Personne n’est parfait

Monsieur le maire Labeaume

Approuve le projet Énergie Est

Tribune libre

Il faut saluer avec force l’initiative du maire de Québec, monsieur Régis Labeaume, de prendre à bras-le-corps l’épineux dossier de la qualité de l’eau potable à Québec. L’urbanisation de la couronne nord de la Capitale nationale menace directement l’une des principales sources d’eau potable de la ville : le bassin versant du lac et de la rivière Saint-Charles. Comme chacun le sait, l’eau et l’air sont les deux éléments essentiels à la vie sur terre. Le corps humain est composé à 70 % d’eau. Il est donc impératif d’agir.

Malheureusement, personne n’est parfait. Monsieur le maire Labeaume approuve le projet Énergie Est de TransCanada. C’est une prise de position à tout le moins prématurée, voire intempestive, puisque le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement(BAPE) n’a pas encore réalisé l’analyse détaillée des risques, des coûts et des bénéfices pour le Québec de servir de transit à l’exportation d’hydrocarbures canadiens.

Est-il nécessaire de rappeler que 200 000 personnes des arrondissements de Cap Rouge et de Sainte-Foy puisent leur eau potable dans le fleuve Saint-Laurent…? Or, la prise d’eau est située à une dizaine de kilomètres en aval de la future traversée sous fluviale de l’oléoduc Energie Est de TransCanada à Saint-Augustin-de-Desmaures. Qu’arrivera-t-il en cas de déversement de pétrole dans ces eaux ?

Les personnes concernées pourront-elles s’approvisionner à même le lac et la rivière Saint-Charles, alors que la capacité de ce bassin est déjà problématique ?

Non, dans ce dossier du transport d’hydrocarbures sur le territoire de la Capitale nationale, Régis n’est définitivement pas à la hauteur du maire Labeaume !


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7 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    22 février 2016

    Malheureusement Monsieur Beaumont, le seul moyen de savoir si l'oléoduc est sécuritaire c'est de le construire et d'attendre qu'il pète.
    On doit cependant prendre en considération
    • les plus de 700 déversements de pipeline survenus au pays depuis 2008;
    • le débit annoncé de 764 barils (121 000 litres) chaque minute, ou si vous préférez 2 000 litres à la secondes;
    • la nature du produit transporté, du dilbit (bitume dilué), qui sera impossible à extraire des cours d'eau puisque sa densité le fera couler très rapidement — sans parler de tous les solvants servant à sa liquéfaction qui seront libérés directement dans l'environnement;
    • les effets d'agitation et de dispersion de la marée qui peut atteindre 5 mètres à l'endroit où se fera la traversée du fleuve;
    • le tracé prévu qui traversera sur de longues distances des sols sujets à des glissements de terrain et à des tremblements de terre.
    Je doute fort que le maire ait pris en considération tous ces paramètres avant d'arrêter sa position en faveur d'Énergie Est.
    Votre argument à l'effet que « Si nous choisissons par voie maritime et qu’il y a un désastre, que ferons-nous ? Si nous choisissons par camions, que ferons-nous s’il y a un désastre ? Donc, le pipeline s’avère plus sécuritaire que les trains et camions, sans être parfait. » repose sur la prémisse que nous devons obligatoirement, d'une manière ou d'une autre, accepter un tel volume de dilbit en transit sur notre territoire.
    Or je ne partage pas cette conviction. Qui peut accepter de faire courir un tel risque aux générations qui nous suivront pour les 50 prochaines années?
    Un principe de précaution élémentaire doit dominer prioritairement le processus décisionnel et le débat doit être public, ouvert et transparent. Évitons la roulette russe.

  • Michel Beaumont Répondre

    21 février 2016

    @ M. Fortin et M. Grandchamp.
    Les amis, voici la vérité!
    Comme vous le savez tous, depuis la méga catastrophe du Lac Mégantic, le transport du pétrole sur rail n'a plus la cote au Québec. Sinon, ça prendrait quoi pour apprendre? ( La déflagration n'était pas assez grosse? )
    Si nous choisissons par voie maritime et qu'il y a un désastre, que ferons-nous?
    Si nous choisissons par camions, que ferons-nous s'il y a un désastre?
    Donc, le pipeline s'avère plus sécuritaire que les trains et camions, sans être parfait.
    Suite à cela, il ne faut pas croire que si nous utilisions le pipeline toutes les horreurs et calamités seraient aux portes de la ville.
    Le maire désire savoir jusqu'où la sécurité supérieure par pipeline se rend.
    Sinon, aucun moyen de transport du pétrole ne prévaudrait! Non!
    Le maire Labeaume a choisi le pipeline, mais son accord n'est pas définitif encore car il a plusieurs questions à poser puisqu'une prise d'eau importante de la ville de Québec et une de l'Aquarium sont proches ( en aval ) de l'endroit où traversera le pipeline sous le fleuve.
    J'espère que cela vous renseignera davantage. Les réponses du BAPE seront déterminantes.
    Par ailleurs, vous auriez dû entendre le maire crier haut et fort que les dirigeants d'Énergie Est sont des INCOMPÉTENTS au niveau de l'information et des renseignements. ( Ce n'était pas beau ).
    Je ne suis qu'un observateur, non pas un décideur.( Je regrette ).

  • Archives de Vigile Répondre

    21 février 2016

    Monsieur Beaumont, ce qui est inquiétant avec le maire Labeaume c'est qu'il a déjà adopté une position favorable à Énergie Est avant même qu'une étude sérieuse ne soit amorcée et qu'on dispose d'un tableau exhaustif sur les risques que fait peser le projet.
    D'où tire-t-il sa conviction affirmée que l'oléoduc est le moyen le plus sûr pour le transport de pétrole si ce n'est du promoteur TransCanada dont c'est l'argument principal?
    Trop de facteurs inhérents au projet restent à prendre en considération avant de conclure aussi succinctement qu'il le fait. Fidèle à son habitude, le maire se prononce beaucoup trop vite.
    Ce n'est pas tellement qu'il doive éventuellement se dédire qui pose problème, mais qu'il prétende qu'il sera neutre et ouvert aux divers arguments lorsqu'il ira « à Lévis, pour poser un nombre de questions épais comme ça » alors qu'il a déjà pris position en faveur du pipeline?
    Encore une fois, le processus décisionnel du maire Labeaume se révèle obscur et inquiétant. Et il ne s'agit pas que de la région de Québec. Combien de municipalités tirent leur eau potable du Saint-Laurent? Je doute fort qu'autant de citoyens menacés d'un déversement — qui ne manquera pas d'arriver tôt ou tard — se satisfassent des paroles en l'air du maire de Québec.

  • Pierre Grandchamp Répondre

    21 février 2016

    @Michel Beaumont
    Selon ce que certains médias ont rapporté, Labeaume disait OUI à Énergie Est en lien l'affalre l'affaire "Bombardier".
    Signons la pétition anti Énergie Est: http://petitioncontreenergieest.quebec/

  • Pierre Grandchamp Répondre

    21 février 2016

    Signons la pétition à l'initiative du Bloc et du Parti Vert:
    http://petitioncontreenergieest.quebec/

  • Richard Dancause Répondre

    20 février 2016


    Le pire c’est l’argumentaire de M. Labeaume : « nous ne sommes pas à l’aube de pouvoir se passer du pétrole donc… ».
    La population sait que sa dépendance au pétrole ne peut s’éliminer en un clin d’œil.
    Mais comment se fait-il que personne ne parle que dorénavant le Québec devrait s’approvisionner du pétrole traditionnel de Terre-Neuve ?
    Nous souhaitons encourager l’économie Canadienne et cesser nos importations hors Canada. Terre-neuve est à nos portes et l’exploitation de son pétrole est traditionnelle donc non productrice d’un surplus de gaz à effet de serre (comme celle des sables bitumineux). De plus, en l’acquérant, nous diminuerons l’empreinte environnementale causée par le transport outre-mer de nos importations actuelles.
    J’entends déjà un argument : le transport maritime (du brut terre-neuvien) est moins sécuritaire que celui par pipeline.
    Ma réponse c’est: faux.
    1- le transport maritime existe déjà pour alimenter la raffinerie de St-Romuald et les accidents vécus sont mineurs et bien gérés.
    2- dans 30 ans, les bateaux qui seront utilisés pour faire ce même travail seront d’une nouvelle génération ce qui permettra de conduire ces opérations avec un même niveau de risque (sinon plus bas)
    3- par opposition, dans 30 ans ou dans 50 ans, le pipeline sera le même que celui installé originalement et son vieillissement augmentera les risques de jour en jour. Car un pipeline (contrairement aux bateaux), on ne le remplace pas, on le surveille. Mais il n’est pas éternel et il est certain qu’un jour une fuite se produira (sinon plusieurs dans un court laps de temps). À ce moment, M. Labeaume sera peut-être sous d’autres cieux mais les générations montantes subiront des dommages indescriptibles.
    4- enfin, il est désarment de constater que pour M. Labeaume, l'empreinte environnementale a des frontières. Encourager l'accroissement de la production de gaz à effet de serre en Alberta, cela a exactement le même effet que l'encourager à Charlesbourg; mais il faut s'élever en altitude pour comprendre cet énoncé.
    Très à courte vue et à basse altitude cette opinion et cet appuie.

  • Michel Beaumont Répondre

    20 février 2016

    Il ne faut pas conclure trop vite M. Roy.
    J'étais dans la salle du conseil, lundi le 15 février, lorsque le maire Labeaume a tenu à préciser qu'il irait à la consultation du BAPE, à Lévis, pour poser un nombre de questions épais comme ça.
    De plus, faut-il le préciser, le pipeline ne passera pas sur le territoire de la Ville de Québec.
    Mais, il y a un mais, M. Labeaume comme président de la CUQ et de L'Agglomération sera vigilant.
    SVP, M. Roy, ne soyez pas imparfait, attendez. Votre jugement ne s'en portera que mieux.