Oléoduc 9B: Enbridge garantit à l’ONE la sécurité de la canalisation

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Avec les casseroles qu'elle traîne en matière de sécurité, la garantie d'Enbridge ne vaut rien

Enbridge estime que l’inversion du flux de l’oléoduc de la ligne 9B répond à toutes les conditions de l’Office national de l’énergie (ONE) puisque la configuration des valves le long de la canalisation épargnera les cours d’eau ainsi que les nappes phréatiques en cas de rupture.

Dans une lettre, la société établie à Calgary tente de rassurer l’Office national de l’énergie, qui avait soulevé des questions sur le respect de la condition 16 entourant l’installation de vannes aux principaux points de franchissement des cours d’eau.

Cela avait incité l’organisme à suspendre, le 6 octobre dernier, l’approbation du projet d’inversion et d’accroissement de la capacité de la ligne 9B, forçant du même coup Enbridge à retarder la mise en service de son projet, prévue pour le 15 octobre.

Dans sa réponse — datée du 23 octobre —, Enbridge explique à l’Office avoir respecté et même dépassé les mesures de sécurité requises, mais reconnaît avoir peut-être mal expliqué les détails techniques de son projet.

Le document de huit pages de l’entreprise souligne entre autres comment elle a préconisé la meilleure approche en considérant de nombreux facteurs, comme « l’incidence du profil d’élévation du positionnement des vannes » de l’oléoduc.

« Il est devenu évident pour nous que les principaux aspects de notre méthodologie de positionnement des vannes n’ont pas été clairement communiqués », écrit le président responsable des activités pipelines de liquides, Guy Jarvis.

Exploité depuis près de 40 ans, le tronçon de 639 kilomètres de l’oléoduc entre North Westover (Ontario) et Montréal constitue la dernière étape du projet qui vise à permettre l’accès aux raffineries de l’est du Canada.

La société pétrolière souhaite acheminer vers les raffineries du Québec et de l’Ontario quotidiennement entre 240 000 et 300 000 barils de pétrole en provenance des sables bitumineux.

« Notre méthodologie de positionnement des vannes intelligentes (PVI) fait intervenir un bon jugement basé sur des compétences techniques et des pratiques d’ingénierie saines pour réduire au maximum les volumes potentiellement déversés selon ce qui est raisonnablement possible le long de l’ensemble de la canalisation », souligne la lettre.

Selon Enbridge, cette méthodologie a mené à l’ajout de 17 vannes contrôlées à distance le long du corridor de la canalisation 9, portant le total à 74 vannes — dont 62 contrôlées à distance.

« En prenant en considération et en protégeant tous les franchissements de cours d’eau également en utilisant des vannes d’isolation contrôlées à distance […],Enbridge estime que son système […] surpasse les exigences réglementaires canadiennes », écrit l’entreprise.

Un porte-parole d’Enbridge avait déjà indiqué qu’au Québec, l’oléoduc traversait notamment la rivière des Mille-Îles, la rivière des Prairies et celle des Outaouais.

La société albertaine ignore toujours quand elle pourra aller de l’avant avec l’inversion et tout porte à croire qu’elle devra attendre jusqu’en 2015.

Même si Enbridge fait valoir qu’aucun incident majeur n’est survenu sur la ligne 9 depuis sa mise en service, de nombreuses municipalités s’opposent au projet d’inversion de la canalisation en raison des risques de fuite.

Le mois dernier, la Communauté métropolitaine de Montréal avait notamment critiqué Enbridge en affirmant que l’entreprise n’avait pas respecté deux des conditions de l’ONE.

L’oléoduc 9B, qui s’étend sur 639 kilomètres, avait à l’origine transporté du pétrole de Sarnia, en Ontario, vers Montréal, avant d’être inversé à la fin des années 1990 pour répondre à la demande du marché.

En 2012, Enbridge avait obtenu l’autorisation d’inverser le flux dans la section de l’oléoduc qui s’étendait entre Sarnia et North Westover.


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