Pays, Indépendance, Identité française

Québec, un pays?

Le Québec ne deviendra jamais un pays pour les dix raisons suivantes

Tribune libre

Le Québec ne deviendra jamais un pays pour les dix raisons suivantes:
1. Aussi longtemps que les Québécois n’auront pas construit leur identité nationale, ils n’auront pas de pays. Tant et si longtemps que les Québécois se contenteront d’être seulement un peuple fondateur d’une autre identité, d’être une nation distincte et une province comme les autres, ils ne se donneront pas un pays.
2. Aussi longtemps que les Québécois ne rejetteront pas le mensonge de la souveraineté-association qui les garde sous la férule de la Canadian Charter of Rights and Freedoms, ils n’auront pas de pays. Depuis quarante ans, malgré le Bill 63, la Loi 22, la Loi 101 et dernièrement la Loi 104, la langue française est toujours attaquée et bafouée dans ses droits. Elle devrait s’imposer de la maternelle à l’Université.

3. Aussi longtemps que les Québécois ne seront pas suffisamment fiers de leur identité nationale et du français comme langue officielle de la communication et du travail au point d’intégrer, à tous les niveaux, les immigrants dans leur unité nationale, ils n’auront pas de pays.
4. Aussi longtemps que les Québécois n’enlèveront pas du pouvoir le Bloc québécois et le Parti québécois, toujours soucieux de défendre leurs propres intérêts avant ceux du peuple québécois, les Québécois ne se donneront pas un pays. Pour y arriver, les Québécois devront se trouver un leader et une équipe charismatiques issus du peuple, capables de rassembler, de motiver et de mettre sur pied de grands projets d’avenir pour ce peuple.
5. Aussi longtemps que les Québécois ne réaliseront pas que les universités anglophones reçoivent 27 % du financement du provincial et 34 % du fédéral, alors que la population de langue maternelle anglaise est de 8 %, ils ne se considéreront pas un pays. Et que dire du fait qu’un allophone sur deux va au cégep anglais et après à l’université anglaise?
6. Aussi longtemps que les Québécois ne consentiront pas à un État au service du bien commun et que, malgré tous leurs efforts consentis, celui-ci n’arrivera jamais à satisfaire les appétits de ses citoyens. Centrés uniquement sur leurs valeurs individuelles et matérielles, les Québécois ne trouveront jamais les bons leaders pour les combler. Ce n’est pas étonnant que les campagnes électorales ne soulèvent plus l’enthousiasme, parce qu’elles tournent toujours en rond autour de l’économie à court terme, en délaissant l’emploi, l’éducation, la santé et les grands projets d’infrastructures à long terme.
7. Aussi longtemps que les Québécois ne se donneront pas, comme dans toutes les démocraties, une philosophie citoyenne qui comporte un certain nombre de valeurs fondamentales, ils n’auront pas de pays. Comment penser faire un pays sans protéger la famille comme cellule fondamentale et première. C’est au cœur de ce noyau naturel que l’être humain apprend à vivre en société. Les divorces, les familles monoparentales, les familles reconstituées engendrent trop souvent la pauvreté et la marginalisation sociale. L’équilibre social, au Québec, est menacé, puisque la cellule naturelle qui devait l’assurer n’existe plus.
8. Aussi longtemps que les Québécois ne reconnaîtront pas la nécessité de soumettre leurs intérêts individuels à un intérêt supérieur comme la solidarité sociale, ils fomenteront toutes sortes de jeux politiques engendrant des rivalités, des ghettos culturels, de l’insécurité et de l’exploitation des plus fragiles et des plus faibles.
9. Aussi longtemps que les Québécois ne cultiveront pas une éthique sociale capable d’assurer la paix, l’équité et la sécurité, ils bafoueront leurs grandes valeurs morales. Si le « Pas vu, pas pris, pas coupable » devient l’unique norme morale valable pour le vivre ensemble, il n’y aura jamais d’identité nationale et de pays. Les Québécois arriveront à vivre en bon citoyens : en étant soucieux de l’environnement, en étant courtois au volant, en cultivant la politesse et le civisme, en travaillant honnêtement avec efficience et efficacité, en bannissant tout vol ou usurpation des biens d’autrui et de l’État.
10. Aussi longtemps que les Québécois continueront d’abandonner leurs racines chrétiennes, sans bruit, ils perdront définitivement cette conception spirituelle et religieuse qu’ils avaient d’eux-mêmes et de leur société. Ils s’érigeront en « êtres absolus » sans pouvoir donner un sens à leur existence. En crachant sur leur passé religieux, les Québécois désavouent toute religion et toute dimension spirituelle fondamentale de l’être humain. Se considérant une société laïque, souvent antireligieuse, le Québec est en train de perdre son supplément d’âme, qui faisait jadis sa fierté et sa dignité. On se suicide, on avorte et on euthanasie à volonté, sans remettre en question cette déshumanisation de leur tissu social. Le malaise du Québec vient de l’incapacité des Québécois à repenser leur commune destinée, hors de leurs intérêts personnels et immédiats.
Qu’est-il arrivé aux Québécois pour qu’ils perdent à la fois, leur langue, leur foi, leur culture et leur patrie?
Marius Morin
1 décembre 2009

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Marius Morin130 articles

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6 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    5 novembre 2009

    Je partage avec l’auteur la nécessité de brasser la cage de nos convictions pour retrouver l’inspiration et la fierté de ce que nous sommes comme peuple et de ce que nous voulons comme société. Les questions sur l’identité nationale, sur la place de la langue française, sur l’ouverture aux nouveaux arrivants, sur le type de société que nous voulons pour répondre aux défis des solidarités nécessaires au BIEN COMMUN doivent toutes nous interpeller et donner lieu à des échanges qui permettent de les approfondir. Je ne pense pas que l’émergence de chefs charismatiques soit conditionnée par la disparition du Bloc québécois ou par celle du Parti québécois. Je pense plus important de déployer les énergies que nous avons à bâtir notre projet de société en l’ouvrant à tous les Québécois et à toutes les Québécoises, peu importe leurs appartenances politiques, religieuses et sociales. Quant aux racines chrétiennes et à la famille dont parle l’auteur je pense important de les préciser de manière à ne pas les confondre avec ce que certaines idéologies en ont faites. Je pense, en particulier, à ces idéologies conservatrices qui les ont récupérées et mises à leur service. C’est le cas en Amérique latine avec le mouvement PATRIE, FAMILLE ET LIBERTÉ. Au Chili, nous avons connu PATRIA Y LIBERTAD qui a bien servi l’avènement de la dictature de Pinochet. Le Québec n’y a pas échappé et il est important d’en tenir compte. Il y a donc, sous les termes « racines chrétiennes » et « famille » matière à beaucoup de confusion. Pour les chrétiens, il faut être capable d’autocritique et surtout de prise de conscience des véritables valeurs évangéliques qui rejoignent les grandes aspirations humaines. Quant aux familles, force est de prendre acte de son élargissement et de leur assurer les ressources et l’encadrement qui leur permettront de renforcer les valeurs de solidarités et de fraternité. Je ne pense pas que nous puissions faire marche arrière sur les nouvelles composantes de la famille. Il y a toutefois place pour y inscrire des valeurs qui la rendront un foyer d’inspiration pour la société. Je remercie, M. Morin, pour son intervention qui est de nature à nous interpeller et à mettre à l’épreuve notre ouverture d’esprit pour les aborder sereinement.

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    1 novembre 2009

    @ Marius Morin:
    Vous nous demandez ce qui serait arrivé aux Québécois, pour qu'ils perdent leur culture, leur langue, leur foi et leur partie?
    Si je puis vous offrir une petite théorie...
    C'est que quand nous avons connu la défaite des Plaines d'Abraham, puis la période d'occupation qui a suivi, et cela ensuite longtemps pendant notre histoire, l'on nous a répété qu'au fond, c'était une bonne chose, pour nous, que cette conquête, car nous étions un peuple sans histoire... Voire une nation de pas-bons, mais là, nos conquérants magnanimes, nous offraient la possibilité de faire partie d'une grande civilisation (même si nous n'en étions pas vraiement dignes): l'empire britannique!
    On nous a enseigné une version déformée, tordue de notre histoire. Un exemple? Le mythe voulant que les Filles du roi aient été des prostituées!
    Nous en sommes venus à détester nos racines françaises (et la mère patrie), et notre propre identité...
    Quand nous avons, plus tard, réalisé la Révolution tranquille, nous avons fait un extraordinaire bond en-avant... mais nous avons parfois jeté le bébé avec l'eau du bain. Voilà, grosso modo, ce que je crois qui nous est arrivé, comme nation.

  • Archives de Vigile Répondre

    1 novembre 2009

    Aussi longtemps que les Québécois se tourneront vers l'anglicisation en utilisant des termes comme "leader", au lieu d'utiliser la dizaine de termes français existant déjà, le Québec ne sera pas un pays.

  • Archives de Vigile Répondre

    31 octobre 2009

    Monsieur Marius Morin,
    je ne suis vraiment pas d'accord avec votre 10e point. La religion n'a absolument rien à voir avec l'orientation politique du peuple québécois. Si vous comparez avec le peuple étatsunien, vous constaterez que rien ne va plus pour ses citoyens et pourtant, ils démontrent une grande ferveur religieuse. Le problème vient plutôt du capitalisme qui est un système matérialiste sans considération pour les valeurs humaines. Si la religion nous enseignait que "Hors de l'Eglise point de salut!", avec le système capitaliste, c'est la déchéance assurée car les valeurs humanitaires y sont secondarisées. Comment voulez-vous qu'un peuple se définisse une identité quand la structure qui le soutient n'est que matérialiste? La religion comporte des valeurs humanitaires mais on peut avoir des valeurs humanitaires sans religion.

  • Gilles Bousquet Répondre

    31 octobre 2009

    Pas du tout d'accord avec vous M. Morin,
    La religion a peut-être aidé les Canadiens-français, après la conquête mais elle a été, avec son enseignement de l'obéissance à l'autorité et de la peur de l'enfer, suite à des vilains péchés, principalement les sexuels, un frein à l'émancipation et à l'enrichissement des Québécois avec son discours sur l'argent du genre "Il est plus difficile à un riche d'aller au ciel" etc.
    Pour le futur, je fais confiance aux chefs souverainistes actuels et futurs, que nous choisissons démocratiquement et un peu trop souvent.
    Je perçois un peu de dépit dans votre message. Je vous encourage à reprendre confiance malgré certaines déceptions. L'intelligence collective des Québécois va finir par gagner, je ne sais pas exactement quoi, mais va finir par nous assurer la pérennité de notre langue et de notre culture.
    Je termine quand même avec une parole catholique, faible mais pas encore morte : Amen.

  • Archives de Vigile Répondre

    31 octobre 2009

    J'endose vos 10 raisons. Surtout la 10e. Elle explique les 9 raisons qui la précèdent.
    Nestor Turcotte- Matane