Madame Marois parle avec les deux côtés de la bouche

Il est plus que temps que cessent les tergiversations et des gestes soient posés qui mènent à des actions concrètes. Ceux qui feront l’indépendance ne s'y prendront pas autrement.

Tribune libre

Dans son article de ce mardi 7 décembre dans le journal le Soleil intitulé [“« Affaire Michaud » Marois propose un compromis à Khadir”->33233], Jean-Marc Salvet écrit :

“ […D’où la position de compromis de la chef Pauline Marois. Elle a demandé au président de l’Assemblée nationale, Yvon Vallières, de faire en sorte que plus personne ne puisse être blâmé sans avoir été entendu par les élus. Pas question cependant pour son parti de reconnaître formellement une « erreur » dans « l’affaire Michaud »….]

Comment est-il possible d’ainsi parler avec les deux côtés de la bouche en même temps ?
Si il n’y a pas eu erreur, pourquoi vouloir faire en sorte que plus personne ne puisse être blâmé sans avoir été entendu pas les élus et en même temps refuser de reconnaître qu’il puisse y a voir eu une erreur de commise dans « l’affaire Michaud » ? Tenir une telle position tient de la schizophrénie. Décidément, madame Marois ne sait plus à quel saint se vouer et prêche par excès de sophismes pour essayer de se sortir du bourbier dans lequel elle s’est enlisée pour ne pas avoir pris l’initiative d’une lutte à finir avec l’histoire et éventuellement, avec le PLQ.
Par sa prise de position, elle laisse entendre que l’Assemblée Nationale pourrait continuer à agir en tribunal du peuple, ce qui, [comme l’a clairement expliqué monsieur Le Hir->33161] dans sa réponse à monsieur Michaud à son envoi à Vigile du 6 décembre n’est ni de son droit ni de son devoir:
“[… En effet, même si l’Assemblée Nationale n’est pas à proprement parler un organisme judiciaire ou quasi-judiciaire, elle est tenue de respecter les règles élémentaires de justice naturelle (ce qu’on appelle en droit anglo-saxon le "due process") à chaque fois qu’elle adopte une motion susceptible d’affecter les droits d’une personne, en raison de son statut de corps public…] […En l’occurrence, vous êtes la personne visée par cette motion, et celle-ci porte atteinte à votre image et à votre réputation. Or le droit à l’image et à la réputation est reconnu par le Code civil, et même si vous ne pouvez pas poursuivre les membres de l’Assemblée Nationale en raison de leur immunité parlementaire, vous êtes certainement bien-fondé à demander réparation sous forme de rétractation, même si vous ne pouvez pas requérir pour ce faire l’intervention des tribunaux. Vous devez procéder par voie de demande formelle à l’Assemblée Nationale signifiée au Président de celle-ci. Pour peu qu’elle soit médiatisée, cette demande sera lue à l’Assemblée Nationale et celle-ci devra se prononcer. S’il fallait qu’elle soit rejetée, l’Assemblée s’enferrerait dans l’erreur et deviendrait la risée du monde entier…]

Il semble bien y avoir une importante division au sein de la députation péquiste et l’attitude unilatérale de certains, comme Sylvain Simard, qui refuse catégoriquement de formuler quelque excuse que ce soit ni même de l’envisager, nous permet de mieux comprendre dans quelle situation se trouve madame Marois. Ne pas vouloir donner l’image ou l’impression que les avis sont partagés et que d’éventuelles chicanes diviseraient les troupes est une erreur. C’est ce que font les libéraux et c’est également ce qui leur permet de commettre les exactions dons nous devenons les victimes coupables en ne réagissant pas et en ne laissant pas libre cours à un sein débat.
Comme l’a très clairement et très lucidement soutenu [l’Engagé :->33179]
“[…L’affaire Michaud est donc une occasion inespérée de faire avancer notre cause. Que les Libéraux veuillent refaire son procès nous donnera justement une tribune. Si vous trouvez que les médias sont trop puissants et trop favorables au Parti libéral et au fédéralisme, ce constat doit lui aussi devenir l’objet d’un combat et non d’une stratégie défensive de repli.
Les changements en lesquels vous, moi et une majorité de francophones croyons commandent de l’audace, c’est à nous d’influencer l’opinion et non d’obéir à la dictature des soudages.
[…Nous ne devons pas craindre que Charest agite sa sempiternelle « chicane » et « le référendum », il faut lui demander en quoi ce Canada en lequel il tient tant est bon pour la survie du français à Montréal et en quoi l’intégration de tant d’immigrants pour le Québec peut être favorable pour la majorité. En consolidant les doléances de la minorité, c’est lui qui divise le Québec…]”

Il est plus que temps que cessent les tergiversations et des gestes soient posés qui mènent à des actions concrètes. Ceux qui feront l’indépendance ne s'y prendront pas autrement.
L’Engagé l’a clairement démontré en disant que : C’EST EN ÉTANT RÉSOLUMENT ACTIFS QUE L’ON CRÉE NOTRE CHANCE ET QUE L’ON GÉNÈRE DES OPPORTUNITÉS. PLUS NOUS MONTERONS AU CRÉNEAU ET PLUS L’ENNEMI VA PANIQUER. PLUS L’ENNEMI VA PANIQUER, PLUS NOUS POURRONS LUI PORTER DES COUPS FATALS.
Claude G. Thompson


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10 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    9 décembre 2010

    On croirait lire un passage d’Astérix : « La bonté de César n’a pas de limites! ». M. l’Engagé a eu l’indicible chance d’être conseillé dans ses commentaires par un si grand homme! (autoproclamé)
    Ivan Parent

  • Archives de Vigile Répondre

    9 décembre 2010

    M. L'engagé
    Vous dites "merci" à M. Thompson. C'est flatteur d'être cité, mais je croyais que vous évitiez très soigneusement d'être entraîné dans le genre de dérapage que dénote le titre de cet article que j'ai gardé dans mon commentaire.
    C'est à cause de l'estime que je vous porte que j'ai pris la peine de vous faire cette remarque.
    Salutations
    Robert Barberis-Gervais

  • Archives de Vigile Répondre

    8 décembre 2010

    Monsieur Thompson
    Les Québécois n'ont plus rien à attendre de ces 2 vieux partis traditionnels (PQ et PLQ) vendus à la mafia économique mondialiste. Ils ont même eu le culot, la traîtrise de nous imposer le multiculturalisme à la "CANADIAN" et les nouveaux cours d'histoire falsifiés pour nous assimiler en douce et nous faire perdre nos points de repères identitaires. Le PQ est un parti d'hypocrites qui n'a rien fait pour l'indépendance du Québec depuis sa fondation sauf nous faire perdre 2 référendums mal préparés. Ils ont toujours été des opportunistes, des minables petits provincialistes; pour moi, ce sont des semeurs de confusion, des souverainistes de pacotille!!!
    Qu'ont-ils à proposer aux Québécois pour nous sortir de la continuation du scandale des commandites par John James Charest et sa gang de profiteurs de nos finances publiques? Pourquoi ne mettent-ils pas le projet de pays sur la table? Leurs hésitations nous coûtent très cher; vous n'avez qu'à penser au problème de l'immigration qui nous minorise de plus en plus, de notre langue qui fout le camp et du pays qui n'est toujours pas là. Le PQ pour moi, je n'y crois plus, depuis l'affaire Michaud qui nous a fait voir leur vrai visage. Les personnes trop dérangeantes, on les tasse dans le PQ! Les dirigeants de ce parti mentent à la population; tout ce qu'ils recherchent c'est un statu quo amélioré avec le Canada- anglais.
    Je me répète: ce sont des fumistes! Marois n'est qu'une marionnette dans ce parti; cette politicienne n'a jamais eu de vision claire pour le Québec et, en plus, c'est une spécialiste de la gaffe politique. On le voit très bien dans l'affaire Michaud. Il est plus que temps que les vrais indépendantistes se lèvent et trouvent une vraie solution de rechange à ce parti devenu moribond avec les années.
    André Gignac, un vrai indépendantiste!

  • Archives de Vigile Répondre

    7 décembre 2010

    Il est vrai que le pays, s'il devait se faire, aurait besoin de tous ses soupirants. Il est vrai aussi qu'à s'invectiver en tonitruant, on reproche à l'autre exactement les travers qu'on pratique soi-même (voir chicanes de ménage). De plus, la "tonitruance" (impétuosité) porte à se contredire, à retourner souvent sa veste, à commettre des solécismes. Il en ressort ce vieux proverbe: la parole est d'argent, le silence est d'or.

  • L'engagé Répondre

    7 décembre 2010

    Merci Monsieur Thompson!

  • Archives de Vigile Répondre

    7 décembre 2010

    M. Thompson, d'abord prière de ne pas entraîner Richard Le Hir et l'Engagé dans vos idiosyncrasies.
    Puisque vous aimez mon style viril, allons-y.
    La distinction que vous faites entre Pauline Marois et le Parti québécois est conforme aux statuts du Parti québécois, mais en pratique quand Pauline Marois affirme dans une lettre à Yves Michaud qu'elle n'a pas été équitable envers et que l'assemblée nationale n'a pas été équitable envers lui le 14 décembre 2000, moi ça me convient. Et politiquement, elle parle au nom du Parti québécois. Ne venez pas jouer au jésuite s'il vous plaît.
    Ensuite l'article du Soleil après discussion avec un ami fort avisé, c'est du jaunisme. Il n'y a pas d'information nouvelle qui permette de mettre le titre: Affaire Michaud, Marois propose un compromis à Khadir. Marois n'a jamais proposé de compromis à Khadir. C'est donc un faux titre. C'est fabriqué de toutes pièces.
    En effet, l'article ne parle d'aucune rencontre entre Khadir et Marois. Il ne fait que citer un extrait de la lettre de Marois au président de l'assemblée nationale qui demande que ce qui s'est passé ne puisse plus se reproduire.
    Lettre accessible à tous les lecteurs de Vigile.
    "Pas question cependant pour son parti de reconnaître formellement une erreur". J'ai déjà dit ce que j'en pense je ne me répéterai pas. Elle n'a pas été équitable point à la ligne.
    Dans une situation délicate et complexe qui demande de la subtilité et des nuances, les tonitruants ne font que compliquer et aggraver les choses. Si en plus tu te bases sur un article tout croche, il y a de grandes chances que ton texte polémique soit tout croche.
    Robert Barberis-Gervais, 7 décembre 2010

  • Archives de Vigile Répondre

    7 décembre 2010

    C'est la "stratégie" du PQ qui a atteint le mur.
    Cette stratégie de vouloir se faire l'incarnation de la démocratie par les moyens les plus hypocrites.
    L'affaire Michaud en est l'accumulation qui a fait déborder le vase.
    Toujours pour des raisons strictement électoralistes. Il n'y a rien de scincère, aucune valeur véritable.
    Le rideau est levé, le roi est nu.
    Innutile de tenter d'utiliser le bons sens et la logique sur des cerveaux bombardés pendant tant d'années d'entourloupettes , M. Thompson.
    La "social-démocratie" du PQ aura produit son chef-d'oeuvre final ; le lynchage publique, 2 fois, d'un symbole vivant de la nation québécoise.
    Et ils tournent encore le couteau dans la plaie !

  • Archives de Vigile Répondre

    7 décembre 2010

    M. Thompson, vous manquez de rigueur! Et voilà le jugement du grand Inquisiteur! Vous avez de la chance, il vous a lu. C’est un grand honneur!! Il est vrai que certaines personnes ont la vérité incarnée enrobée d’une sauce à saveur de prétention. Mais voilà chacun est comme il est; cependant nous avons le choix de la sauce.
    Vous dites : « Si il n’y a pas eu erreur, pourquoi vouloir faire en sorte que plus personne ne puisse être blâmé sans avoir été entendu pas les élus et en même temps refuser de reconnaître qu’il puisse y a voir eu une erreur de commise dans « l’affaire Michaud » ? Tenir une telle position tient de la schizophrénie. Décidément, madame Marois ne sait plus à quel saint se vouer et prêche par excès de sophismes pour essayer de se sortir du bourbier dans lequel elle s’est enlisée pour ne pas avoir pris l’initiative d’une lutte à finir avec l’histoire et éventuellement, avec le PLQ ». C’est d’une logique pourtant assez facilement compréhensible, simple et limpide. C’est certain que la limpidité agace ceux qui aiment nager en eaux troubles et « r’noter » les petits travers de tout le monde, qu’ils existent ou non et qui se délectent à triturer des cancans sur le sexe des morts.
    Vos raisonnements sont très cohérents M. Thompson et Mme. Marois, n’en déplaise à certains admirateurs, a commis un impair grave et laisse, au plus mauvais moment, le Québec avec une difficulté supplémentaire à justifier son désir d’autonomie. Si dans un avenir très proche elle ne sort pas de son chapeau un lapin très crédible, c’en est fait de son leadership qui n’a jamais été très évident. Cette gaffe est la dernière chose dont nous avions besoin et au lieu de défendre l’indéfendable, il serait plus pertinent de tenter de trouver les raisons qui ont motivé un tel recul. Merci M. l’Engagé pour votre texte et M. Thompson aussi engagé dans la quête à l’indépendance.
    Ivan ¨Parent

  • Claude G. Thompson Répondre

    7 décembre 2010

    Monsieur Barberis-Gervais.
    Quand madame Marois écrit : “J’estime, à titre de députée de cette Assemblée nationale que nous n’avons pas été équitables à votre endroit et que vous auriez dû avoir le privilège de vous exprimer sur cette motion avant son adoption.
    Je crois qu’une telle situation ne doit plus se reproduire…",
    elle parle, comme elle le signifie très spécifiquement, à titre de députée de l’assemblée Nationale parmi les autres députés qui ont voté pour la motion libérale. Rien ne laisse entendre qu’elle parle au nom de son parti.
    En analyse logique, c’est la seule conclusion que nous puissions tirer. Ce n’est pas pour rien monsieur Michaud a écrit qu’il s’attendait à ce que les membre de son parti reconnaissent honnorablement leur erreur.
    Encore une fois, pourquoi me faire la morale et vous offusquer tout en m’accusant de manquer de rigueur. Vous croyez vraiment posséder la vérité et être en mesure de juger de l’opinion d’autrui ?
    Si le rôle de "grand inquisiteur des opinions des autres qui ne correspondent pas aux vôtres" vous convient, je continuerai à vous lire, mais j’en ferai ce que je voudrai, comme vous le faites avec moi.
    Il n’y a rien de désolent dans cela et je ne m’en offusquerez même pas.
    Après tout, c’est faire le pays qui compte et ça, nous le ferons de toute façon ensemble.
    Claude G. Thompson

  • Archives de Vigile Répondre

    7 décembre 2010

    M. Thomson,
    Pauline Marois a écrit à Yves Michaud le 3 décembre 2010.
    Elle a écrit qu’en votant la motion Bouchard-Charest, elle n’a pas été équitable. C’est reconnaître qu’elle a erré. Vous remarquerez qu’elle évite de se prononcer sur le fond. C’est son choix et il est valable. En tout cas, c’est mon avis. C’est une question de jugement politique qui se défend.
    Voici le mot à mot de ce qu’elle a écrit le 3 décembre :
    "J’estime, à titre de députée de cette Assemblée nationale que nous n’avons pas été équitables à votre endroit et que vous auriez dû avoir le privilège de vous exprimer sur cette motion avant son adoption.
    Je crois qu’une telle situation ne doit plus se reproduire."
    Et dans sa lettre du 2 décembre au Président de L’A.N., elle rappelle que Yves Michaud "plaide vigoureusement n’avoir jamais tenus de tels propos", les propos qu’on lui reproche sur les communautés culturelles et la communauté juive", propos non précisés dans la motion de blâme.

    Pauline Marois a écrit qu’elle n’a pas été équitable envers Yves Michaud, que l’Assemblée nationale n’a pas été équitable envers Yves Michaud. Que vous faut-il de plus M. Thompson? ? 
En français, ne pas être équitable, c’est être injuste. Pauline Marois reconnaît avoir été injuste envers Yves Michaud. Donc elle a été dans l'erreur.
    Je ne sais pas où le journaliste du Soleil a tiré sa conclusion que "Pas question cependant pour son parti de reconnaître formellement une « erreur » dans « l’affaire Michaud »….]" Moi, je me base sur la lettre officielle que Pauline Marois a envoyée à Yves Michaud où elle affirme qu'elle n'a pas été équitable envers M. Michaud ce qui est une façon de reconnaître qu'elle a été dans l'erreur.
    Donc le journaliste Jean-Marc Salvet se trompe et est dans l'erreur et vous M. Thompson vous vous appuyez sur cette erreur pour écrire que Pauline Marois parle des deux côtés de la bouche.
    M. Thompson, vous continuez à manquer de rigueur. Si vous tenez absolument à avoir le dernier mot, je vous le laisse. Mais je me sens triste pour vous. Je commence à être tanné d'avoir à rectifier ce que vous écrivez; vous me traiterez d'arrogant tant que vous voudrez ça ne me fait pas un pli sur la différence.
    Robert Barberis-Gervais, 7 décembre 2010