d'avoir dit des choses q'il n'aurait pas due et surtout d'avoir couvert certaines personnes en se disant j'ai eu la chance le pouvoir de la parole pour dire des choses et je ne l'ai pas fait et il regrettera mais il aura perdu ce pouvoir de la parole public.Il sera trop tard pour sa conscience s'il en a une encore.

  • Grarlam Répondre

    6 avril 2014

    La commission Charbonneau s'est empêchée de siéger justement pour éviter des déclarations telles que M Gravel a rendues publiques.
    Est-ce que la Société Radio Canada , dont le mandat est de promouvoir l'unité du Canada a donné les instructions à M Gravel de poser ce geste malicieux juste avant l'élection, sachant fort bien tout le tort que cette allégation publique causerait à la formation politique qui prône la souveraineté?
    Voyons donc! Il faut être naïfs pour ne pas voir, dans cette action machiavélique, la direction de Radio Canada ordonnant à ses serviles employés un tel geste immoral dans ces circonstances.
    Ou M Gravel a-t-il perdu son code d'éthique au sein de cette organisation?

  • Archives de Vigile Répondre

    4 avril 2014

    Ce n'est pas un problème de journalisme.
    Ce n'est pas un problème d'éthique.
    C'est le résultat du déploiement de la société du spectacle.
    L'information est considéré comme une marchandise, et les réseaux doivent faire du spectaculaire.
    Ce cas, dans le domaine du spectaculaire, vaut bien celui du paradis fiscal de Couillard, argument (?) cité et exploité abondamment par le PQ.
    On ne peut se mettre sur ce terrain et déplorer, ensuite, que vos adversaires répliquent de la même facon.
    C'est aussi le problème du Québec Inc, ou tout le monde se connait, ou l'état est partout, et ou le capitalisme de complaisance règne (crony capitalism disent les anglos).
    Claude Blanchet fait partie de ce monde, il suffit d'examiner son passé professionnel. La frontière entre 'faire des affaires', cooptation, copinage, et dérives en tout genre, est souvent mince, la compromission est toujours présente.
    Qui dans ce milieu, actuellement, n'a pas de squelettes dans son placard ?
    Une dérive, avec des cas limites, comme Charles Sirois, ou PKP dont la situation actuelle, dans l'industrie des médias, n'est du qu'a l'intervention de la CDPQ, lors du rachat de Videotron aux Chagnon.
    Une campagne électorale ou l'injure, la boue, la presse de caniveau auront dominé l'agenda.
    Phrase souvent attribué à de nombreux personnages;
    'Les promesses électorales n'engagent que ceux qui les écoutent'

  • Archives de Vigile Répondre

    3 avril 2014

    Certains péquistes ont un drôle de raisonnemnt. Quand les enquêtes salissent des personnes d'autres partis, ils applaudissent Monsieur Gravel. Toutefois, la moindre critique ou découverte sur un péquistes, alors là, l.enquêteur devient malhonnête, vendu, etc.
    Et le moment de sortie de cette nouvelle arrive justement alors que Pauline Marois soulève des problèms d'éthique et tout de suite apres la nouvelle concernant le paradis caché de P Couillard.
    La justice était de sortir une nouvelle négative sur le chef libéral et de protéger P Marois?? Deux poids deux mesures Monsieur Gagnon??

  • Archives de Vigile Répondre

    3 avril 2014

    Extrait du guide de déontologie des journalistes de la FPJQ,non respecté ici (je ne vois pas quel préjudice la source encourt, les infractions de 2007 étant prescrites):
    "6 a) Anonymat
    Des informations importantes ne pourraient cependant être recueillies et diffusées sans que les journalistes ne garantissent l'anonymat à certaines sources. Cet anonymat peut toutefois servir aux sources pour manipuler impunément l'opinion publique ou causer du tort à autrui sans assumer la responsabilité de leurs propos.
    Il ne sera donc accordé, en dernier recours, que dans des situations exceptionnelles:
    ◾L'information est importante et il n'existe pas d'autres sources identifiables pour l'obtenir;
    ◾L'information sert l'intérêt public;
    ◾La source qui désire l'anonymat pourrait encourir des préjudices si son identité était dévoilée.
    Les journalistes expliqueront la préservation de l'anonymat et décriront suffisamment la source, sans conduire à son identification, pour que le public puisse apprécier sa compétence, ses intérêts et sa crédibilité."

  • Archives de Vigile Répondre

    3 avril 2014

    Non mais qui a jamais décrété que A.Gravel étais un journaliste respectable? Pas moi en tout cas. Il n'est qu'une des vedettes auto-proclamé de Radio-tralala. Je n'ai jamais vu ou entendu quelque chose d'édifiant ou de confondant venant de lui ou des ses acolytes. R.C. est devenue une boîte de prétentieux incompétents chose que je n'aurais pas crus possible il y a 50 ans. Ils faut les croire parce qu'ils nous le disent avec une face d'un pied de long.
    Moi si on me dit qu'un-tel a fait ceci ou cela, je veux des preuves et des solides, et j'aimerais que tous et chacun en fasse autant.

  • Henri Marineau Répondre

    3 avril 2014

    "La crédibilité est comme un arbre, lente à pousser mais vite à couper" Auteur anonyme

  • Archives de Vigile Répondre

    3 avril 2014

    Oui Gravel s'est prêté à de basses manoeuvres probablement sur commande de ses boss. C'est dommage car il avait tellement de crédibilité et en un instant il l'a totalement perdue. Je ne le regarderai plus jamais de la même manière.
    La crédibilité se perd en un instant. Elle se gagne avec du travail acharné. Tout ce travail fait par le seul journaliste crédible qui restait dans cette boite démolit en un instant. Triste

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    3 avril 2014

    "... les adversaires du PQ ayant montré jusqu’où ils pouvaient aller..."
    ...ajoutons le Directeur Général des Élections, et son porte-parole, allés jusqu'à affirmer que le lendemain d'un gouvernement majoritaire P.Q. ils mettaient en marche la préparation d'un référendum...
    Ceci illustre aussi le travail de sape de ces "adversaires" pour qu'au pays du Québec, le mot "référendum" soit devenu un gros mot. On en est réduit à le remplacer par "consultation populaire". Et durant cette présente campagne électorale, où tous les partis clament "on en veut pas de référendum", on force la Première ministre à préciser le sens de "quand les citoyens seront prêts". Tout à fait à propos, elle réplique: Actuellement, direz-vous qu'ils sont prêts? Ceci devrait laisser cois les Dussault, Galipeau, et surtout le mufle Patrice Roy qui l'a fait parader au grand vent glacial d'avril pour tenter de ridiculiser ses répliques sur la charte de laïcité.
    Qu'il est difficile de "briser un pays"! Vienne la démocratie!

  • Archives de Vigile Répondre

    3 avril 2014

    Monsieur Gagnon, votre écrit est fort éloquent. Dans toute cette affaire, je suis fort déçu qu'un homme tel que monsieur Gravel se soit prêté à une telle manœuvre si basse en soi. Beau coup de Jarnac.