L'attitude méprisante de TransCanada envers les Québécois

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Tribune libre

Si des étrangers venaient sur votre terrain et risquaient de contaminer votre environnement immédiat, vous réagiriez comment? Tout comme moi, vous auriez le réflexe de leur demander de passer ailleurs. Et si ces personnes insistaient pour passer, sans tenir compte de vos demandes, que feriez-vous? Vous contacteriez la police. Et si la police vous disait qu’elle ne peut rien faire pour vous, que feriez-vous? Vous contacteriez les plus hautes instances pour finalement vous apercevoir qu’elles sont également d’accord avec cette intrusion chez vous. Pire, quelle serait votre réaction si elles avaient l’audace de vous demander de collaborer, prétextant que ces gens vous envoient de l’argent et que, donc, vous leur êtes redevables? Quel serait la procédure à suivre pour les empêcher?

Personnellement, il n’y a pas un montant d’argent au monde qui me convaincrait d’accepter une telle intrusion sur ma propriété, en échange d’une possible contamination. C’est ce qui arrive avec TransCanada. Ils veulent se servir du fleuve pour passer leur pétrole pendant que la Colombie-Britannique a refusé la même offre avec des pipelines. La mer serait beaucoup plus accessible pour l’Alberta par la Colombie-Britannique, si la province embarquait dans le projet d’oléoduc de Northern Gateway. Il doit bien y avoir une raison à un tel refus? TransCanada ne le sait que trop bien. Le B.C doit avoir une colonne vertébrale à la différence de nous. Ici au Québec, les Québécois ont élu un gouvernement libéral majoritaire, qui les a méprisés pendant 9 années sous l’égide d’un premier ministre, Jean Charest, qui était plus préoccupé à forcer ses ministres à amasser 100 000$ par année pour le parti, qu’à se préoccuper du bien-être de ses citoyens. Ce gouvernement a tabassé nos enfants, pour des raisons électorales, parce qu’ils refusaient une hausse des frais de scolarité de 75%. Que dire de cette police plus répressive que celle de l’époque des lois des mesures de guerre de Trudeau en 1970? Les droits et libertés, si chers à ces politiciens véreux, ont été bafoués sans qu’aucunes sanctions n’aient été légiférées envers cette manière de faire de la police pour éviter que ça se reproduise.

Les électeurs doivent aimer ce genre d’attitude à leur égard car ils ont voté pour avoir encore ce même gouvernement libéral, apparemment corrompu, qui ne les écoute pas, ne les protège pas et qui fait de « l’aplat-ventrisme » face à l’Alberta et face au gouvernement conservateur, prétextant cette intrusion de TransCanada au nom de la péréquation : la guignolée du Canada anglais à notre égard, on dirait bien. Il doit bien y avoir d’autres raisons à savoir pourquoi Couillard se jette à genoux avec autant de désinvolture devant ces bitumineux personnages? Le Québec n’est pas obligé de devenir la poubelle du pétrole des autres,j parce qu’il reçoit un montant d’argent que la constitution canadienne reconnaît en la péréquation. Plusieurs diront que ce n’est pas d’hier que des bateaux remplis de mazout se promènent sur le fleuve. Mais c’est quand même la première fois qu’une compagnie pétrolière use d’autant d’hypocrisie pour nous passer son « Stock » sous le nez, de force en hypothéquant notre environnement et en décidant de construire un port près d’une pouponnière de bélugas.

Ces mammifères du St-Laurent auront, malgré eux, éveillé partiellement une conscience collective endormie chez les Québécois. Mégantic, d’un autre côté, a malheureusement démontré un laxisme évident de Transport Canada, avec ses lois réductrices que les conservateurs ont imposées délibérément dans des lois mammouth qui touchaient directement l’entretien des infrastructures ferroviaires. De là, notre grande méfiance à faire confiance. Quand une compagnie ferroviaire ne garde qu’un seul homme pour surveiller 72 wagons de pétrole, ce n’est pas la faute de l’employé mais de l’employeur si une catastrophe se produit. Les politiciens imposent leurs lois et les employés subissent les coupures et doivent faire avec. Moi j’ai été chauffeur d’autobus pour Voyageur et si la compagnie voulait me refiler un autobus avec un problème majeur, pour s’éviter une remorqueuse, je me devais de refuser malgré les menaces de suspension, car advenant un accident j’aurais été le seul responsable. Un chauffeur doit faire une ronde de sécurité de chaque véhicule pour y détecter des anomalies et les faire réparer. S’il s’y trouve un problème majeur, il ne doit pas prendre le véhicule en risquant de tuer 45 passagers.

TransCanada s’amuse à jouer les fiers à bras avec notre environnement. La grogne prend de l’ampleur dans la population. Lors des campagnes électorales, les politiciens nous promettent mer et monde mais une fois au pouvoir ils catapultent leurs promesses dans les bas fonds de leurs océans de mensonges. Quels moyens restent-t-ils aux citoyens pour faire connaître leurs insatisfactions? Prendre la rue? Quand la parole des électeurs n’atteint plus les institutions démocratiques, il y a de quoi s’inquiéter. Mais il y a toujours des gens qui restent éveiller. Ce sont eux qui réussissent à convaincre les gens à manifester. Au début, la foule est petite. Les gens sont peureux. Autant, les politiciens restent insensibles à leurs cris, autant les cris de la foule prennent de l’ampleur. Au milieu de ce silence disgracieux de la supposée démocratie, les politiciens briment les droits et libertés de chacun en justifiant leurs desseins au nom de l’ordre sociale qu’ils ont eux-mêmes menacé par leur silence. Ils font des lois spéciales pour contrer le droit des citoyens à manifester. Les casseurs sont souvent des policiers déguisés en civile, qui se mêlent à la foule pour attiser la violence qu’ils provoquent et qui se retourne contre les manifestants pacifiques. Les policiers procèdent à des arrestations sommaires, aux limites de la légalité. Les gens ont peur et ne retournent pas protester. Le gouvernement attire l’attention sur la violence des manifestants et la population se met du côté des politiciens qui ont tout manigancés.

Les citoyens peuvent user de leurs droits de vote à tous les quatre ans pour espérer changer les choses mais rien ne change vraiment. Car les mêmes politiciens contaminés changent de partis au gré des chances de se faire élire. (Vous vous souvenez de Gaétan Barrette à la CAQ?) Les gens n’ont plus aucun pouvoir de se faire entendre par ceux qu’ils ont élus. Belle démocratie! C’est toujours l’éternel combat de nos droits, surtout quand le reste du Canada s’autorise un droit de passage de son pétrole bitumineux, sans prendre le temps d’en discuter avec nous au préalable. S’il advenait un déversement de pétrole dans le fleuve par leur faute, c’est nous qui en subirions économiquement et écologiquement les conséquences. Nous avons vu comment les Conservateurs de Stephen Harper ont réagi face à la catastrophe de Mégantic dont ils sont, en partie, responsables de par leur laxisme à entretenir adéquatement le système ferroviaire au Québec.

Quand la catastrophe survient, les politiciens se présentent sur les lieux par obligation et se sentent obliger de nous raconter, sans gêne, qu’ils n’ont rien à se reprocher, avant même de réconforter les familles éprouvées. Vous vous souvenez de Denis Lebel à Mégantic? (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/07/08/002-reaction-megantic-solidarite-umq-elus.shtml) Ça en dit long sur le degré de responsabilité dont le gouvernement ne voulait pas se prévaloir. Les conservateurs sont devenus les acteurs d’une mascarade honteuse et indigne, basée sur le fait que le Québec n’a pas voté majoritairement pour eux aux dernières élections. C’est la revanche. Le gouvernement d’Ottawa est plus enclin à envoyer l’armée pour faire la guerre au Moyen-Orient que de s’en servir pour aider des citoyens dévastés à Mégantic, qui n’ont pas voté pour eux. Même chose pendant les inondations à St-Jean sur Richelieu. Harper avait refusé d’envoyer son armée, prétextant que ça coûtait trop cher. (http://www.canadafrancais.com/Article-de-blogue/b/20021/Harper-refuse-larmee-pour-le-nettoyage) Par contre, le gouvernement fédéral n’hésite jamais à envoyer nos soldats au Moyen-Orient, au moindre conflit, là où le pétrole coule à flot. Vous comprenez la différence?

Autant par mer que par terre, les Albertains nous envoient leur pétrole de tous les côtés, rêvant d’un port, quelque part le long du fleuve (Cacouna ne semble plus une option, vue la précarité de la survie de l’espèce des bélugas), pour que leurs bateaux, pleins jusqu’au bouchon, puissent aller alimenter le reste du monde et ce, sans payer le moindre droit de passage au Québec. Entre vous et moi, outre le fait qu’ils ne nous fassent pas participer économiquement aux profits, reste que nous n’accepterions pas plus de les laisser passer, parce que trop dangereux pour notre environnement. Le Québec a une conscience de plus en plus verte et comprend très bien l’urgence de protéger une pouponnière de bélugas en danger d’extinction ou à respecter les normes établies de GES au profit d’une pétrolière qui se cherche un moyen, sur notre dos, d’aller chercher ses milliards sans que ça lui coûte trop cher. Les Albertains se disent chez eux car le Québec fait encore parti du Canada, disent-ils. Mais les gens d’ici ne sont pas dupes. Ils ont encore, quelque part, la dignité de protéger leur environnement et d’anticiper la fallacieuse manœuvre des deux gouvernements qui se dessine au profit de cette province de l’Ouest qui se croit tout permis.

Des trains remplis de pétrole ont défilé entre St-Lambert et Sorel presqu’à tous les jours, l’été dernier, sur une voie ferrée mal entretenue et dangereuse sans que les citoyens des villages concernés en soient informés. Ultime affront après une tragédie comme le lac Mégantic. Quand ils ont appris la manœuvre, des citoyens ont alerté les médias et ont même filmé l’état du chemin de fer pour démontrer l’arrogance de ce gouvernement irresponsable qui laisse les trains déambuler avec leur pétrole sur des voies ferrées encore dangereuses. Mais les conservateurs deviennent fous quand il y a du pétrole en jeu. TransCanada vient de s’apercevoir qu’il y a de la grogne dans la population. Ils ont commencé à nous passer des messages publicitaires à la télé, vantant la compagnie et son supposé besoin de préserver l’environnement. À voir les publicités, on pourrait presque croire que TransCanada travaille en collaboration avec Équiterre ou Greenpeace. Ils y vantent leur pétrole en nous faisant croire qu’une simple goutte d’eau est importante pour eux et qu’ils ont tellement à cœur la vie des gens et de leur environnement que finalement le pétrole va se transformer en eau. Comme s’il n’y avait aucun risque. Allez dire ça aux gens de Kalamazoo dans l’État du Michigan qui ont subi un déversement à cause d’un pipeline d’Enbridge transpercé (http://ici.radio-canada.ca/regions/alberta/2012/07/10/002-enbridge-deversement-petrole.shtml) Quand les médias ont appris que TransCanada avait loué les services d’une firm, pour redorer leur image et pour trouver des moyens subtils et malhonnêtes de nous convaincre de les laisser passer sans rechigner, il y a eu comme une chute de pression de leur part et même le premier ministre Couillard, qui en vantait les mérites aveuglément, a émis des réserves en imposant sept conditions à TransCanada. Il est temps de fermer la porte à ces compagnies qui n’en ont rien à foutre de ce que nous pensons. Ils s’approprient ce qui ne leur appartient pas et veulent passer sur notre terrain sans nous en demander la permission. Ils devraient nous démontrer un peu plus de respect et respecter nos valeurs écologiques. S’ils se permettent d’utiliser le fleuve, prétextant qu’il fait parti du Canada, alors les profits de leur pétrole devraient être divisés à parts égales avec le reste du pays, dont le Québec, car l’Alberta, à ce que je sache, fait encore partie du Canada. Si c’est bon pour pitou, c’est bon pour minou.

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Alain Patenaude81 articles

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Je suis un Gatinois indépendantiste dans l'âme au-delà des idéologies poiitiques et non pas un vieux péquiste des années 70 du genre qui détestait les anglais parce que c'était cool. Je ne déteste personne. Je parle anglais et français et je trouve primordial que le Québec protège sa langue française, au détriment de ce que peuvent penser mes amis anglophones. Je suis originaire de St-Jean sur Richelieu et je vis dans l'Outaouais depuis 2010. J'ai vécu à Granby,, St-Hubert et Contrecoeur. Je crois que nous devrons, un jour, quitter ce beau grand Canada qui ne nous aime pas, pour voler de nos propres ailes. Nous sommes comme des adolescents qui doivent quitter le foyer familial pour fonctionner par eux-mêmes et ce, même si les parents ne veulent pas nous laisser partir. Je suis désillusionné de la politique d'ici et du fédéral. Écrire me permet d'évacuer mes frustrations et de structurer ma pensée. 





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1 commentaire

  • Serge Jean Répondre

    5 décembre 2014

    Des bandits, voilà tout; qu'est-ce qu'on peut faire contre le banditisme institutionnalisé? La seule solution est de prendre le contrôle total de notre territoire et mettre tous ces bandits DEHORS!!
    Serge Jean