Les fonds collectifs des Québécois ont-ils une identité ?

Manque de sensibilité nationale dans la gestion de nos fonds souverains !

Chronique de Gilles Verrier

Le problème avec le nouveau dirigeant de la CDPQ c'est l'étroitesse de sa vision. Il semble incapable de voir le double statut de ceux qui alimentent les fonds d'investissements : Les contribuables québécois. Sa vision tronquée le porte à une conception unilatéraliste en vertu de laquelle seuls les rendements comptent. Dans ses interventions du 13 mars, il nous donne malheureusement à voir son incapacité de tenir compte des effets synergétiques par lesquels les investissements faits au Québec peuvent générer davantage de richesse en aval pour accroître la masse du capital en amont. Or, le credo du nouveau dirigeant parachuté à la Caisse nous éloigne de la science économique pour nous soumettre à une vision dogmatique et, qui plus est, à une vision qui a prouvé son manque d'aptitude à la performance. Les fonds des Québécois sont désormais entre les mains d'un serviteur du dogme néolibéral. Ce n'est pas tout à fait nouveau ...puisque ce monsieur à eu des prédécesseurs formés à la même école.
Est-ce un tort d'être né à Sainte Catherines, Ontario ? La question n'est pas là. Le problème de M. Sabia et de ses semblables - on aurait pu trouver une copie conforme de M. Sabia native du Québec - c'est d'être apatride. Lui et ses semblables ont ceci en commun de ne se reconnaitre aucune appartenance, aucune racine, aucune fidélité à une terre nationale. Ils s'identifient eux-mêmes au capital auquel ils attribuent une nature «apatride» toute artificielle, et ne jurent que par la liberté de mouvement du capital.
Il est temps de sortir de ces absurdités qui nous feraient croire qu'il n'est pas bien que l'argent des Québécois serve au développement du Québec. Attribuer une «préférence québécoise» aux fonds québécois de l'ampleur de ceux de la CDPQ n'est pas une maladie honteuse, c'est la moindre des choses. L'exigence du développement de notre économie nous contraint de faire un usage judicieux des leviers financiers dont nous disposons.
Établir un équilibre approprié entre un protectionnisme raisonné et une ouverture des échanges sur le monde fait partie des prérogatives de l'État. L'État national ne devrait jamais abdiquer ses responsabilités à cet égard. Créateur de la CDPQ, l'État du Québec ne peut continuer de la laisser agir comme un gestionnaire de fonds sans identité. Sus aux apatrides!
Gilles Verrrier

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Entrepreneur à la retraite, intellectuel et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    15 mars 2009

    Oui, Monsieur Verrier a tout à fait raison de pointer du doigt le néolibéralisme, et de mentionner qu'on aurait pu trouver une copie conforme de M. Sabia parmi les Québécois nés ici. Voici un extrait du blogue de Josée Legault, qui en dit long à ce sujet:
    http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/03/13/savoir-depuis-2005.aspx
    "Oui, c'est maintenant clair, ce gouvernement ne croit pas au rôle de la Caisse quant à l'essor économique du Québec. Pis encore, la ministre considère que d'investir au Québec est un «risque»! À la lumière des résultats de la Caisse - à savoir 40$ milliards de pertes pour 83% de ses actifs investis à l'ÉTRANGER -, une telle déclaration jetterait n'importe qui en bas de sa chaise.
    Mais jugez par vous-même du «raisonnement» et surtout, du choix de la ministre:
    «La caisse investit plus de 30 milliards de dollars actuellement au Québec. Mais permettez-moi de vous dire ceci, M. le Président: Quand la caisse investissait 32 %, les avoirs de la caisse étaient de 70 ou 77 milliards de dollars. D'accord? En 2008, les avoirs de la caisse étaient de 155 milliards de dollars. Vous comprendrez qu'avoir doublé justement, je dirais, le patrimoine ou les valeurs de la Caisse de dépôt, s'il avait fallu qu'on consomme 30 % de ça ou 32 %, comme c'était à l'époque, il y aurait peut-être eu des risques, M. le Président. Et je ne pense pas que le gouvernement devrait justement déterminer le niveau d'investissements au Québec par rapport justement à son enveloppe. Je pense, M. le Président, que, si le gouvernement veut investir au Québec également et prendre des risques, que les hommes et les femmes politiques prennent les risques et qu'ils prennent l'argent des contribuables. Nous parlons là de l'argent des épargnants, hein? Et d'ailleurs, il y a plusieurs citations, hein?
    Je vais vous citer Pierre Fortin. Qu'est-ce qu'il dit? «Si le gouvernement veut stimuler l'économie québécoise, qu'il en prenne lui-même le risque», dit le professeur de l'UQAM. «Intervenir dans l'économie est une fonction du gouvernement. La caisse n'a pas ce mandat-là», dit-il. Toujours selon lui, «jouer avec les fonds de la caisse, ce n'est pas juste de la mauvaise économie, c'est immoral. La caisse n'appartient pas au gouvernement, mais aux épargnants. Et les épargnants n'ont pas donné le mandat au gouvernement de piger dans leurs économies
    .»»
    Pierre Fortin? L'économiste membre du groupe ultraconservateur des «Lucides»? Bravo pour la clarté de la filiation idéologique. Mais depuis quand un non élu dicterait la politique d'investissement du gouvernement du Québec?"
    -------------------------------------------------------------------
    Voilà une des sources d'inspiration du crédo de Jérôme-Forget et Charest dévoilée! Un économiste de la mouvance "lucide" dont le chef de file n'est nul autre que Lucien Bouchard, un néolibéral de la trempe des neocons américains, qui nous ont menés dans la catastrophe financière dans laquelle nous sommes actuellement.
    De plus, n'oublions pas que Landry, un autre néolibéral qui pousse le ridicule jusqu'à tenter de se déguiser de temps à autre, de façon très opportuniste, dans des habits social-démocrates, a lui-même accrédité l'idée que le Québec n'était pas assez payant, lorsqu'il a placé dans une fiducie de Toronto une somme de 800 millions de dollars que lui avait versé le gouvernement fédéral en péréquation. À ce moment, il n'avait cure d'encourager l'économie ontarienne!
    Alors, le problème est véritablement là, Monsieur Verrier, vous avez totalement raison. Même ceux que l'on croirait de notre bord sont, selon les intérêts du moment, du côté du pognon, où qu'il soit et où qu'il aille. Tous des apatrides, selon les caprices du dieu argent qu'ils vénèrent, en effet.

  • Archives de Vigile Répondre

    14 mars 2009

    Commentaire très pertinent, Monsieur Poulin. N'oublions pas que l'apatride Charest est lui-même sous l'influence de l'apatride Desmarais.
    Ces gens se réclament de toutes les identités lorsque cela sert leurs intérêts.

  • Archives de Vigile Répondre

    14 mars 2009

    Ce n'est pas avec M. Sabia, parasite international, collé à la réalité ontarienne de Bay Street et des Orangistes de Toronto que la Caisse conservera son identité, si jamais elle en eu une.
    C'est la poursuite du Plan B du fédéral.
    Le loup est maintenant dans la bergerie.
    Gare aux moutons québécois!

  • Raymond Poulin Répondre

    13 mars 2009

    En effet, monsieur Verrier, c'est la moindre des choses, mais comment faire comprendre cela à un Premier ministre qui, sauf en état de crise politicienne, se conduit le plus souvent en apatride?