Luc Plamondon reproche aux politiciens de ne pas défendre la langue française

Langue française — la « dynamique du déclin »




Luc Plamondon Photo: Robert Mailloux, La Presse

Jocelyne Richer - La langue française est en péril au Québec, tandis que les politiciens restent les bras croisés, selon le parolier Luc Plamondon.
L'auteur de Starmania a livré un vibrant plaidoyer pour la défense du français, jeudi, alors qu'il recevait la Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale, ce qui ne l'a pas empêché d'égratigner au passage les politiciens.
«La langue française dégringole», a-t-il lancé, sous le regard de la ministre responsable de la loi 101, Christine St-Pierre, qui était au nombre des élus présents, lors de cette cérémonie qui visait à souligner le trentième anniversaire de création de l'opéra rock Starmania, écrit par M. Plamondon et mis en musique par le musicien français Michel Berger, décédé depuis.
Durant son discours d'acceptation et par la suite en point de presse, l'auteur du Blues du businessman s'est dit très inquiet de l'avenir de la langue française, particulièrement à Montréal, où la langue de Molière cède le pas à celle de Shakespeare, un peu plus chaque jour, selon lui.
Les élus devraient faire davantage, a-t-il fait valoir, pour promouvoir l'usage du français auprès des immigrants, de même que le recours à un niveau de langue plus élevé chez les jeunes, trop souvent tentés par le «franglais».
«Les politiciens ont peur, un peu, maintenant, de parler des dangers (qui guettent) la langue française. Mais la langue française, ici, elle est en danger tous les jours, de plus en plus, et moi ça m'inquiète beaucoup», a-t-il commenté.
En parlant de l'anglais au Québec, il a parlé d'«invasion» et d'«agression».
A propos de l'honneur qui lui a été rendu, il s'est dit surtout fier de voir son oeuvre «connue dans toute la francophonie».
En recevant sa Médaille d'honneur, des mains du président de l'Assemblée nationale, Yvon Vallières, M. Plamondon s'est montré très ému.
Le fait que son travail soit reconnu chez lui, au Québec, dans la «maison du peuple», constitue à ses yeux la récompense la plus précieuse qui soit. «On ne peut avoir plus», selon lui.
Après quatre décennies de création et des centaines de chansons derrière lui, Luc Plamondon nourrit encore un rêve: voir Starmania porté au grand écran.
Un projet en ce sens est d'ailleurs en cours, a-t-il dit, en espérant que ce projet verra le jour. Il s'agirait d'une coproduction franco-québécoise.
Plusieurs artistes associés à Starmania au fil des ans ont assisté à la cérémonie, dont Martine St-Clair et Claude Dubois.
A son tour, il a tenu à rendre hommage à tous les chanteurs qui ont donné vie à ses mots et à ses personnages créés pour son «opéra-rock», présenté pour la première fois en 1979.
«Starmania n'aurait pas été ce que cela a été, sans vous», a-t-il dit, la voix étranglée par l'émotion.


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