Pas de référendum sans un million de signatures, propose Cloutier

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Une proposition intéressante

Avec Alexandre Cloutier comme chef, le Parti québécois (PQ) ne ferait de référendum qu'après avoir reçu l'appui d'au moins un million de Québécois ayant apposé leur signature dans un registre officiel.
Le jeune loup d'Alma - qui réfléchit toujours à sa candidature - veut déclencher un référendum dès un premier mandat péquiste, a-t-il révélé hier en entrevue à La Presse. Mais pas sans ces signatures.
«L'appui d'un million de personnes pourrait donner un élan au mouvement souverainiste, et surtout une approbation populaire, s'est-il réjoui hier après-midi. C'est une approche qui est active et qui met la population dans le coup du début à la fin.»
Le député devrait publier une lettre ouverte aujourd'hui pour exposer son plan en détail.
Concrètement, Alexandre Cloutier propose de passer la première année d'un prochain gouvernement péquiste à fignoler un projet de Constitution, avant d'ouvrir un registre public pendant toute la seconde année du mandat.
Un an plus tard, le gouvernement fait les comptes. Plus d'un million de signatures: référendum à courte échéance. Moins d'un million de signatures: pas de référendum.
«Ce sont les Québécois qui vont avoir en fin de compte le dernier mot, a dit Alexandre Cloutier en entrevue. On pense que notre projet va être suffisamment bon pour obtenir notre million de signatures.» Soit environ 15% des électeurs.
Jacques Parizeau et Bernard Landry, entre autres, auraient été consultés avant la présentation de ce projet.
«La clarté sur le fond»
Selon le député de Lac-Saint-Jean, cette proposition permettra de dissiper le flou qui a coûté le pouvoir au PQ en avril dernier. «La clarté sur le fond, sur le contenu du projet» est essentielle, a-t-il plaidé.
M. Cloutier croit aussi que son projet peut davantage plaire aux militants péquistes que la promesse d'exclure la possibilité d'un référendum dans un premier mandat («on est dans des univers différents») ou que la promesse d'un référendum dès un premier mandat sans condition («il y a une certaine sagesse et un certain pragmatisme dans notre proposition»).
Il qualifie le seuil d'un million de signatures de «cible ambitieuse». Mais «nous aurons, à terme, plus d'un million de porte-parole répartis aux quatre coins du Québec», dit-il dans sa lettre ouverte.
L'avocat de formation fait aussi la distinction entre son projet et les référendums d'initiative populaire portés par la gauche du parti en 2008, puis par Bernard Drainville en 2012. L'initiative serait gouvernementale, a-t-il souligné, même si elle vise à obtenir une légitimité populaire.
Un dollar sur deux pour la souveraineté
D'ici à l'élection d'un éventuel gouvernement péquiste, Alexandre Cloutier veut que le Parti québécois investisse 50% des dons politiques qu'il reçoit dans la préparation de la souveraineté, soit environ 500 000$ par an.
Ces fonds serviraient à financer un «comité de préparation» à la souveraineté, créé dès 2015. Même s'il était «présidé par le chef du Parti québécois», le groupe devrait «transcender les frontières politiques» en intégrant des militants de Québec solidaire et d'Option nationale.
Sur la planche de travail de ce groupe: la confection d'un gigantesque document qui offrirait des réponses à toutes les interrogations des électeurs sur la souveraineté. L'inspiration lui vient d'Écosse, où il s'est rendu pour le référendum de la semaine dernière. Les indépendantistes écossais avaient préparé un document de plus de 600 pages pour rassurer leurs compatriotes.


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