Les pots-de-vin étaient un modèle d’affaires pour SNC-Lavalin en Libye

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Et les entreprises chinoises et américaines ne font pas de pots-de-vin dans le tiers-monde corrompu ?



Un ancien vice-président de SNC-Lavalin s’en serait mis plein les poches en participant à un vaste stratagème de corruption qui était un véritable modèle d’affaires pour la firme en Libye.




Sami Bebawi, l’ex-président de la division Construction de SNC-Lavalin, aurait reçu pas moins de 26 millions $ en pots-de-vin « directement ou dans des comptes qu’il contrôlait », a déclaré hier la procureure de la Couronne Anne-Marie Manoukian, au début de son procès au palais de justice de Montréal.




Il aurait même transféré ces fonds dans des fiducies, à des membres de sa famille et dans un condo en Floride « dans un effort pour les dissimuler ».




« Ce cas en est un de fraude et de corruption internationale. Un cas où un plan a été élaboré et mis en place dans le but [...] d’obtenir de lucratifs contrats de construction en Libye », a souligné la procureure Manoukian.




Bebawi est accusé de huit chefs, dont fraude, possession de biens volés, recyclage des produits de la criminalité et corruption d’un agent public étranger.




Le premier témoin invité hier à la barre a été Riadh Ben Aïssa, ancien cadre de SNC-Lavalin. Il a raconté comment Bebawi l’avait enjoint à utiliser « n’importe quel moyen » afin d’obtenir un dédommagement de 113 M$ de l’État libyen pour un projet qui avait mal tourné pour la multinationale montréalaise.




Bebawi lui aurait promis 50 % du montant de la réclamation « si tu arrives à le chercher ». « J’attendais un miracle », a commenté Ben Aïssa.




Fils de Kadhafi




Il a raconté avoir rencontré par hasard le gendre du président tunisien, Slim Chiboub, dans un avion.




« Écoute, tu es en Libye. Tu ne peux pas réussir si tu n’as pas un appui politique », lui aurait confié Chiboub. Une rencontre à Rome aurait ensuite été organisée avec Saadi Kadhafi, fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi.




Les choses auraient ensuite vite changé et l’État libyen, contre toute attente, aurait accepté de dédommager SNC-Lavalin. Le hic, c’est que Ben Aïssa dit avoir compris qu’il « devait payer des gens ». Bebawi aurait alors amené Ben Aïssa en Suisse pour qu’il mette en place une société-écran, Duvel. Cette société servirait à redistribuer des millions en pots-de-vin à Kadhafi, Chiboub, Bebawi et Ben Aïssa lui-même.