Les méthodes de l’Empire

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«Les États-Unis de mal empire»

Exemples du Guatemala, du Nicaragua et du Salvador


Les USA sont le plus gros consommateur des mots « liberté » et « démocratie ». C’est sans doute pourquoi il ne leur en reste plus pour les exporter avec le mode opératoire ad hoc. Les peuples doivent se contenter de l’importation (imposée) d’ersatz couleur rouge sang.


Le peuple guatémaltèque connaît bien son grand voisin du nord ( dont la population, au contraire, serait bien en peine de localiser le Guatemala sur une carte) : il a subi pendant 40 ans la tutelle « protectrice » d’un pays qui armait, entraînait et finançait une armée nationale dont la principale tâche a été de massacrer la population. La police et les escadrons de la mort faisaient régner l’ordre par la terreur. La moindre revendication de justice sociale, considérée comme une intolérable atteinte aux privilèges, était réprimée dans des bains de sang. Le nombre de victimes civiles, femmes et enfants compris, est estimé à 100 000. En 1982, le président Reagan, visitant le Guatemala, se félicitait de « l’engagement des dirigeants en faveur de la démocratie » tandis qu’Amnesty International comptabilisait des massacres de civils dans 60 villages.


Durant les quinze dernières années, le Salvador a été ravagé par des troubles qui ont fait 75 000 morts (sur 6,5 millions d’habitants) et conduit au déplacement d’un million de personnes. En 1990, l’ONUSAL (mission d’observation de l’ONU au Salvador) qui a recueilli 22 000 plaintes pour exécutions extrajudiciaires, tortures et disparitions notera : « 90% des actes de violence documentés ont été commis par l’armée, les forces gouvernementales de sécurité et les escadrons de la mort. » La clique sanguinaire était sponsorisée par les mêmes parrains qui oppressaient le Guatemala.


Au Nicaragua, les choses étaient différentes avec un président démocratiquement élu, respectueux de la légalité, et dont le gouvernement avait entrepris des réformes. Le puissant voisin regrettait alors l’époque du dictateur nicaraguayen Somoza et la violence sera donc importée par des mercenaires armés par les Etats-Unis : les Contras dont on apprendra plus tard qu’ils étaient financés grâce à un trafic de cocaïne organisé par la CIA.


C’est dans ce contexte de guerres de « basse intensité » où les idées de gauche ont été éradiquées à coups de fusils, que les Etats-Unis se sont avisés de donner à leur arrière-cour une façade démocratique.


Des élections ont eu lieu au Guatemala et au Salvador. Les partis politiques qui bénéficiaient à la fois de l’argent, de l’armée, de la police, du soutien officiel des Etats-Unis et … de candidats encore vivants l’emportèrent. Le Guatemala et le Salvador étaient donc devenus des « démocraties ».


Au Nicaragua, le gouvernement légitime a organisé des élections équitables. La population meurtrie, aspirant à la paix, a entendu les menaces des États-Unis au cas où elle aurait mal voté. La gauche progressiste de Daniel Ortega a été battue. Une démocratie nationale a été remplacée par une démocratie pro États-Unis qui s’est empressée de se plier aux diktats du FMI, de liquider les acquis sociaux, de restaurer les privilèges et de faire promptement remonter la misère, l’injustice et le taux d’analphabétisme.


L’ordre règne dans le poulailler et, de plus, il paraît tout propre. Il est paré pour toute visite des docteurs ès démocraties libérales qui confondent allégrement libres marchés et peuples libres, multiplicité des médias et diversité des opinions, Diafoirus pédants qui professent que l’appropriation publique d’organes de presse ( c’est à dire leur gestion sous contrôle de la nation) est dans tous les cas attentatoire à l’objectivité tandis que leur privatisation serait gage d’impartialité, toujours, partout et à 100 %.


Nous avons choisi ici d’évoquer trois pays d’Amérique latine dont les populations ont été décimées par leur police et leur armée (manoeuvrées par la CIA) ou par des mercenaires aux ordres de Washington.


La place nous manque pour raconter les malheurs de bien d’autres, partout dans le monde !


Si l’on observe la situation en Amérique latine depuis cinquante ans, on est horrifié devant la persistance des massacres des populations par les armées nationales, la police, les officines privées, les groupes paramilitaires, par les enlèvements, les tortures, le pillage systématique des richesses au profit d’une oligarchie dont la fortune trouve refuge dans les banques US, par la misère, l’analphabétisme, la surexploitation des travailleurs, y compris les enfants, le désastreux état sanitaire. Quel pays de la région échappe à ce terrible bilan ? Cuba (depuis sa Révolution de 1959). Cuba, cible permanente de campagnes hostiles, aux États-Unis et en Europe, dans la presse libre et objective de nos grands pays riches et démocratiques. Cuba dont on veut nous faire oublier qu’elle connaissait naguère, sous la férule de Batista, les drames que vivent encore aujourd’hui nombre de ses voisins. »



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