La pagaille

17. Actualité archives 2007


Lorsqu'on s'arrête à l'évolution du dossier irakien au cours des derniers jours, c'est à se demander si la pagaille ne s'est pas emparée de la Maison-Blanche. Entre les propos contradictoires du président Bush, la grogne de généraux américains ainsi que britanniques, la leçon donnée par James Baker, ex-secrétaire d'État, à l'endroit de la haute administration et un mois d'octobre qui s'annonce comme un des plus meurtriers alors qu'il n'est pas encore terminé, la présidence donne l'image du chien qui essaye de se mordre la queue.
Commençons avec l'armée. À mots à peine couverts, le général responsable des forces américaines présentes en Irak a indiqué avoir amorcé ces jours-ci un examen en profondeur de la stratégie arrêtée en la matière. La raison principale de cet examen? L'application du vaste plan conçu plus tôt cette année pour pacifier Bagdad s'est soldée par un échec. Fait à noter, tout au long de cet épisode le concernant au premier chef, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a adopté un profil bas.
La semaine dernière, on s'en souviendra, Baker est intervenu sur la place publique pour critiquer la manière dont la Maison-Blanche gère le dossier. Depuis lors, grâce aux confidences chuchotées par des républicains classiques comme Baker, on sait que le moment choisi par ce dernier pour formuler son appréciation du sujet n'était évidemment pas innocent. L'objectif? Profiter des revers que prédisent les sondages lors des élections de mi-mandat pour se débarrasser des néoconservateurs et de certains courants religieux. En clair, la vieille garde républicaine veut prendre sa revanche en vue de la présidentielle de 2008.
Ensuite, il y a cette initiative prise vendredi dernier, c'est à souligner, par les dirigeants religieux sunnites et chiites rassemblés au sein de l'Organisation de la conférence islamique. Baptisé le Document de la Mecque, le texte qu'ils ont signé, négocié en l'absence de représentants américains, propose une amnistie qu'ils jugent comme le seul moyen propre à pacifier l'Irak ainsi qu'un retrait daté des troupes de la coalition américano-britannique.
Simultanément au geste effectué par l'Organisation de la conférence islamique, le Times de Londres assurait qu'une délégation d'Américains avaient négocié eux aussi un accord d'amnistie avec des sunnites sans en toucher un mot au gouvernement... irakien! Il faut dire qu'entre Washington et le premier ministre Nouri al-Maliki les relations sont de plus en plus élastiques. La cause? Ce dernier tarde effectivement à réaliser le désarmement des milices chiites. Qui plus est, à la demande du jeune leader chiite Moqtada al-Sadr, il a libéré un cadre de sa garde rapprochée connu pour avoir massacré des sunnites.
Entre le mécontentement affiché de hauts-gradés, les torpilles envoyées par les vieux mandarins républicains en direction de la Maison-Blanche, les initiatives concurrentes des uns et des autres, on ne peut que constater qu'une modification à la fois stratégique et politique est en cours. En attendant d'en connaître la teneur, relevons un abandon de taille: plus personne n'évoque l'instauration de la... démocratie!


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