Réminiscence de mes souvenirs d'antan

Meilleurs voeux de Noël à vous toutes et tous!

Tribune libre


Quand arrive la période des Fêtes, je ne peux m’empêcher de me remémorer nos traditions québécoises qui, malheureusement, sont reléguées de plus en plus derrière l’éphémère clinquant d’aujourd’hui en plus de subir les contrecoups d’une attitude laxiste de certains de nos représentants devant les coutumes religieuses des immigrants.
Néanmoins, tels des billots qui seraient retenus au fond de l’eau par une pression incontrôlable, la réminiscence de mes souvenirs d’antan refait immanquablement surface lorsque les premiers chants de Noël recommencent à tourner sur les ondes.
Je me rappelle alors du traditionnel arbre de Noël que j’avais le privilège de monter avec mon père dans la soirée du 24 décembre et au pied duquel trônait une petite église qui se mettait à carillonner au moyen d’une clef que nous devions tourner à l’arrière.
Je me souviens aussi de mes premières messes de minuit auxquelles toute la famille assistait, envoûtée par les chants grégoriens qu’entonnaient des religieuses cloîtrées avec des voix qui semblaient venir du ciel.
Et que dire de la remise des étrennes dont mon père avait la responsabilité exclusive, trônant au milieu des cadeaux et les remettant délicatement à chacun de nous, tel un trésor venu d’un pays étranger.
Puis, délice ultime, nous étions conviés à la table pour déguster le frugal réveillon préparé depuis des jours par ma mère, une assiettée bien garnie de dinde, de patates en purée, de maïs en crème, d’atocas, de sa recette unique de farce et, pour couronner le tout, la bûche à la vanille enrobée d’un glaçage au chocolat.
Avec le temps, ces traditions québécoises tendent peu à peu à disparaître. Toutefois, installés bien au chaud dans mes tiroirs secrets, leurs souvenirs m’ont inspiré deux petits poèmes que je vous offre aujourd’hui en guise de meilleurs vœux de Noël 2011, tout en espérant vous faire revivre un peu de cette magie de Noël, toujours présente dans le cœur de nos enfants du Québec…pour autant que nous contribuions à la maintenir :
Devant mon arbre de Noël
Assis devant mon arbre de Noël
Emporté par la féerie de la nuit
Et la magie de la messe de minuit
Mes souvenirs me ramènent devant l’autel
Sont toujours présents les chants de Noël
Entonnés par des anges venus du ciel
Annonciateurs de la bonne nouvelle
D’un Sauveur-Enfant aux joyeux fidèles
Assis devant mon arbre de Noël
Emporté par la féerie de la nuit
Et la magie de la messe de minuit
Mes souvenirs me ramènent devant l’autel
Mes Noëls d’aujourd’hui ont bien changé
Relégués derrière la réalité
D’une famille à tous vents éparpillée
Par les séquelles d’un tortueux sentier
Assis devant mon arbre de Noël
Emporté par la féerie de la nuit
Et la magie de la messe de minuit
Mes souvenirs me ramènent devant l’autel
Distorsion du passé et du présent
Amertume de mes souvenirs d’enfant
Sont toujours présents les chants de Noël
Entonnés par des anges venus du ciel
Assis devant mon arbre de Noël
Mes souvenirs me ramènent devant l’autel
Où est annoncée la bonne nouvelle
D’un Sauveur-Enfant aux joyeux fidèles
Mes noëls d’antan
J’aime les doux souvenirs de mes Noëls d’antan
Aux temps où le majestueux sapin trônait
Sur la crèche de Jésus déversant une pluie
D’étoiles lumineuses et de glaçons argentés
J’aime les doux souvenirs de mes Noëls d’antan
Aux temps où encore enfant mon grand-père venait
Me réveiller après la messe de minuit
Pour me conduire devant les cadeaux emballés
J’aime les doux souvenirs de mes Noëls d’antan
Aux temps où mon père éblouissant remettait
Les présents dans un tintamarre de bruit
De papiers chiffonnés et de voix emballées
J’aime les doux souvenirs de mes Noëls d’antan
Aux temps où ma mère chaleureuse nous invitait
Au réveillon pour déguster en pleine nuit
Farce dinde atocas et patates pilées
J’aime toujours revivre mes doux Noëls d’antan
Tel un enfant oublié qui soudain renaît
De ces images toujours vivantes aujourd’hui
J’aime les doux souvenirs de mes Noëls passés
Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1820 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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2 commentaires

  • Henri Marineau Répondre

    22 décembre 2011

    @Mme Morot-Sir,
    "Au moment de Noël, nous nous sentons redevenir les jeunes enfants que nous étions, nous aimons tant entendre à nouveau ces chants qui nous rappellent ces Noëls entourés de nos parents, et de tous ceux de notre famille, qui ne sont plus là aujourd’hui..."
    Je tiens d'abord à vous remercier d'avoir pris le temps d'envoyer votre message empreint d'une merveilleuse sensibilité!
    Sachez que, comme vous, le souvenir de ceux de notre famille qui ne sont plus là aujourd'hui fait toujours partie des doux souvenirs de mes Noëls d'antan tout en en gardant un souvenir étincelant!
    Enfin, je profite de l'occasion pour vous dire que j'apprécie toujours vos articles sur Vigile qui ont le mérite de nous raccrocher à notre histoire...ce qui, malheureusement, à tendance à être relégué avec les squelettes dans le placard!
    Joyeux Noël à vous, Mme Morot-Sir!

  • Marie-Hélène Morot-Sir Répondre

    21 décembre 2011

    Bonjour Monsieur Marineau, Votre récit est terriblement émouvant, merci de nous avoir fait partager vos Noëls d'antan...
    Au moment de Noël, nous nous sentons redevenir les jeunes enfants que nous étions, nous aimons tant entendre à nouveau ces chants qui nous rappellent ces Noëls entourés de nos parents, et de tous ceux de notre famille, qui ne sont plus là aujourd'hui .. .
    Nous disons avec vous " J’aime les doux souvenirs de mes Noëls passés..."
    Joyeux Noël cher Monsieur Marineau