Justin veut notre bien

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Plaidoyer pour le Bloc


Winston Churchill est célèbre pour des tas d’excellentes raisons.


Il l’est notamment pour ses mots d’esprit.


Tous connaissent celui sur la démocratie, qui serait le pire des systèmes à l’exception de tous les autres.


On connait moins celui selon lequel le meilleur argument contre la démocratie, c’est une conversation de deux minutes avec un électeur ordinaire dans la rue.


Mêlés !


Je me demande ce qu’il aurait pensé de ces Québécois qui s’apprêtent à voter pour Justin Trudeau tout en appuyant la loi sur la laïcité.


Près d’un sympathisant libéral sur deux (46 %) se dit pour cette loi.


Pourtant, si Justin Trudeau est réélu, une armada d’avocats fédéraux, payés par nos taxes, viendra épauler les contestations juridiques des citoyens.


Voter pour Justin si vous êtes pour la loi sur la laïcité, c’est comme se dire écologiste et s’acheter un Ford F-150.


Mêlés pas à peu près...


En 1977, dans un discours devant le Congrès américain, Pierre Elliott Trudeau avait dit que la souveraineté du Québec serait « a crime against the history of mankind ». Rien de moins.


Pour Trudeau fils, la loi sur la laïcité est dans le même registre.


Ce n’est pas inapproprié ou discutable. C’est une monstruosité absolue, une ignominie impensable, un geste de quasi haute trahison.


Les chefs conservateur et néo-démocrate sont aussi contre, mais laisseront le Québec décider.


Ils ont cette « générosité » envers les indigènes inoffensifs que nous sommes.


Dans notre bantoustan, ils tolèreront, en se pinçant le nez et en détournant le regard, nos mœurs un peu folkloriques et arriérées.


Justin, non. Il veut nous élever vers les cieux, nous apporter les lumières de la civilisation, nous sortir des ténèbres.


Historiquement, quand le colonisateur maltraitait ses sujets, il se justifiait en disant que c’était pour leur bien : un jour, ils comprendraient que ces taloches, c’était pour leur rendre service.


Ça n’a pas tellement changé.


Certes, ce n’est pas la première fois que des électeurs sont sérieusement mélangés.


Jadis, des partisans du OUI pensaient qu’après l’indépendance on élirait encore des députés qui siégeraient à Ottawa.


Des partisans du NON pensaient que les services fédéraux disparaîtraient après l’indépendance, sans voir que ces services étaient financés par des impôts qu’ils continueraient à verser, mais à un seul endroit.


Le dossier était cependant plus compliqué.


Bloc


Notre loi sur la laïcité est un strict minimum.


Mais supposons que vous trouvez, comme moi, que, dans les circonstances, c’était la première victoire collective du Québec français depuis très longtemps, et que ça fait du bien.



Yves-François Blanchet

Photo Agence QMI, Steve Madden

Yves-François Blanchet




C’est simple, il n’y a qu’un seul parti « fédéral » qui est favorable à cette loi.


C’est le Bloc. Ben oui...


Ah, mais il ne gouvernera pas, direz-vous.


Soyons sérieux. En 2015, Justin Trudeau a fait élire une flopée de fleurs rouges en pot au Québec.


Regardez-moi dans les yeux et dites-moi que le Québec est influent et respecté autour de la table du Conseil des ministres à Ottawa.


Mélanie Joly, ça vous dit quelque chose ?