L’oléoduc Énergie Est divise le NPD

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Un enjeu qui divise le Canada

Les Jeunes néo-démocrates du Québec dénoncent ce qu’ils appellent « l’ambivalence » du parti au sujet du projet de pipeline Énergie Est, qui doit transporter du pétrole albertain vers les provinces de l’Atlantique en passant par le Québec.

L’aile jeunesse du Nouveau Parti démocratique (NPD) au Québec reproche au parti d’avoir adopté une position alambiquée sur l’aménagement de cet oléoduc de 4600 kilomètres, voué à faire transiter 1,1 million de barils de pétrole par jour d’un bout à l’autre du pays.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, affirme qu’il n’est pas opposé en principe à l’aménagement d’un pipeline. Il dénonce tout de même le projet de la société TransCanada, parce que le gouvernement Harper a « démantelé » les mécanismes crédibles d’évaluation environnementale et sociale. Pour les jeunes du NPD, c’est trop peu, trop tard.

« On est inquiets de l’ambivalence du parti. […] Le parti affirme qu’il ne peut accepter le projet Énergie Est. Nous, les jeunes du NPD, on va plus loin : on s’oppose à tout projet d’oléoduc », a indiqué au Devoir Étienne Gratton, coprésident des Jeunes néo-démocrates du Québec, qui dit représenter entre 500 et 1000 membres.

L’aile jeunesse du NPD dit avoir adopté sa position au sujet de l’oléoduc en congrès à Sherbrooke, en septembre dernier. Les jeunes néo-démocrates ont résolu de tourner le dos au pétrole, et encore plus au pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta, pour se concentrer sur le développement des énergies vertes.

Étienne Gratton dit avoir tenté de convaincre le parti d’adopter une position plus ferme contre le projet de pipeline de TransCanada. En vain. « On nous disait que la position serait plus amplement développée au cours des prochaines semaines, mais ça prenait du temps. On a décidé de mettre le holà », explique-t-il.

Division entre générations

C’est un défi, pour le chef du NPD, d’adopter une position sur un sujet comme le pipeline de TransCanada. Des membres du parti dans l’Ouest canadien sont favorables à l’oléoduc, d’autres d’ailleurs au pays s’y opposent fermement. Il faut ajouter à cela une division entre générations, souligne Étienne Gratton.

« Nous sommes le Nouveau Parti démocratique du Canada. Un parti démocratique. Il y a des débats à l’interne. On ne peut pas être d’accord sur tout, mais on trouve des compromis », explique le représentant des jeunes.

Dans l’entourage de Thomas Mulcair, on fait valoir que le chef n’a pas d’objection de principe à l’aménagement d’un pipeline. Le pétrole fait partie de la vie des Canadiens, et il est difficile de s’opposer systématiquement à tout projet de transport d’or noir.

Avant de donner le feu vert à un tel projet, il faut s’assurer d’évaluer correctement les risques pour l’environnement et pour la santé des Canadiens, ce que ne fait pas le gouvernement Harper : les dés sont pipés en faveur de l’industrie pétrolière, affirment des sources au sein du NPD.

La mobilisation de la société civile québécoise est venue à bout d’une portion importante du projet de TransCanada. L’entreprise a renoncé à construire un port pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, en pleine zone de reproduction des bélugas. TransCanada maintient cependant son projet d’aménager un pipeline qui traverserait le Québec pour aller livrer le pétrole de l’Ouest vers un port situé sur la côte est.


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