Tout signe de la présence britannique doit disparaître

La colonne Nelson doit être réattribuée

Débarrassons-nous des traces du conquérant anglais

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Tribune libre

La colonne Nelson trônant orgueilleusement à la Place Jacques-Cartier de Montréal doit être réattribuée.
Dans son état actuel, ce monument est un symbole humiliant de la soumission des Canadiens-français à l'autorité et à la domination britannique qui échafaudait des monuments à sa propre gloire sans égards pour les habitants canadiens-français de l'époque, sans consultation préalable, et à ce titre, il doit être réattribué pour honorer de manière plus appropriée ce qu'il y a de plus profondément et authentiquement québécois chez nous.
Par ce geste libérateur, nous aurons la fierté de commencer à se débarrasser enfin de tous les symboles de conquête de l'impérialisme britannique un à un. Autant commencer par celui-ci.
Quels devraient être les prochains?
Le nom de la rue Amherst, honorant le premier gouverneur aux intentions génocidaires de la terre conquise (1760-1763)?
Le monument à la reine Victoria, à Édouard VII ou à tout autre monarque anglais? (monuments qui pourront être rendus à l'Angleterre, tout comme John Lennon a rendu sa médaille de Membre de l'Empire britannique (MBE) pour protester contre la guerre).
Tout ce passé révolu rappelant la malheureuse sujétion de notre peuple depuis la Conquête de 1759 doit être évacué de l'espace public.
Notre dignité retrouvée aura raison de tout rappel de l'humiliation infligée à notre peuple.
Des organisations nationalistes comme la Société Saint-Jean-Baptiste, ou encore les sociétés historiques régionales, auraient pour mandat de dresser la liste de tout ce qui rappelle ignominieusement la présence de la domination britannique et d'en proposer le remplacement par une nouvelle désignation plus adéquate.
En un mot, tout signe ostentatoire de la présence britannique passée doit disparaître à jamais.
Il faut en effacer toutes les douloureuses traces pour affirmer à sa place la présence d'un Québec qui s'est ressaisi en luttant farouchement pour finalement s'affranchir de son joug.
Un autre exemple de réussite montrant comment nous avons su nous ressaisir: saviez-vous qu'à la fin du 19è siècle la population de la ville de Québec était devenue majoritairement anglophone? Voici un exemple de revirement de situation qui est tout à notre honneur et qui fait foi de notre persévérance et de notre volonté de perdurer sur notre territoire natal.
Une consultation publique par internet permettra de déterminer par quel aspect ou thème proprement québécois nous pourrons honorer de manière plus appropriée chaque endroit désigné pour être réattribué.
Voici en vrac quelques idées pour rebaptiser la colonne Nelson:
- en faire un monument aux Québécois de souche, descendants des premiers habitants du régime français
- un monument aux familles-souches. Les patronymes des 500 premières y seront gravés
- un monument aux pionniers et coureurs des bois qui ont sillonné le pays
- un monument partis d'ici. En voici quelques-uns:
Jacques Cartier 1534-1542
Samuel de Champlain 1604-1616
Étienne Brûlé 1615-1621
Jean Nicollet 1634
Jean de Quen 1647
Médard Chouart Des Groseilliers 1654-1660
Pierre-Esprit Radisson 1659-1660
Nicolas Perrot 1665-1689
René-Robert Cavelier de La Salle 1670-1687
Charles Albanel 1672
Jacques Marquette 1673
Louis Jolliet 1673-1694
Louis Hennepin 1678-1680
Daniel Greysolon Dulhut 1678-1679
Louis-Armand de Lom d'Arce, baron de Lahontan 1684-1689
Pierre de Troyes 1686
Pierre Le Moyne d'Iberville 1686-1702
Antoine Laumet dit de Lamothe Cadillac 1694-1701
Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye 1732-1739
- un monument aux mères de familles nombreuses qui ont contribué à peupler la nation (notamment à l'époque de la revanche des berceaux). On pourrait les honorer en gravant le nom de 500 mères de familles nombreuses, comme la mère de Céline Dion
- un monument aux Patriotes de toutes les époques avec leurs noms gravés sur la colonne
- un monument aux grands héros de la Nouvelle-France
- un monument dédié aux grands maires de Montréal
Et peu importe qu'un monument dédié à certains personnages existe déjà ailleurs; ça en fera tout simplement un de plus.
Rappelons qu'un monument inapproprié n'est pas éternel.
Citons par exemple le tristement célèbre monument surnommé le cube Rubic, sculpture conceptuelle genre tuile de salle de bain qui défigurait la Place royale historique à Québec et qui avait déplu dès son inauguration. On ne s'est pas contenté de le déplacer, on l'a purement et simplement démoli en 2015, à la grande joie et au grand soulagement de tous les Québécois.
C'était l'exemple flagrant d'une oeuvre qui ne cadrait pas du tout avec son environnement. Cela a nécessité suffisamment de protestations de la part de la population et une autorité en poste assez courageuse pour poser le geste depuis longtemps attendu.
Quelles autres vestiges de l'Empire britannique devraient être réattribués ou éliminés?

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Réjean Labrie512 articles

  • 969 711

Réjean Labrie, né en 1954, est originaire de Québec. Il a fait carrière dans la fonction publique à l’aide sociale. Il est fier d’être un enraciné de la 10ème génération en sol natal.Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique. L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.





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7 commentaires

  • Réjean Labrie Répondre

    19 septembre 2017

    On apprend que la Ville de Montréal s'apprête à changer le nom de la rue Amherst, comme je l'ai proposé dans mon article et à qui j'avais fait parvenir mon article. Était-ce la goutte qu'il fallait pour faire pencher la balance du côté du bon sens?
    Et comme je l'ai également proposé, la candidate à la mairie, Mme Sylvie Goneau, affirme qu’on n’a rien à perdre à faire un inventaire de la toponymie pour voir quels noms de rue seraient problématiques. Selon elle, les élus se pencheraient sur la question si les citoyens exprimaient cette volonté.
    C'est ce que j'ai modestement exprimé. Faites de même.

  • Archives de Vigile Répondre

    5 août 2017


    Étienne Brûlé 1615-1621

    Étienne Brûlé fut un traître. Assimilé aux Hurons païens qui n'étaient point alliés aux Français à l'époque, il a rejoint le camp des Anglais pour faciliter la prise de Québec lorsque la France de Richelieu abolissait les forteresses huguenotes sur sa côte du Sud-ouest.

  • Archives de Vigile Répondre

    1 août 2017

    Le bronze qui a servi pour couler cette statue vient des canons de Napoléon saisis après sa défaite à Trafalgar. La statue a été érigée pour bien souligner aux Canadiens qui était leur mâitre. Je ne vois aucune raison de retirer cette statue puisque l'Empire est toujours notre maître. S'en prendre aux symboles ne va rien changer, sauf flatter notre amour-propre. Vanité...

  • François A. Lachapelle Répondre

    28 juillet 2017

    Nous voici en présence d'un excellent texte de Réjean Labrie qui aborde un thème concret et actuel de notre histoire.
    Comment traiter à Montréal et au Québec les signes visibles et non silencieux des épisodes glorieux de nos envahisseurs qu'ont été les armées britanniques ?
    En référence au caractère pacifiste des Québécois, je suggère que soient enlevés de la voie publique tous les monuments de type militaire.
    Qu'une liste soit dressée des lieux existants contenant des monuments de type militaire et que ces monuments soient remplacés par d'autres monuments illustrant nos héros et non ceux des conquérants.
    Que faire des monuments des conquérants anglais ? Il existe plusieurs choix dont celui préconisé par Réjean Labrie, je cite: « doit être évacué de l’espace public ».
    Quant aux sorts (pluriel) des monuments existants, il serait intéressant de connaître les recommandations d'une équipe de sages avec des solutions à soumettre par référendum aux populations concernées. Ces référendums devraient être précédés par une période d'éducation. Je sais aussi qu'un référendum peut être manipulé et volé.
    Vivre en démocratie directe n'est pas évident mais est supérieur à l'oligarchie actuelle avec Justin et Philippe.

  • Claude Richard Répondre

    28 juillet 2017

    Ces monuments de Nelson, de Victoria, de John A Macdonald nous représentent aux yeux du monde et de nos visiteurs. Quel triste visage de colonisés montrons-nous! Celui de vaincus contents. Quand prendrons-nous conscience de notre veulerie? Merci à Réjean Labrie de nous rappeler notre devoir de fierté.

  • Jean Lespérance Répondre

    28 juillet 2017

    Il faut insister pour que la statue de Cornwallis réputé pour avoir fondé Halifax en Nouvelle Écosse soit enlevée et détruite. Même si ce n'est pas au Québec, c'est un symbole répugnant. Voiler la statue, n'est pas assez.

  • Marcel Haché Répondre

    28 juillet 2017

    « Quelles autres vestiges de l’Empire britannique devraient être réattribués ou éliminés ? » R. Labrie.
    Je suggère le débris suivant, pour le jour de l’Indépendance - et ce n’est pas du tout un hasard- je suggère que le nom imposé à l’aéroport de Montréal soit changé au nom de René Lévesque. Question de bien faire savoir aux intéressés du coin où se situe désormais le West Island…On jase.