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Le p.-d.g. Nicolas Girard mis à l’écart sur fond de tensions

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Vendetta politique du PLQ






Le lien de confiance entre le gouvernement libéral et le président-directeur général de l’Agence métropolitaine des transports (AMT), Nicolas Girard, s’est rompu. L’ex-élu péquiste a refusé d’obtempérer à des demandes du ministre des Transports, Robert Poëti, ce qui a envenimé le climat de travail entre les deux hommes.


 

Des questions d’éthique constitueraient le noeud du malentendu entre eux, précisent des sources consultées par Le Devoir.


 

L’ex-chef de la direction de Via Rail Paul Côté remplacera Nicolas Girard à la tête de l’AMT, a annoncé le chroniqueur politique Jean Lapierre mardi matin. L’attachée de presse de M. Poëti, Anne-Catherine Couture, s’est pour sa part gardée de « commenter les rumeurs ».


 

Selon nos informations, M. Poëti demandera mercredi au Conseil des ministres de confier les rênes de l’AMT à M. Côté à partir de jeudi. Le gouvernement du Québec devra inévitablement verser une allocation de transition de près de 100 000 $ à M. Girard. Celui-ci avait répété au cabinet du ministre des Transports vouloir honorer son contrat et ainsi demeurer en poste jusqu’au 9 octobre 2016, ou à tout le moins jusqu’à l’abolition de l’AMT.


 

M. Poëti déposera un projet de loi sur la gouvernance du transport en commun dans la région métropolitaine cet automne, a d’ailleurs réitéré Mme Couture mardi.


 

Surprise dans l’opposition


 

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec s’expliquent mal pourquoi un nouveau p.-d.g. est nommé alors que l’AMT passera vraisemblablement à la trappe, au profit de deux nouvelles organisations : l’Autorité régionale de transport (ART) et le Réseau de transport métropolitain (RTM).


 

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports, Martine Ouellet, s’est dite « très surprise » du retour à la barre de l’AMT de Paul Côté. Ce dernier a assumé les responsabilités de vice-président à l’exploitation de l’AMT avant d’assurer l’intérim entre le départ de Joël Gauthier et l’arrivée de Nicolas Girard.


 

Mme Ouellet s’interroge sur les motifs ayant convaincu M. Côté de ne pas attirer l’attention de la police sur les irrégularités commises par le p.-d.g. Joël Gauthier. « Monsieur Côté était là. Il devait savoir lui aussi. Il ne l’a jamais dénoncé durant l’intérim. C’est un peu surprenant de ramener quelqu’un qui devait tout à fait être au fait des objets de perquisition de l’UPAC et qui n’avait rien dénoncé », affirme-t-elle.


 

Un an après être entré en poste à l’AMT, Nicolas Girard a alerté les forces policières de « quelques irrégularités dans les activités de son prédécesseur » et ex-directeur général du Parti libéral du Québec Joël Gauthier, entraînant une perquisition de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). M. Girard « a fait le ménage » à l’AMT, fait valoir Mme Ouellet. « C’est assez facile de faire du désordre, mais plus difficile de faire de l’ordre. » Il a « renforcé » le code d’éthique des employés de l’AMT, interdisant à qui que ce soit d’accepter des cadeaux de fournisseurs, et ce, peu importe leur valeur. Il a établi une politique de signalement des fraudes et des irrégularités, assortie d’une ligne téléphonique destinée aux employés et fournisseurs de l’AMT témoins de cas potentiels de collusion.


 

Par ailleurs, l’AMT a accru en deux ans le service de transport grâce aux nouveaux départs sur les lignes de trains Saint-Jérôme et Mascouche tout en réduisant de 10 % ses effectifs, ajoute Mme Ouellet.


 

« Politique d’intolérance »


 

La députée de Vachon avance aussi l’idée que le congé de M. Girard, candidat péquiste défait aux élections générales de septembre 2012, s’inscrive dans une nouvelle « politique d’intolérance » à l’égard des indépendantistes. Le premier ministre Philippe Couillard s’est engagé à ne « pas laisser un pouce aux souverainistes » en marge du Congrès-Jeunes du PLQ dimanche, rappelle-t-elle. « Est-il en train de mettre sa menace à exécution ? Ce serait inacceptable. »


 

Elle se demande quelles sont les « raisons non avouées » derrière la mise à l’écart de Nicolas Girard. « Je ne sais pas si elles sont avouables. »


 

De son côté, la députée caquiste Nathalie Roy a dit « esp[érer] surtout » que le gouvernement libéral donnera les commandes de l’AMT à « la personne la plus compétente ».







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