Les inégalités se creusent comme jamais avec, au bout, l’apocalypse…

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Les signes se multiplient

Les politiques successives de taux d’intérêt bas, puis nuls, puis négatifs avec en prime un programme de monétisation de la dette publique, imposées par la BCE depuis 2008, n’ont guère prêté à discussion sur la scène politique. Trop techniques pour certains, débat inutile pour les autres, chaque fois la presse généraliste s’est bornée à les accueillir comme une bonne nouvelle pour les marchés financiers sans y apporter la moindre critique, comme si tout ce qui est bon pour les marchés l’était aussi pour l’ensemble de la population. Or, ce n’est pas vrai et le public doit le savoir.
Tapez déjà sur votre moteur de recherche ces trois mots Quantitative Easing Disaster et vous aurez une idée du problème. Vous ne comprenez pas l’anglais ? Alors retenez bien ceci :
1) Le rachat de la dette publique par la Banque centrale n’annule pas la dette de l’État. Celle-ci est juste transférée du bilan d’un créancier privé au bilan d’un créancier public. Si l’État émetteur fait un jour défaut – même partiellement -, c’est le créancier public qui essuiera une perte. Cerise sur le gâteau : avec des taux quasi nuls, ce transfert de risque n’est compensé par quasiment aucun revenu.
2) Les liquidités injectées dans le circuit financier en contrepartie du rachat de ces dettes sont censées relancer l’investissement et stimuler la consommation. C’est archi-faux. Une fois débarrassés de cette encombrante dette, les investisseurs privés s’empressent d’employer leur nouvelle trésorerie à l’achat d’autres actifs financiers plus spéculatifs mais plus rémunérateurs : l’immobilier et les actions. Les conditions d’accès au crédit pour les particuliers et pour les PME, elles, restent inchangées.
3) La conséquence du point précédent est que l’immobilier dans le centre des grandes capitales, de Sydney à Londres (plus 40 % dans la capitale anglaise depuis 2008), continue de flamber tandis que, dans le même temps, la Bourse américaine a triplé en valeur, les Bourses européennes et japonaise doublé. Qui sont les gagnants ? Les 10 % des ménages les plus riches qui détiennent 70 % du patrimoine financier et immobilier (hors résidence principale) de la planète. Les salaires, eux, n’ont pas bougé d’un iota.
4) L’effondrement des rendements des actifs à revenu fixe (obligations) contraint les caisses de retraite, compagnies d’assurance et autres SICAV et FCP à réorienter leurs placements vers des actifs plus risqués, mettant ainsi en péril la pérennité de notre système de retraite.
En résumé, la politique de la BCE – comme celle de la Fed, de la Banque du Japon et de la Banque d’Angleterre – n’a qu’un seul effet : augmenter la valeur – virtuelle – du patrimoine des ménages les plus fortunés. J’emploie le mot virtuelle à dessein car les profits accumulés sur les actifs financiers ne sont que des plus-values latentes.
Qu’une poignée de gros investisseurs croient malin d’appuyer sur le bouton vendre et tout l’édifice peut s’écrouler en l’espace de deux à trois mois, une crise qui ferait passer celle de 2008 comme une aimable mise en bouche. Une crise qui mettrait en faillite nos banques, nos compagnies d’assurance et nos caisses de retraite, une crise capable de faire disparaître les (maigres) économies de chacun d’entre nous, sauf à prendre quelques élémentaires précautions telles que, par exemple, disposer de plusieurs comptes bancaires, même avec peu d’épargne.


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