Ottawa nomme un commissaire à « l’islamophobie »

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L’étau islamiste se resserre


Avec l’anniversaire de la tuerie de la mosquée de Québec, les fédéraux viennent d’annoncer la création d’un commissaire à l’islamophobie. Cette décision suscite plusieurs commentaires.


Précisons tout de suite que la haine des musulmans est complètement inacceptable. S’en prendre à eux physiquement l’est encore bien plus. Heureusement, les condamnations des attentats de Québec et de London ont été unanimes.


Critiquer l’islam est toutefois nécessaire. On a le droit de discuter des religions ou de les caricaturer sans pour autant se faire accuser d’avoir une phobie, comme si on souffrait d’une maladie mentale.


Mettons-nous maintenant dans la peau d’un fou furieux qui déteste les musulmans au point de vouloir les tuer. Cette personne peut être motivée par la haine et par des raisons idéologiques. Est-ce la création d’un poste de commissaire à l’islamophobie qui va l’arrêter? Bien sûr que non. Pour assurer la protection de nos concitoyens musulmans, il faut renforcer le travail de nos forces policières en protégeant les mosquées, en faisant du renseignement et ainsi de suite.


L’existence d’un commissaire à «l’islamophobie» ne manquera pas toutefois de nuire aux discussions sur l’islam. Ceux qui prennent la parole pour critiquer se feront accuser encore plus d’islamophobie, puisque le commissaire apportera sa caution officielle à ceux qui veulent museler ce débat.


Un exemple récent de cette dynamique est le Journal de l’association médicale canadienne (CMJA) qui a publié récemment l’image de deux fillettes portant le hijab. Dans cette même revue spécialisée, un médecin montréalais a critiqué la chose. Sherif Emil qualifiait le hijab, la burka et le niqab d’instruments d’oppression. Il s’est fait immédiatement accuser d’être «islamophobe», tout comme Yasmine Mohammed. Cette activiste antivoile est en effet intervenue en faveur du docteur Emil. Ayant grandi dans une famille islamiste, mariée de force à un membre d’Al-Qaïda, la femme de Vancouver est régulièrement accusée «d’islamophobie.»


Le CMJA a finalement présenté ses excuses pour l’article du docteur Sherif Emil, lequel a refusé de s’excuser. Parmi ceux qui ont mené la charge contre lui, on retrouve le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC). Cet organisme fait partie du procès contre la loi 21. Il y a quelques années, il a fait campagne en faveur de l’implantation de la loi coranique en Ontario en matière de droit familial.


Le CNMC s’est réjoui de l’arrivée d’un commissaire à «l’islamophobie». Il est écrit dans le ciel que celui-ci dénoncera la laïcité, par exemple en écrivant des lettres aux journaux. Dans ce genre d’exercice, il faut lire un article d’opinion qui a été publié cette semaine dans La Presse. Samira Laouni et Ehab Lotayef ont pris la plume pour condamner la loi 21. Ils invitent les Québécois à plus de «compréhension» et «d’amitié».


Cet appel ne manque pas d’ironie quand on examine le militantisme des deux intéressés. Samira Laouni s’est rendue célèbre lors de la visite d’un groupe de musulmans à Hérouxville dans les années 2000. Le village avait fait parler de lui en raison de son célèbre «code de vie». Madame Laouni avait alors offert un livre à la bibliothèque municipale, Les droits de la femme en islam. L’auteur, Mutahhari Morteza, un mollah iranien, y prône l’inégalité des hommes et des femmes devant la loi. Cela «répond mieux aux besoins des droits naturels».


Pour ce qui touche Ehab Lotayef, celui-ci travaillait dans les années 90 à la mise sur pied d’un tribunal islamique au Québec. En 2020, dans les suites de l’assassinat de George Floyd par le policier Derek Chauvin, il a écrit que la loi 21 pourrait amener nos forces de l’ordre à tuer des Juifs, des musulmans et des sikhs.


Nul doute que Samira Laouni et Ehab Lotayef sont très heureux de la création d’un poste de commissaire à «l’islamophobie». Quand on remettra en question leurs prises de position, la nouvelle recrue dans l’équipe des fédéraux viendra à leur défense. Elle accusera les critiques de verser dans «l’islamophobie».



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Frédéric Bastien122 articles

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Titulaire d'un doctorat en relations internationales de l'Institut universitaire des hautes études internationales de Genève, Frédéric Bastien se spécialise dans l'histoire et la politique internationale. Chargé de cours au département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal, il est l'auteur de Relations particulières, la France face au Québec après de Gaulle et collabore avec plusieurs médias tels que l'Agence France Presse, L'actualité, Le Devoir et La Presse à titre de journaliste. Depuis 2004, il poursuit aussi des recherches sur le développement des relations internationales de la Ville de Montréal en plus d'être chercheur affilié à la Chaire Hector-Fabre en histoire du Québec.





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